Opep

La réunion du Comité de suivi à Alger se tiendra dans un contexte géopolitique mondial particulier : L’éclairage d’un ancien P-DG de Sonatrach

La 10ème réunion du Comité ministériel mixte de suivi Opep-non Opep (JMMC), prévue dimanche prochain à Alger, va se tenir « dans un contexte géopolitique complètement différent » de celui des réunions précédentes et de la réunion d’Alger de septembre 2016, a indiqué l’expert dans les questions énergétiques, Abdelmadjid Attar. Selon lui, l’objectif de tous les membres est, certes, de garantir un prix de baril « acceptable » et « supportable », ce qui est le cas aujourd’hui avec un prix entre 70 et 80 dollars. Cependant, poursuit-il, « les discussions ne seront pas dominées par le mécanisme de surveillance qui ne posera pas de problème », mais la question réside plutôt dans « la compréhension de chacun des acteurs de la définition du niveau de production: Faut-il parler du niveau de production global, ou du niveau de chaque producteur (quota), de ce que chaque producteur peut mettre sur le marché ou ce qu’on lui permet de produire? ». Pour cet ancien ministre de l’Énergie, le contexte géopolitique dans lequel se déroulera cette rencontre, qui est lié non seulement aux sanctions américaines contre l’Iran et la Russie ainsi qu’aux guerres commerciales lancées par le Président américain contre notamment la Chine, « va peser de tout son poids, non seulement sur cette réunion, mais aussi sur celle de l’Opep prévue en novembre prochain. » Plus explicite, il dira que, d’une part, le respect satisfaisant de l’accord de réduction de la production et l’actuel prix de pétrole de 70 à 75 dollars « devraient, en principe, permettre au JMMC de faire des recommandations pour la prochaine réunion de l’Opep afin de maintenir le niveau de production/réduction ou de l’adapter en fonction de la demande sur le marché 2019 comme le souhaitent certains pays. »
D’autre part, relève Attar, « il y a les conséquences liées aux sanctions américaines contre l’Iran dont le niveau de production a déjà commencé à se réduire et dont on ne sait, pour le moment, jusqu’à quel niveau va-t-il se réduire du fait que cela dépendrait en grande partie de la position du principal client chinois, lui-même en conflit commercial avec les États-Unis. » L’Iran, souligne-t-il, « ne souhaite surtout pas que sa part de production ou sa réduction, du fait des sanctions, soit récupérée par l’Arabie saoudite qui fera tout pour la récupérer ». En outre, avance-t-il, la Russie fera, pour sa part, tout pour partager la part de l’Iran avec l’Arabie saoudite car « ce sont les seuls pays en mesure de faire face à un déficit de production important en ce moment, qui entraînerait une forte augmentation du prix que l’Arabie saoudite ne souhaite pas ». « C’est vraiment une équation qui va être très difficile à résoudre, et je pense qu’elle le restera tant qu’on n’aura pas une appréciation fiable des conséquences des sanctions américaines sur la production iranienne », relève cet expert.
R. S.