avocatp2

ILS ONT MARCHÉ HIER À ALGER : Les avocats réclament des «changements politiques profonds»

Une centaine d’avocats, issus de différents barreaux du pays, se sont rassemblés, hier, lors de la Journée nationale de l’avocat, devant la Grande-Poste, à Alger, pour protester contre «le prolongement du quatrième mandat du Président», et «le non-respect de la Constitution».

Vêtus de leurs robes noires, les avocats réclament des « changements politiques profonds », comme ils ont également appelé à l’instauration d’un État de droit où les citoyens seront égaux devant la Justice. Munis de banderoles et pancartes, sur lesquelles sont écrits des slogans appelant au départ du système politique, ils  ont tout de même scandé des slogans en faveur du changement, affichant, dans la foulée, leur soutien indéfectible au mouvement populaire que connaît l’Algérie depuis un mois. Des slogans, par ailleurs, qui attestent du mécontentement des avocats en «colère» réclamant le départ du système politique en place.
Encadrés par un important dispositif policier, les avocats issus de divers tribunaux, ont montré, encore une fois, à l’opinion publique, qu’ils sont partie-prenante de ce qui se passe dans le pays. « On ne peut pas faire comme le pouvoir et dire qu’on n’avait rien entendu, alors que le peuple s’est exprimé sur des questions politiques et sur le devenir de l’Algérie», a estimé un avocat rencontré sur les lieux. Un autre, et ancien juge, nous a dit que « les robes noires dénoncent des violations d’ordre juridique et constitutionnel », tout en soulignant que « la Défense est sortie aujourd’hui pour demander et dénoncer toutes les violations de la loi et de la Constitution», a-t-il affirmé.
Après ce sit-in, qui a duré une heure à la Grande-Poste, à Alger, la manifestation s’est déplacée du côté de la place Maurice Audin, et ensuite vers la Place de l’Émir Abdelkader, où les avocats ont observé un rassemblement, avant de revenir vers le tribunal Abane Ramdane. Il est utile de signaler que les forces de l’ordre ont tenté d’empêcher les avocats de sortir de leurs carrés au niveau de la Grande-Poste, mais les manifestants ont forcé la barrière policière de sécurité pour improviser une marche.
Selon un avocat du barreau de Béjaïa, «notre action intervient dans le but de dénoncer le non-respect de la Constitution et ses lois. Nous sommes une République démocratique et il faut que les lois soient respectées», avant de poursuivre que «nous voulons établir un État de droit avec l’instauration d’une justice indépendante, tout simplement. On ne pourra jamais parler de la Liberté et de la démocratie si la Justice n’est pas indépendante», a-t-il dit.
Med Wali