Intersynbdicale

LA GRÈVE DES DEUX JOURS MAINTENUE : Pas de retour en arrière pour l’intersyndicale de l’Éducation

Après l’échec des négociations avec les responsables de la tutelle autour de leur plateforme de revendications, les syndicats autonomes du secteur de l’Éducation ont annoncé le maintien de leur grève de deux jours qui sera entamé à partir de demain.
Lors d’une conférence de presse, organisée hier au siège de l’Unpef à Alger, l’intersyndicale a laissé entendre qu’il n’y a désormais pas de possibilité d’un retour en arrière quant à la tenue du débrayage ; puisque le ministère continue d’afficher un manque de volonté de résoudre les problèmes posés à son niveau. Sadek Dziri, président de l’Unpef, a rappelé, à ce propos, qu’après dépôt des préavis de grève par chacune des formations syndicales, le ministère leur a tout de suite envoyé des invitations pour des rencontres bilatérales. Ces rencontres, a poursuivi Dziri, étaient formelles et n’ont apporté rien de nouveau. De son côté le président du SNAPEST, Meziane Meriane, a estimé que le dialogue social en Algérie n’aboutit pas et tourne en rond, et c’est le cas dans le secteur de l’Éducation, soulignant que c’est cette situation qui a fait que le recours à la grève soit inévitable. Selon lui, il est nécessaire d’éclairer l’opinion publique et de lui montrer que c’est le ministère qui est dans une politique de fuite en avant et qu’il manque de volonté de solutionner les problèmes. Et d’insister : «ce n’est pas la faute du partenaire social car lui, il tente de trouver des solutions à travers des propositions et a fait preuve d’une grande volonté de dépasser le blocage». Concernant les dossiers lourds, à savoir : l’annulation du nouveau projet de loi sur la retraite et l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs, Meriane a indiqué que les syndicats avaient proposé d’incorporer des représentants du ministère des Finances et de la Fonction publique aux rencontres de manière à ce qu’il y ait un débat sérieux, mais ceci n’a jamais été pris en compte, regrette-t-il. Tout en rappelant que la grève est une conséquence de la non-prise en charge des revendications, Meriane a dénoncé les tentatives de la tutelle de bloquer la réussite de ce mouvement à travers des instructions données aux directions de l’éducation. Il a également dénoncé une mesure de notation, qualifiée de «bassesse», des écoles qui ont un fort taux de grève de celles où le suivi sera faible. Restant, toutefois, confiant, le représentant du SNAPEST a souligné que les 6 syndicats grévistes sont représentatifs et cela impliquera un bon suivi de la grève. Même son de cloche chez le porte-parole du Conseil des lycées d’Algérie qui dénonce de son côté des décisions non-pédagogiques prises par le ministère dont celles de la programmation de séminaires durant les jours de grève. Pour sa part le président du CNAPESTE, Ouelha Salim, a menacé d’aller vers le durcissement des actions de contestations jusqu’à satisfaction totale des revendications. Il n’est également pas exclu le recours au Conseil constitutionnel et le Bureau international du travail, a-t-on indiqué.
«S’il faut faire de la politique, on le fera». Abordés sur la conjoncture actuelle du pays marquée par les préparatifs des prochaines élections présidentielles, et notamment sur les mouvements de manifestations des citoyens qui refusent un cinquième mandat, les syndicats autonomes du secteur de l’Éducation ont affirmé qu’ils ne peuvent pas être en marge de ce qui se passe en Algérie. Le secrétaire général du SATEF, Boualem Amoura, qui s’est exprimé au nom de son syndicat, a fait part de sa position de refus de «la continuité». De son côté le représentant du SNAPEST, Meziane Meriane, a fait savoir que si la situation du pays l’exige, il sera alors nécessaire de se positionner. Il a expliqué, dans le même contexte, que les syndicats font de la politique mais pas «la politique partisane», soulignant que si toutefois il faut aller vers cette seconde option, il en sera de tel. Concernant la manifestation du vendredi 22 février, le représentant de l’UNPEF a exprimé sa satisfaction de voir que ce mouvement s’est déroulé de manière pacifique et sans qu’il y ait de récupération. Selon lui, les citoyens algériens ont donné une belle leçon de civisme.
Ania Nait Chalal