Makri

IL DEVOILERA BIENTÔT UNE « CONSTITUTION POUR L’ALGERIE » QU’IL SOUMETTRA AU DEBAT PUBLIC : Pour qui se prend Makri ?

Le Mouvement de la société pour la paix est sur le point de rendre public un projet supposé être une « Constitution pour l’Algérie ». C’est la dernière trouvaille du président du MSP, Abderrezak Makri, qui, dans une publication faite sur son compte facebook, annonce la couleur. C’en est une pour qui voudrait bien croire en les « bonnes » intentions du chef du parti islamiste, auquel on reconnait la capacité de trouver le bon appât et le bon timing pour amadouer l’opinion publique. Voire même jouer sur la fibre du Hirak, auquel il a pourtant tourné le dos pour faire la cour à l’ancien pouvoir qu’il comptait utiliser comme tremplin à une probable ascension. Hélas, Makri a toujours été rappelé par ses réelles intentions pour quelqu’un qui ne cache pas son hostilité au projet de Constitution élaboré sous la présidence de Tebboune. Preuve en est, le chef du MSP ne rate pas l’occasion pour vilipender le Comité d’expert en charge de la rédaction du texte de la Loi fondamentale, dont il n’arrive toujours pas à digérer le fait que les composantes de l’identité nationales soient décrétées comme une ligne rouge. Mais, comme il est toujours bon de rêver d’une « République islamique », rejetée de fond en comble par les Algériens qui gardent toujours les séquelles de la décennie noire, Makri, qui enfile en la circonstance la toge de « Président », veut réinvestir le modèle islamiste comme alternative à l’actuel avant-projet de Constitution en débat. «Les Constitutions en Algérie sont élaborées pour le pouvoir et non pas pour le citoyen». Voilà un argument avancé par celui qui a été reçu, à s’y méprendre, février dernier, au palais d’El-Mouradia, pour discuter avec le chef de l’État de ce projet et bien d’autres questions engageant l’avenir de l’Algérie.
Si maintenant son parti, à l’instar de toutes les composantes de la société civile et politique, a droit de débattre, d’émettre des propositions favorables ou opposées sur le texte, à s’interroger sur le statut dont se prévaut le président du MSP pour prétendre à un projet « consensuel » à tous les Algériens. Et comme pour prêcher les « vertus », mais surtout le « bien-fondé » de la démarche entreprise dans l’élaboration de son texte, Makri précise que « nos opinions sur le projet (du président Tebboune, ndlr) ne tiennent pas compte des personnes, des équilibres actuels ni même de notre mouvement mais de l’Algérie. » Mieux encore, la recette constitutionnelle du parti de la mouvance islamiste est cousue de telle sorte à ce qu’elle sied à « toute l’Algérie et non pas le pouvoir ou les partis. Une Constitution pour l’Algérie de la légitimité et de la souveraineté. Une Constitution pour la collectivité nationale et non pas aux Lobbies, une Constitution pour l’Algérie d’aujourd’hui et celle de demain, une Algérie fidèle à la proclamation du 1er Novembre, au rêve des Chouhada et une Constitution pour une Algérie croyante».
Bref, par cette intrusion inappropriée dans le débat sur la mouture de l’avant-projet de la Constitution, Makri tente, en vain, de se distinguer, quitte à se prendre pour un « indu-Président ! »
Farid Guellil