APC Gué de Constantine

Gué de Constantine : Une commune qui livre ses maux

Située à environ 10 kilomètres au Sud d’Alger-centre, la commune de Gué de Constantine ou Djasr Kassentina qui relève de la Daïra de Bir Mourad Raïs, compte 133 247 habitants. Créée lors du découpage administratif de 1984, Gué de Constantine est baptisée ainsi à la faveur du seul pont qui reliait l’Ouest (Oran) à l’Est (Constantine) durant l’ère coloniale. Constituée de grands ensembles construits en 1980, la commune est composée de 3 quartiers principaux à savoir : Aïn Naâdja, Semmar et Aïn Malha. Elle est limitée au Nord par la commune de Kouba, à l’Est par Bourouba, au Sud par Baraki et Birtouta et à l’Ouest par S’haoula. Elle est, en outre, bordée au Sud pas l’Oued et El Harrach et à l’Ouest par Oued el kerma. La commune dispose de deux gares ferroviaires, celle de Gué de Constantine au quartier Semmar et celle de Aïn Naâdja, elles sont toutes les deux desservies par le train de banlieue Alger-El Affroun. La commune est également desservie par la ligne de métro. Elle compte, par ailleurs, 33 écoles primaires, 10 collèges d’enseignement moyen, 4 lycées, et deux centres de formation professionnelle.
Il faut dire, toutefois, que chaque commune en Algérie a son histoire, son patrimoine, et ses richesses, mais surtout des problèmes.
Hélas, la commune de Gué de Constantine n’est pas en reste : elle est réputée, par d’innombrables défaillances auxquels font face ses citoyens : Pollution, routes impraticables, manque d’espaces verts, cités dortoirs, logements précaires, informel et urbanisme anarchique ….
La liste des lacunes est longue. Nous avons tenté de faire un tour d’horizon, sur les dossiers sensibles de cette commune qui est aussi connue pour ses richesses qui n’ont guère profité aux citoyens. Les habitants se livrent dans ce reportage à des témoignages poignants. Ils racontent leur quotidien avec amertume où les signes d’une vie meilleure s’éclipsent de plus en plus. Certains demandent un logement digne, crient aux dangers qui les entourent, tandis que d’autres revendiquent des espaces verts et des airs de jeux pour leurs enfants. à travers ce reportage, nous allons vous faire découvrir l’autre visage de la capitale.

Reportage réalisé par Lamia Boufassa et Ania Nait Chalal

Bidonville4Une commune qui peine à absorber la crise du logement

Bien que la commune de Gué de Constantine ait bénéficié de la part du lion, du programme de relogement, lancé par la wilaya d’Alger en 2014, la localité est toujours réputée comme étant un point noir du logement précaire en Algérie. En effet, l’exécutif de la commune a encore du pain sur la planche, dans ce domaine. Ainsi, selon une source de la commune, ils seraient quatre bidonvilles qui sont toujours en attente d’éradication dans les différents quartiers de la localité. Il s’agit d’El Wiam (La Concorde), Clémentine, Haouch Magnouche et le bidonville implanté au parc de la commune, plus connu sous le nom de B2. Pour ce qui est du site de La Concorde, qui a été implanté durant les années 90, elles seraient plus de 500 familles qui vivent dans des conditions insoutenables. Idem pour les sites B2 et Clémentine qui abriterait, chacun d’entre-eux, une cinquantaine de familles. Pour ce qui est de Haouch Magnouche, plus connu sous le nom de Germain, en référence au propriétaire de la concession agricole sur laquelle le bidonville a été construit, celui-ci a été hérité de l’ère coloniale, il abrite quelques 300 familles. Les autorités municipales de la commune évoquent 2 000 familles en attente d’être relogées, mais ce chiffre doit impérativement être assaini au regard des dépassements qui accompagnent chaque opération de relogement.

