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IL A TENTÉ DE FAIRE PORTER À L’ALGÉRIE LA RESPONSABILITÉ DE LA CRISPATION DES RELATIONS AVEC SON PAYS : Quand M6 se trompe d’argumentaire

À l’occasion de la Fête du Trône, le roi du Maroc, Mohammed VI, s’est fendu d’un discours soporifique, par lequel il a tenté d’appeler, encore une fois, les autorités algériennes à prendre la décision de rouvrir les frontières terrestres avec son pays.

Le roi du Maroc, qui a passé à la trappe les raisons qui ont créé la situation de crispation des relations de son pays avec l’Algérie, affirme que ni lui ni Bouteflika et l’actuel président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ne sont responsables de la situation actuelle de froid entre les deux pays à laquelle les responsables des deux pays doivent trouver une solution.
C’est un véritable discours réquisitoire par lequel il tente de charger l’Algérie et de laver le Makhzen et le gouvernement islamiste d’El-Othmani qui a multiplié les gestes belliqueux à l’égard de l’Algérie se permettant même d’attenter à sa souveraineté nationale par espionner ses responsables et ses institutions au profit de l’État hébreu. En 1994, après un attentat terroriste contre l’hôtel Asni à Marrakech, le gouvernement marocain et sans attendre les conclusions d’une commission d’enquête qu’il avait pourtant mise en place, avait rendu l’Algérie responsable de cet événement sanglant. Il avait procédé à la fermeture des frontières terrestres.
L’Algérie n’a usé que du principe de la réciprocité en décrétant, elle aussi la fermeture des postes frontaliers, terrestres avec le Maroc. Aujourd’hui, la situation a  évolué et la réouverture de ces  frontières est conditionnée par le règlement du lourd dossier du contentieux entre les deux pays.
Il faut reconnaître que malgré les tentatives  de l’Algérie, depuis son indépendance, de régler le contentieux entre les deux pays, notamment le tracé des frontières, le Maroc s’y est toujours dérobé. Aussi bien lors du sommet des chefs d’État de l’UMA le 10 juin 1988 à Zeralda, ou lors du sommet de Marrakech le 17 février 1989, le Maroc a toujours usé de subterfuges pour ne pas ouvrir le dossier du contentieux. Pire encore, il avait conditionné le règlement de certains dossiers, en suspens, à la reconnaissance de sa souveraineté sur les territoires de la RASD qu’il avait occupés en 1975 au terme d’une marche verte, organisée par le Makhzen et encadrée par les Forces armées royales.
Les conditions qui ont prévalu à la fermeture des frontières sont toujours présentes et aujourd’hui l’attitude inamicale du Maroc est venue crisper encore plus les relations entre les deux pays. Le rapprochement de ce pays avec Israël, les déclarations irresponsables de son représentant permanent à l’ONU, l’affaire du logiciel espion, Pegasus, l’occupation du Sahara occidental et le refus de mettre en branle un processus d’autodétermination du peuple sahraoui et le trafic de drogue sont autant de dossiers qui peuvent justifier largement le refus des autorités algériennes de rouvrir les frontières terrestres.
En 1994, le Maroc avait joué avec le feu en ayant une attitude provocatrice à l’égard de l’Algérie et il s’est brûlé les doigts. Les peuples des deux pays sont, certes, frères et ont une histoire commune. Mais le palais royal et son Makhzen ont tout fait pour éviter le rapprochement des deux peuples. La drogue, aujourd’hui soumise à des manipulations génétiques, continue d’inonder l’Algérie. Ce ne sont plus aujourd’hui de petites quantités que s’échangent de petits dealers, mais des cargaisons par tonnes que tentent d’introduire dans notre pays le Makhzen et ses relais. Le gouvernement islamiste marocain, qui n’a pas réussi à pousser les producteurs de cannabis de la région de Ketama à accepter des cultures de substitution, s’apprête à proposer au parlement un projet de loi légalisant cette culture. C’est là un autre motif qui pousse l’Algérie à garder fermées ses frontières terrestres.
Il faut reconnaître que quelque part, on subodore dans le discours de M6, l’influence non seulement du Makhzen mais aussi de ses nouveaux mentors, les services israéliens, car évoquer une situation qui va à l’encontre des traités internationaux et qui préoccupe la communauté internationale est un élément nouveau dans l’argumentaire de M6, qui doit faire l’effort de se mettre autour d’une table avec les responsables de son voisin de l’Est pour discuter de l’ensemble du lourd contentieux entre les deux pays.
C’est à cette condition seulement que la réouverture des frontières terrestres pourrait être envisagée.
Et en attendant le prochain discours du monarque alaouite et ses prochaines gesticulations pour tenter de faire porter le chapeau à l’Algérie dans la situation de crispation des relations entre les deux pays, le Makhzen doit comprendre que  le fait de faire parader des représentants de tours opérators israéliens est en lui-même un geste belliqueux qui mérite une riposte de l’Algérie.
Slimane B.