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GHARES ESTIME QUE LES PARTIS DEVRONT JOUER UN VRAI RôLE APRèS LA TRANSITION : «On est dans une temporalité politique où le peuple est la locomotive»

«On est dans une temporalité politique où le peuple est la locomotive. C’est lui qui a libéré  ses élus », a déclaré hier le porte-parole du MDS, Fethi Ghares, en affirmant que le mouvement pacifique est bien « encadré par la conscience et la maturité des citoyens et que le rôle des partis politiques consiste à trouver des solutions aux problèmes de la société à la fin de la transition».
Invité hier au Forum du Courrier d’Algérie, Ghares a estimé que les partis politiques ne peuvent pas jouer un rôle principal dans le mouvement populaire ; puisque, selon lui,  les Algériens sont conscients et bien matures politiquement grâce à leurs expériences précédentes. «Personne ne peut les encadrer», indique-t-il,  en soulignant que le peuple est sorti le 22 février dernier à travers le pays, et auparavant, le 16 du même mois, à Kherrata, sans prévenir la classe politique.
Pour notre invité, le mouvement est le « fruit d’un travail populaire, et non pas celui de partis politiques », en précisant que  l’Algérien d’aujourd’hui n’a pas besoin d’un parti politique pour exprimer ses revendications. «Le peuple fait de la vraie politique au sens noble du terme », affirme-t-il. Ghares a expliqué que les partis sont là pour donner des solutions aux problèmes qui seront posés plus tard, « à la fin de la transition »,  par la société.
Abordant deux type d’oppositions sur la scène politique algérienne, le cadre politique du MDS a affirmé qu’il existe des partis qui jouent le rôle de s’opposer au pouvoir pour «reccueillir plus de  voix   aux prochaines élections ». Selon Ghares, ces partis qui « prétendaient être une opposition sont ,en réalité, une  façade de la caste politique en Algérie », distingue-t-il, en poursuivant par dire : «Cette même opposition n’arrange pas la rupture avec le système  parce que ce système l’englobe. Par contre elle cherche sa reproduction pour préserver les intérêts en commun», analyse encore Ghares.
De l’autre côté, il y a une opposition qui résiste au pouvoir citant l’exemple de son parti, le MDS, parmi d’autres,  et qui «n’a pas arrêté de lutter contre le pouvoir depuis 2007. On est le seul parti agréé mais interdit d’activer et d’organiser des meetings jusqu’à 2018 », a rappelé Ghares pour évoquer l’interdiction qui a frappé le MDS. Par ailleurs, et en insistant sur le fait que le peuple est un facteur déterminant dans la crise politique actuelle dans notre pays, a réaffirmé que l’Algérie vit un évènement singulier, en qualifiant le mouvement populaire pacifique, entamé le 22 février dernier, de «révolution démocratique qui reflète la maturité et la conscience du peuple algérien pour retrouver sa souveraineté».
Enfin, le porte-voix du MDS a rappelé la solution de sortie de crise proposée par son parti, notamment une période de transition démocratique civile de six (06) mois comme première phase. Avant de passer, ensuite, à une deuxième étape, qui consiste à se mettre d’accord, autour d’une seule table, en organisant une  conférence inclusive avant de préparer  les élections présidentielles dans de meilleures conditions.
Sarah Oubraham