Un bidonville au parc de l’APC
La première halte de notre tournée a été au bidonville implanté dans l’enceinte de la mairie de Gué de Constantine, appelé B2. Construit depuis 1998 sur un lot de terrain du siège de la mairie, 20 ans après, les habitants continuent à espérer «un relogement» qui tarde à venir. Sur place, nos pieds s’enfoncent dans les égouts.
Les enfants jouent et dorment à côté des eaux usées, sans que les autorités locales ne bougent le doigt. Des baraques de fortune abritent des familles entières qui vivent dans des conditions «insoutenables», donnent l’impression qu’elles vont s’effondrer à tout moment. Des murs mal isolés, qui ne protègent ni du froid ni de la chaleur, des toitures de zinc, placés vainement de manière à empêcher la pluie de pénétrer, des portes et des clôtures précaires et anarchiques. à cela, il faut ajouter le problème des canalisations, qui constituent un vrai danger de santé publique.

Le recensement des familles pointé du doigt
Annoncé et reporté à plusieurs reprises, le relogement des résidents de ce quartier, qui est à l’intérieur du siège de la mairie, alimente toujours le flou. Et pour cause, les habitants affirment que la liste des familles a été «fraudée» par les autorités locales. «Nous sommes 49 familles ici, mais les autorités municipales ont recensé plus de 171 foyers », a lancé un cinquantenaire qui a vu ses petits-fils naître sans qu’il puisse bénéficier d’un logement. « Je vous invite à venir avec moi retirer un certificat de résidence, vous verrez que sur la liste il y a plus de 170 familles inscrites », explique-t-il en accusant les services de la mairie de fraude. « La wilaya refuse de nous reloger à cause de ça », a-t-il dit. Et pourtant les habitants possèdent des compteurs d’électricité, ce qui est sensé faciliter leur recensement. Hélas, nous avons espéré que le P/APC de la commune, Moussa Arous apporte sa version des faits au sujet de ces « intrus » dans la liste, mais ce dernier, comme vous le saurez à la fin de notre reportage, nous a donné un rendez-vous sans se présenter, se contentant de nous laisser attendre deux bonnes heures sans la moindre explication. Ainsi, la question de la liste contestée reste en suspens.

Les baraques collées au bureau des documents biométriques
Abandonnés et livrés à leur sort, les habitants nous invitent, un par à un à accéder à leur « maison ». En ouvrant les fenêtres, ils peuvent discuter avec les employés de la mairie ! « On entend tout ce qui se passe au bureau où on délivre les documents biométrique », témoigne un jeune homme qui continue à espérer un prochain relogement. «Chaque fois qu’il y a une opération de relogement, ils nous affirment que nous seront programmés, mais le temps a démontré que toutes les promesses formulées n’étaient que des mensonges », a lancé une femme qui affirme que « ses enfants ont chopé toutes les maladies à cause de ces habitations de fortunes». «Comment vous voulez ne pas tomber malade, alors qu’on vit dans des trous à rats», précise-telle, avant de poursuivre : «Il y a toutes sortes d’insectes et de bestioles, qui piquent nos enfants. Ils lancent chaque année des alertes pour les moustiques tigres, mais ici il y a bien plus que ça ». Dans ce bidonville, la colère a laissé place au sentiment d’abandon et de désespoir. Ce sont surtout les femmes qui nous interpellent, nous invitant à découvrir la nudité et la misère de leurs baraquements. L’une d’entre elles, se bat contre le cancer. Les larmes aux yeux, elle nous raconte : «J’ai fait une ablation du sein, j’aurais aimé me battre contre la maladie en ayant un foyer digne, mais comme si que le destin me punit». «Je ne sais pas ce que j’ai fait de mal pour mériter tout ça», s’est-elle lamentée sur son sort, avant de se rattraper en disant que «c’est le destin ». Malgré sa maladie, elle continu à croire à un «futur meilleur». Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la femme, qui continu de combattre pour ses enfants, veut continuer ses soins en pouvant dormir dans un lit propre, loin de l’odeur des égouts. Mais son «rêve semble très grand». Une autre, nous dira avec amertume: «Pour les élections, ils viennent nous voir, mais pour le reste du temps on nous oublie». Les élections ont été la brèche qui a fait renaître l’espoir pour certains, mais, plus d’un an après, l’attente est toujours là et les conditions de vie toujours inhumaines. Plus loin, c’est encore une mère de famille qui se confie, avec son fils accroché à sa robe : «C’est difficile toute l’année, en hiver c’est les inondations, tandis qu’en été la chaleur et les odeurs sont insupportables». «Durant cet été, on a droit à tous les tourments. En cette période de l’année, ce sont les rats, les moustiques et les odeurs des égouts».

