Mokhtar Hasbellaoui

Hasbellaoui n’a pas répondu à l’offre de dialogue des résidents : La reprise des gardes «incertaine»

Prévue initialement pour aujourd’hui, la reprise de l’activité de garde par les médecins résidents est incertaine, et ce, en raison du mutisme de la tutelle qui n’a pas invité le Collectif autonome des médecins résidents (Camra) à la table des négociations.
Alors que les médecins résidents ont fait le choix, la semaine dernière à l’issue des assemblées générales tenues à travers le territoire national, de reprendre des gardes conditionnée par des «négociations fructueuses avec la tutelle », il semblerait que la décision du département de la Santé de rester « muet » à cette proposition change la donne et pousse les résidents à renoncer à cette reprise tant attendue par les patients. En effet, contactés par nos soins hier, les membres du bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) affirment que « jusqu’à ce jour (hier, Nadlr), dernier délai donné par les résidents à la tutelle pour la reprise des gardes, aucun signe du ministère ne nous a été donné ». Selon le Docteur Sofiane Bensba « les médecins résidents continuaient à croire que la tutelle allait prendre contact avec les grévistes ». D’ailleurs, «  de fortes rumeurs circulaient dans le secteur de la santé que la tutelle allait prendre contact avec les représentants du Camra hier ».
Tout en exprimant sa « déception » quant à la décision de la tutelle de « fermer les portes du dialogue », le Dr Bensbaa a fait savoir que «  la décision de reprendre les gardes ou non sera prise ultérieurement ». « Le bureau national du Collectif prendra la décision et la décision sera communiquée au plus tard demain (aujourd’hui) », a-t-il précisé.
Pour rappel, le 29 mai dernier, les médecins résidents ont répondu favorablement à l’appel du ministre pour la reprise des gardes en contrepartie de négociations fructueuses entre les deux parties en conflit.
Mais le ministère de la Santé n’a fait aucun commentaire sur cette décision. Pis, mercredi dernier, en marge des débats sur la nouvelle loi sanitaire au Sénat, le ministre de la Santé a tout simplement déclaré qu’il n’avait pas entendu parler de la décision prise par les médecins résidents de reprendre les gardes.
Néanmoins, à travers la toile, de nombreux futurs praticiens spécialistes ont appelé à «réinvestir la rue », comme moyen de pression sur la tutelle. Certains d’entre eux ont, sur les réseaux sociaux, affirmé que la tutelle veut «entretenir le doute afin de deviser les grévistes».
D’autres grévistes se contentent de partager leurs avis qui se résument à refuser la reprise de l’activité de garde sans la tenue de réunion.
Quoi qu’il en soit, il semblerait que le département du Professeur Mokhtar Hasbellaoui table sur l’essoufflement du mouvement entamé en novembre 2017.
En effet, ils seraient plus de 2 600 résidents, sur un total de 15 000 à rejoindre leurs postes de travail. Autrement, qu’est ce qui explique que la tutelle ait refusé ce geste des grévistes. La dernière invitation aux négociations adressée aux résidents remonte au mois d’avril dernier, soit peu de temps avant le début du boycott des gardes. Une invitation qui a été refusée par les contestataires.
Plus d’un mois et demi après, aucun signe d’un dénouement ne se prolifère à l’horizon, si ce n’est les signes d’un essoufflement du mouvement.
Lamia Boufassa