Abdelaziz Belaid
Abdelaziz Belaid

Front El-Moustakbal : Conférence nationale pour les étudiants dès aujourd’hui

Aujourd’hui et jusqu’à samedi, le Front El-Moustakbal organise une conférence nationale à destination des étudiants militants de tout le pays, sous le slogan : «Nous sommes les étudiants de l’Algérie, nous sommes les bâtisseurs de l’avenir». Au village des artistes de Zéralda (Ouest d’Alger), à partir de cet après-midi et sur trois jours, des étudiants des quatre coins du pays vont assister et prendre part aux diverses activités et ateliers de formation. Dans un environnement très tendu au niveau des campus universitaires sur fond de montée de revendications socioéconomiques, pédagogiques ainsi que les appels pour l’amélioration de la prise en charge des étudiants, s’ajoutant à un contexte très chargé politiquement, les hôtes d’El-Moustakbal auront du pain sur la planche. Une occasion aussi pour le président du parti, Belaïd Abdelaziz, qui fut longtemps un leader à l’Union nationale des étudiants algériens (UNEA) lors de ses années de militantisme au FLN, pour rebondir politiquement et mobiliser la base à la veille de l’élection présidentielle. Le président de la République devrait convoquer le corps électoral dans les jours à venir. Dans une situation politique «polluée et qui est appelée à l’être davantage dans les semaines voire les mois à venir», Belaïd a été pourtant le premier à se porter candidat pour les présidentielles attendues en avril prochain. «Il y a des tentatives de certains lobbies politiques et financiers pour transgresser la Constitution visant la remise en cause du processus politique et institutionnel en cours. Nous disons à ces parties que nous sommes déterminés d’aller jusqu’au bout dans le processus électoral en se présentant officiellement à l’élection présidentielle prochaine», a-t-il clamé lors d’un meeting tenu le 4 janvier dernier. La déclaration de Belaïd était une réaction offensée après que le Conseil constitutionnel avait privé son parti de son siège de sénateur dans la wilaya d’Illizi lors des sénatoriales du 29 décembre dernier. Le Front El-Moustakbal a pourtant réalisé une percée lors de ce scrutin en remportant dans les résultats préliminaires 2 sièges avant de perdre le siège d’Illizi.
Cela ne l’empêche pas pour autant de se placer au devant de plusieurs partis plus anciens et ancrés que lui comme le FFS et le MSP. Après que les militants du parti sont sortis dans la rue pour crier la hogra, le président d’El-Moustakbal est sorti, lui aussi, de sa réserve, pour dénoncer «une tournure très grave, la fraude a, cette fois-ci, touché l’achat des consciences. L’argent sale de la “chkara” a été pour beaucoup dans les élections du renouvellement partiel du Conseil de la nation ». Au niveau de l’autre chambre du parlement, l’Assemblée nationale, El-Moustakbal ne compte pas ses déboires. Après la démission fracassante du député de Béjaïa et militant de la cause amazighe, Khaled tazaghart, la sortie scandaleuse de sa députée de Chlef, Hlima Zidane, a choquée plus d’un et remis même en cause les fondements du parti qui se présente comme progressiste et à l’avant-garde. Après la vague de racisme subie par la nouvelle Miss Algérie Khadîdja Benhamou à cause de sa peau noire suscitant une solidarité nationale et même internationale, cette députée a pris partie avec ceux attaquant cette femme issue du Sud du pays sur un plateau de TV, en tentant même de trouver des excuses et dire qu’il ne s’agit pas de racisme. L’incident a suscité une vague d’indignation et le compte Facebook de l’émission TV a été inondé de critiques et insultes contre la députée de Chlef.
Hamid Mecheri