serpentsLa cité 483 LSP EL Malha à Aïn Naâdja infestée par les serpents

«Aïn Naâdja ville des serpents», c’est avec ces termes qu’on a été accueillis à la cité LSP 483 logements LSP à El Malha (Aïn Naâdja). A peine arrivés sur les lieux, les habitants ont commencé de se plaindre des saletés, ayant envahi leur quartier, mais aussi du danger des serpents qui guettent leur vie. Affirmant que ces serpents qui ont réussi, en cette période de grande chaleur, à infester les lieux, et ce, en l’absence des campagnes de nettoyage, les habitants affirment qu’ils ont réussi à en capturer trois en une semaine. Tout en tenant à nous montrer les images de ces reptiles, les habitants du quartier affirment que les conditions sont réunies pour que ces vipères et d’autres rongeurs se propagent. Pour ne pas se faire mordre par ces reptiles, les habitants affirment qu’ils arrosent le sol avec du mazout. «Le mazout est la seule astuce qu’on a trouvé pour faire fuir ces serpents », a précisé un habitant. Pour ce qui est du rôle des collectivités locales, le jeune homme a précisé que «toutes les démarches entreprises en direction des services municipaux se sont, malheureusement, soldées par un échec ». Nous avons lancé plusieurs appels à la commune, mais à ce jour, nous n’avons même pas pu les solliciter pour ramasser toutes ces ordures », a regretté un quinquagénaire, en affirmant que seules les initiatives lancées par les jeunes du quartier pour nettoyer les rues ont pu réduire, de temps à autre, les déchets. Pour lui, seul le travail du citoyen a abouti à faire bouger les choses, bien qu’il qualifie ces initiatives de «timides».

Siège mairie4Le siège de l’APC dans le besoin d’une réhabilitation

Le siège de l’APC est, quant à lui, dans un état de dégradation. La première impression qu’on peut avoir en visitant cet endroit est la stupéfaction. Les espaces verts présents, devant l’entrée principale, ont laissé place aux ordures. Dans un coin du parking extérieur, difficile de ne pas remarquer les tonnes d’ordures entassées. Et pourtant le vieux dicton disait : « avant de balayer devant chez les autres, balayez devant votre porte. » Comment voulez-vous que l’APC nettoie les rues et les quartiers sans qu’elle ne soit capable d’enlever cette montagne de déchets devant sa porte ? À l’intérieur du siège, le paysage n’est pas meilleur. On se croirait dans un bâtiment balayé par un missile de guerre. Les mauvaises herbes ont poussé partout, sans que personne ne daigne les enlever. Les constructions totalement abandonnées, aucun coup de peinture n’a été donné depuis des lustres, à l’intérieur on ne peut échapper à une piqure de moustique. Quant à la jolie fontaine mauresque, elle a été envahie par la poussière, car elle est aussi victime d’abandon. D’ailleurs, aucune goute d’eau n’y coule, on n’y voit que la couche de poussière sur ses bords. Les bureaux où on délivre les documents biométriques sont des chalets, mis en place provisoirement dans le parking, ils donnent même sur un bidonville. En accédant sur les lieux, on peut lire le désarroi sur les yeux des citoyens qui attendent des heures pour pouvoir retirer un document de l’état civil. Dans tous les cas de figure, certes le siège est loin d’être vétuste mais les signes de l’abandon sont visibles. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, cette infrastructure, construite à coup de millions de dinars, est abandonnée sans que les pouvoirs publics et les élus ne se soucient de son devenir.

