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Fin des travaux de l’UA, à Nouakchott : De nombreux dossiers seront reconduits au Sommet d’Addis Abeba

Placé sous le signe de la lutte contre la corruption, le 31ème Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine a clôturé ses travaux de deux jours, hier, à Nouakchott. Les dirigeants africains n’ont pas manqué à cette occasion, de rendre hommage à un des leaders du continent africain, icône de la lutte contre l’apartheid et l’injustice, le défunt Nelson Rolihlahla Mandela, à l’occasion de la célébration du centenaire de sa naissance, le 18 juillet 1918.

Le Sommet africain de Nouakchott qui s’est penché, durant deux jours, sur des questions importantes et diverses, allant de la lutte contre la corruption au règlement pacifique des crises et des tensions, en passant par la réforme de l’Institution africaine, la lutte contre le terrorisme ainsi que l’épineux problème, d’abord pour les africains, du flux migratoire, s’est achevé hier par l’adoption d’une série de recommandations et de rapports. Animant une conférence de presse sur le thème central du rendez- vous africain, à Nouakchott, la commissaire de l’UA, chargée des ressources humaines, de la science et de la technologie, la Camerounaise Sarah Anyang Agbor, a alerté sur la corruption qui gangrène le secteur de l’Éducation. Elle dira en effet que « dans le secteur de l’éducation, il y a beaucoup de pratiques non déontologiques, dont le chantage sur les filles, l’achat des diplômes, les détournements des fonds publics et les mauvaises pratiques d’enseignement» a-t-elle indiqué, avant d’ajouter qu’ «aujourd’hui, beaucoup d’universités sont devenues des centres d’affaires délivrant de faux diplômes» a-t-elle lancé en marge des travaux du deuxième et dernier jour du Sommet africain. Lors de son intervention à l’ouverture de cette 31ème session de l’Union africaine, le président de sa commission Moussa Faki Mahamat a rappelé à l’assistance que «dix huit mois nous séparent de 2020, fixé par les chefs d’Etat pour faire taire les armes et débarrasser l’Afrique du fléau des conflits » a-t-il déclaré, une invitation à consentir d’avantage d’efforts africains, pour le règlement pacifique des conflits, des tensions et des crises, lesquels freinent considérablement l’essor du continent et confortent les conditions du maintien d’un grand nombre de ses populations dans la pauvreté et les poussent à l’exode et la migration. La mise en place d’un mécanisme africain pour permettre à l’Institution africaine d’apporter un «appui efficace» au processus des Nations unies, basé sur les résolutions du Conseil de sécurité, pour le règlement de la dernière question de décolonisation en Afrique, inscrite à l’ONU et à l’UA, le Sahara occidental en l’occurrence a été une des recommandations du rapport sur cette question, présenté par le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. Une recommandation saluée, par l’assistance, dont les dirigeants de la République arabe sahraouie démocratique, à leur tête son président Brahim Ghali, déclarant en marge de ce Sommet qu’«il appartient à l’UA d’être plus efficace et plus présente pour appuyer» a-t-il souligné «les Nations unies en vue d’assurer l’indépendance du Sahara occidental», a déclaré le Président sahraoui, secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali. Concernant la reforme de l’Institution africaine, le projet avancé par le président rwandais, président en exercice de l’UA, Paul Kagame, au Sommet de Nouakchott, concerne le financement de l’organisation africaine outre les secteurs et les mécanismes de son intervention. Alors que le budget de l’UA provient à plus de 50 % des bailleurs étrangers et les programmes financés à 97 % par les donateurs, la réforme vise à se libérer de ce poids financier extérieur outre à anticiper sur le recul de ce financement étranger, à cause de la crise économique dont sont confrontés de nombreux bailleurs étrangers, comme l’UE, le projet de réforme propose le prélèvement dans chaque pays d’une taxe de 0,2 % sur les importations. Il est question dans ledit projet de Kagame, concernant les domaines d’intervention de l’Institution africaine, ou la priorité est donnée, aux affaires politiques, la paix et la sécurité et l’intégration économique ainsi que la présence plus visible du rôle africain sur la scène internationale. Il est aussi avancé dans les propositions, une plus grande implication de la jeunesse et la femme africaine, par l’augmentation du quota de leur représentation et par ailleurs, il est question de l’introduction d’une disposition prévoyant le renforcement et l’application d’un mécanisme de sanctions à l’endroit des Etats qui ne respecteraient pas les règles de l’UA en vigueur. Parmi les sujets évoqués, dans le communiqué final du sommet de Nouakchott, élaboré par les chefs des diplomaties des pays de l’UA, l’impérative résolution pacifique des crises, des tensions et des conflits que vit le continent africain, dont la crise libyenne, les tensions entre l’Ethiopie et l’Erythrée. Sur un autre volet, les dirigeants africains ont fait le point sur l’intégration africaine, en examinant le projet de zone de libre-échange approuvé en mars dernier à Kigali, au Rwanda, lequel vise à booster et accroître les échanges commerciaux sur le continent.
Karima Bennour