P 24 - OUVERTURE - aSSIA gUEMRA

La professeur et formatrice des formateurs en danse orientale contemporaine « Assia Guemra», au «Courrier d’Algérie» : « De Paris à Alger, pour créer une section algérienne de la danse, reconnue à l’international »

Dans cet entretien, la professeur et formatrice des formateurs en danse orientale contemporaine, qui est aussi chorégraphe, comédienne – metteur en scène, «Assia Guemra», d’origine algérienne qui vit actuellement à Paris, revient sur les raisons de son retour au pays, qui s’annonce spécial : elle célébrera le 28 du mois en cours ses 40 ans de carrière, et montera, à cette occasion, sur la scène de l’opéra d’Alger, pour présenter sa création chorégraphique de danse orientale contemporaine «NOUN». Durant ce rendez-vous culturel et touristique organisé sous le patronage du ministre de la Culture, «Assia Guemra», sera accompagnée de sa compagnie de danse, la «CIE tellurgie», composée de huit danseuses, dont une acrobate, de sept musiciens, d’un calligraphe. Notre interviewée nous annonce aussi qu’elle sera accompagnée, par le président du conseil international de la danse, Alkis Raftis, qui devra rencontrer les officiels algériens pour discuter de la possibilité de créer une section algérienne de la danse, reconnue à l’internationale. Cet entretien a été réalisé en marge de la projection du film documentaire Franco-Algérien « Hizam ».

Pouvez-vous d’abord éclairer nos lecteurs sur l’objectif assigné à la projection du film «Hizam», puisque vous êtes l’actrice principale de cet œuvre ?
Hizam est un film de 86 minutes, ayant été réalisé par le réalisateur algérien «Hamid Benamara» et produit par «NUNFILM» en 2016. Je tiens à noter également que le grand réalisateur syrien «Mohamed Malas», apparaît dans ce film comme étant le deuxième acteur principal et dont le tournage a duré 16 ans. Ce sont des bouts éparpillés de ma vie qui se rencontrent.

Justement, durant la projection du film « Hizam » la caméra a accueilli chaque pas, chaque souffle et les moindres mouvements gracieux exprimant la féminité de «Assia Guemra » qui n’est pas seulement danseuse de talent. Racontez- nous votre parcours?
Je suis née à la Casbah d’Alger. Ma mère m’emmenait au cinéma et ça m’a donné l’amour du spectacle. Je me suis intéressée aussi très jeune aux arts martiaux. À l’âge de 7 ans, j’ai commencé la pratique du judo et du karaté. Tel que vous venez de voir, dans le film «Hizam», la ceinture noire a été omniprésente dans les images tournées durant seize ans. Et c’est justement ma pratique des arts martiaux qui m’a beaucoup aidé à suivre le sens des cinq éléments de la nature : bois, feu, terre, métal, et eau, avant de les faire restituer singulièrement dans mes créations. J’avais rejoint, en 1972, l’école des Beaux-Arts d’Alger. J’étais la plus jeune. Je venais de boucler mes 16 ans.

Pourquoi Assia Guemra est-elle partie vivre en France ?
Au milieu des années 70, je suis partie à Paris, pour passer des vacances. C’est lors de ce voyage que j’ai décidé de m’installer dans «la Ville Lumière». Je suis devenue maman. J’ai poursuivi ma formation dans les arts martiaux à l’INSEP de Paris (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance).
J’obtiens un Brevet d’État en arts martiaux, dans le karaté, le judo, le sabre. J’ai été deux fois médaille d’or (1983 et 1984) et une fois médaille d’argent (1985) aux Championnats de France dans la discipline du taekwondo. Après une formation poussée à «l’École du cirque Annie Fratellini», à «l’École supérieure du spectacle» avec des professeurs tels que «Chris Pagès», «Diana Ringel», «Hysao» et «Charlotte Miller», j’ai suivi une formation théâtrale avec J.-M. Casalta et Bernard Ortega, qui m’a permis de faire des tournées internationales et de me produire entre autre au Festival d’Avignon.

Est-ce votre premier retour au pays?
En premier j’en profite de l’occasion pour vous informer que je fais des aller- retours tout le temps. J’ai une famille ici, des petits enfants. Mon cœur est toujours ici, en Algérie. Au fait, même si la France m’a gardé, je pense que c’est le destin qui m’a mis ailleurs pour avoir cette expérience.

Et si « Assia Guemra » a vécu ici, avec ce profil de « danseuse »?
Sincèrement je ne crois pas que j’aurais toutes les possibilités que j’ai eues dans la danse orientale contemporaine «NOUN». Je vis de mon art. Je suis aussi professeur de danse, chorégraphe, metteur en scène, comédienne. Je suis aussi art-thérapeute depuis plus de 20 ans, avec sept danses, (technique de libération du corps avec de la danse). Je pense qu’il n’est jamais trop tard pour essayer de faire quelque chose ici, et c’est le moment de redonner à l’Algérie tout ça.

Qu’est-ce qu’a prévu Assia Guemra, pour l’Algérie ?
Je vous informe d’abord que le 28 du mois en cours, marquera la célébration de mes 40 ans de carrière, une occasion de monter sur la scène de l’Opéra d’Alger, afin de présenter ma pièce chorégraphique de danse orientale contemporaine, qui s’appelle NOUN, la danse des éléments ou le voyage des Oiseaux ».
C’est un spectacle, où je me suis inspirée du poème philosophique « le langage des Oiseaux» de «Farid Eddine El-Attar», dont j’ai pris les passages pour travailler sur la gestuelle des sessions de «Noun».
Je serai accompagnée de ma compagnie de danse, la CIE tellurgie, dont je suis directrice. Huit danseuses, dont une acrobate, sept musiciens, un calligraphe et un ingénieur lumière, vont m’accompagner durant le spectacle de la présentation de cette pièce de danse.

Vous serez accompagnée du président du Conseil international de la danse, à l’occasion de la présentation de votre pièce chorégraphique de danse orientale contemporaine. Quel est l’objectif de sa présence ici en Algérie ?
Le Conseil International de la Danse (CID), est le partenaire officiel de l’UNESCO, dont le siège est à Paris, en France. Le CID délivre une certification internationale d’étude en danse, qui est valable dans 170 pays. Le président du CID «Alkis Raftis», est venu pour rencontrer les officiels algériens pour discuter autour de la possibilité de créer une section algérienne de la danse, reconnue à l’internationale.
Mohamed Amrouni