Les habitants de Semmar crient leur désarroi

Bien que des milliards y circulent quotidiennement grâce au commerce de gros de l’alimentation générale, Semmar est un quartier abandonné et même le plus  défiguré de la commune de Gué de Constantine voire de la capitale. Depuis des années, des élus locaux se sont succédés mais aucun brin de changement ni aucune amélioration n’a eu lieu, si ce n’est une dégradation quotidienne. En effet, mise à part l’éradication du plus grand bidonville d’Alger (Erramli), qui a profité à plus de  4000 familles  en octobre 2015, la situation est restée la même, le temps s’est figé, et la population se retrouve complètement livrée à elle-même. « Aucun responsable ne met les pieds ici. Tous ceux à qui nous avons accordé nos voix n’ont rien fait pour nous », nous a confié un sexagénaire qui a vu ses enfants et ses petits-enfants grandir dans ce quartier. « Nos routes sont détruites, les déchets nous croulent dessus, et la vie n’est vraiment pas agréable ici», a-t-il poursuivi. «Ce qui a aggravé davantage la situation», regrette notre interlocuteur, «ce sont les commerçants de gros qui se font des gains inestimables mais au détriment de la tranquillité et du bien-être des habitants. Car, effectivement, de Samedi à jeudi, la circulation y est très difficile. Les camions qui viennent  de différentes wilayas pour décharger ou charger la marchandise,  provoquent d’énormes embouteillages. Mais pas que ! Outre les automobilistes, les transporteurs privés qui assurent la liaison entre plusieurs communes passent aussi par Semmar. à force d’une circulation permanente de poids lourds et de grands bus, les routes sont détériorées, depuis très longtemps. En hiver c’est la boue et en été, c’est là poussière et la pollution. Nous en avons vraiment marres », dénonce ce sexagénaire.  « La seule journée où nous avons droit à un peu de calme est bien le vendredi, sinon les jours de la semaine, nous sommes très dérangés » a relevé une autre habitante du quartier. Cette dame qui dépasse la quarantaine, nous raconte les difficultés qu’elle a eu  à élever ces enfants dans un tel environnement. « Nous avons vécu dans la peur au ventre  que les enfants aillent vers la débauche. C’est le cas de toutes les familles ici car l’environnement y est propice », a-t-elle soutenu. En effet, l’absence d’espaces verts, d’airs de jeux, ou tout autre centre de loisir, fait que les enfants de ce quartier soient totalement marginalisés. Dans l’espoir de voir les choses changer un jour, les habitants de ce quartier (oublié), attendent que la commune fasse son travail. Un travail qui consiste à arranger l’éclairage, veiller à la propreté du quartier, l’embellir, reconstruire les routes, déplacer le marché de gros, organiser le transport privé, reconstruire la station de bus, ou tout simplement faire revivre Semmar et la tirer de cette agonie qui l’a prend, … à la gorge.

Le marché couvert  de Semmar non exploité

Bien que le quartier dispose d’un marché communal, mais celui-ci se trouve dans état désastreux. Abandonné, ce marché couvert qui aurait pu profiter à une vingtaine de commerçants de fruits et légumes est aujourd’hui transformé en une décharge où les ordures sont entassées depuis des lustres. A l’entrée, de cette infrastructure, on est tout de suite frappé par l’odeur nauséabonde des déchets jetés ça et là. La non-exploitation de ce marché couvert a fait aussi que l’informel  explose à proximité.  En effet, les commerçants, qui n’ont trouvé que cette alternative pour exercer leur métier, accusent les autorités locales de ne pas leur permettre de vendre à l’intérieur. Nombreux sont ceux qui ont dénoncé cet état de fait. Leurs demandes répétitives  de bénéficier d’un stand ont été vaines, nous racontent-ils. Depuis des années, c’est le même scénario qui se répète. « On nous promet de prendre en charge nos revendications, mais au final nous sommes toujours dans l’attente ». Ces marchands se disent cependant ne pas comprendre pourquoi on leur saisi leur marchandise à chaque fois. « On ne nous laisse pas travailler ni à l’intérieur, ni même à l’extérieur. C’est carrément de l’injustice », se confient-ils.

