Gisele-Halimi

France : Le maire de Rouen veut mettre une statue de Gisèle Halimi à la place de Napoléon

Voilà 155 ans qu’une statue de Napoléon Ier a été installée sur la place de l’Hôtel-de-Ville à Rouen. Jusqu’à quand ? Le nouveau maire (PS) de la ville Nicolas Mayer-Rossignol envisage de la remplacer par une statue de femme. «J’assume la dimension symbolique forte de cette proposition», écrit l’édile, qui profite de la récente dépose de la statue pour rénovation pour lancer le débat.
D’après un communiqué, la statue en bronze a été retirée le 2 juillet car elle présentait une «fissure évolutive» constituant «un danger potentiel pour les usagers». La réparation doit durer quelques mois, période que Nicolas Mayer-Rossignol entend mettre à profit pour lancer «un débat et une consultation citoyenne» sur l’avenir de la place. La figure féminine serait ainsi «choisie par les Rouennaises et les Rouennais». L’édile a d’ores et déjà un nom en tête. «Il serait formidable que Rouen soit la première ville de France à accueillir, place de la Mairie, une statue ou une œuvre d’art dédiée à Gisèle Halimi, figure de la lutte pour les droits des Femmes. Le militante féministe et femme politique franco-tunisienne qui a consacré sa vie à la cause des femmes est décédée le 28 juillet à l’âge de 93 ans. En tant qu’avocate, elle défend à partir des années 1950 des militants de l’indépendance de l’Algérie, dont notamment des membres du Front de libération nationale (FLN). À partir de l’année 1960, elle a assuré la défense de Djamila Boupacha. À ceux qui s’inquiéteraient du sort réservé à la statue de 7 tonnes et 4,40 mètres de haut, le maire assure qu’«il n’est bien entendu pas question de la détruire». L’œuvre de 1865 de l’artiste Vital Dubray, réalisée grâce au bronze de canons pris à l’ennemi après la bataille d’Austerlitz, serait déplacée à un autre endroit de la ville.