grossisites5Les grossistes de Semmar refusent leur délocalisation

Bien que le dossier de la délocalisation du marché de gros de l’alimentation générale de cette commune semble être remis aux calendes-grecques, les commerçants continuent à refuser qu’ils soient transférés à Boumerdès.  Alors que les habitants de Semmar, ne cessent de se plaindre des désagréments provoqués par ces commerçants, ces derniers estiment qu’ils « sont dans leurs droits, puisqu’ils possèdent ces commerces, qui sont souvent construits sous des habitations ». à peine approchés, ces derniers n’ont qu’une idée dans la tête, devoir quitter les lieux. «J’ai construit ma maison ici, je travaille ici, je ne vais pas tout quitter pour aller je ne sais où », dira l’un d’eux. « C’est un bien que j’ai acquis grâce à mon travail, je ne vais pas les laisser m’imposer d’aller travailler ailleurs », précisera un autre d’un air menaçant.  Mais pour les habitants, le quartier est invivable. « Au fil des années, les commerçants ont créé une dynamique commerciale qui a enrichi, certes, les caisses de l’Etat en impôts, mais a rendu difficile la vie des résidents de ce quartier », nous confie l’un d’eux, en précisant que la plupart des camions qui viennent s’approvisionner ne trouvent aucune gêne à stationner n’importe où et, tout en gênant la circulation. «Je mets plus d’une heure chaque matin pour emmener ma fille à l’école », témoigne-t-il avant de se plaindre des klaxons des camions et de la pollution qu’ils dégagent. En bref, pour lui le quartier est invivable et il donnerait tout pour le quitter.  Notons que le marché de gros de Semmar est le pôle économique qui alimente tout le centre du pays depuis 1994, il abrite plus de 1000 commerçants, dont nombreux d’entre eux ne possèdent pas de registre de commerce, ce qui accuse un préjudice important au Trésor.  Interrogés, justement, quant à l’informel, les commerçants réfutent ces accusations, estimant qu’elles sont infondées. « A chaque fois qu’un responsable parle de l’informel, il affirme qu’il n’y a pas des statistiques à ce sujet. Mais dès qu’il s’agit de Semmar, tout le monde crie à la Chekara, c’est insensé»,  dira l’un d’eux pour tenter de se défendre.  En 2012, pour en finir avec ce problème, la wilaya d’Alger avait aménagé, pour les commerçants de Semmar, un nouveau marché de 112 locaux à El Harrach sur une superficie de 5 hectares. Mais cette opération n’a pas connu de succès. En 2016, l’ex-ministre du Commerce Bakhti Belaib avait tenté de délocaliser le marché, ce qui a provoqué un tollé de critiques de la part des concernés. Depuis, aucun effort n’a été déployé en vue de trouver un consensus entre les commerçants et les habitants.

Le règne des parkings illicites

Dans une commune où l’impunité règne. Difficile d’échapper au diktat des parkings informels.  Dans la quasi-totalité de la commune, essentiellement les lieux à proximité des marchés, les parkings illicites sont souvent présents. C’est le cas au niveau du marché d’Aïn Naâdja ou les jeunes chômeurs profitent  du silence des autorités municipales pour imposer leurs propres lois. Les conducteurs se retrouvent souvent confrontés à payer le parking, or que ces jeunes n’ont bénéficié d’aucun agrément de la mairie leur permettant d’exploiter ces lieux.  Et pourtant, l’APC pourrait bel et bien tirer profit de cette richesse locale à même de renforcer les recettes.   « Je n’ai pas trouvé un autre travail », dira le jeune parkingueur rencontré à côté du marché d’Aïn Naâdja, avant de préciser qu’en aucun cas les autorités ne sont venus lui dire ne pas exercer ce métier». «Je sais que c’est interdit de squatter ce lieu, mais où sont les services compétents qui font appliquer la loi », reconnaît-il. « Jamais un responsable n’est venu m’interdire d’exercer », signale-t-il.  Mais pour les conducteurs qui se disent « déplumés », « il est difficile de ne pas payer les 50 DA du parking de peur de représailles ». « On sait tous que ces jeunes sont violents », témoignera une femme qui affirme avoir peur d’être agressée par l’un d’eux.

Un maire indélicat

Beaucoup de points d’interrogations resteront en suspens, malheureusement, puisque le président de cette APC,  sensé y répondre, s’est montré indélicat et n’a pas respecté le rendez-vous fixé avec lui au siège de la mairie. Arous Moussa, issu du parti FLN et qui brigue un troisième mandat à la tête de la commune de Gué de Constantine, n’avait peut-être pas d’éléments de réponses à fournir pour clarifier l’opinion publique  et les habitants quant à la gestion,  les retards dans les projets publics et le plan de développement de la  commune. Mais à quoi pourrait-on s’attendre, à la fin, si nous, en tant que journalistes, avons été traité de la sorte, que dire du simple citoyen qui lui ne sait plus à quel saint se vouer? En tout cas, l’incompétence, le laisser aller, et l’absence d’une quelconque conscience, de la part des responsables et des élus de Gué de Constantine, ont fait d’elle une ville où il ne fait pas bon vivre…..