Fethi Ghares

FETHI GHARES, COORDINATEUR NATIONAL DU MDS, HIER, AU « FORUM DU COURRIER D’ALGÉRIE » : « Le peuple s’est érigé en force politique dans un processus irréversible »

Le coordinateur national du mouvement démocratique et social (MDS), Fethi Ghares, propose pour la phase de transition, d’opérer un changement du système politique en place, tel exigé par le mouvement populaire pacifique, une assemblée constituante ouverte à toutes les composantes de la société, seule voie pour «assurer la transition politique en Algérie», a affirmé, hier, Fethi Ghares, invité, hier, au Forum du Courrier d’Algérie.
En rappelant pertinemment que le mouvement populaire pacifique, qui s’est manifesté, le 16 février à Kherata, puis le 22 février, à travers l’ensemble du pays, pour faire échec au 5e mandat, n’est pas prêt, depuis, à renoncer à sa feuille de route «éminemment politique» à travers «les trois principaux slogans» pour lesquels le peuple algérien manifeste pacifiquement, à travers le pays, tous les vendredis et au courant de la semaine. Il s’agit, selon Fethi Ghares «Djazaïr, Djoumhouria, machi Malakiya (Algérie est une République et non une monarchie : ndlr» «Ya serrakin Klitou Lebled voleurs,  vous avez dilapidé le pays ndlr)» et enfin « Djazaïr houra démocratiya, Algérie libre et démocratique Ndlr), cite-t-il. Plus explicite sur ces trois slogans, notre invité, dira que pour le premier, le peuple aspire à instaurer un état de Droit, pour bânnir à jamais les privilèges et le pouvoir de décision d’une poignée de personnes, le second la séparation des pouvoirs, pour consacrer la primauté de la loi sur tout autre considération, soit « la loi au-dessus de tous et l’égalité de tous devant la loi », dira-t-il, et le dernier slogan, « une Algérie réellement démocratique et engagée sur la voie du respect des droits  et des libertés, individuelles et collectives », indique, hier, l’invité du Forum. Tirant les expériences et les leçons de lutte de leurs aînés, en se nourrissant notamment de sa mémoire collective, «  le peuple s’est érigé en force politique imposant le cours des évènements que vit notre pays, depuis le 22 février dernier», pour le conférencier, il n’ y a aucun doute «l’Algérie vit par ce que vient d’accomplir son peuple, depuis le 22 février dernier à ce jour, une phase historique importante» il s’agit souligne-t-il «d’un processus et d’une dynamique irréversibles dans la liquidation d’une étape révolue », celle de la fin du système politique en place. Affirmant que la détermination du peuple à aller jusqu’au bout de ses aspirations, dont l’édification d’un Etat de droit et pour une Algérie libre et démocratique, se manifeste amplement dans le degré de sa forte mobilisation et son niveau élevé de prise de conscience politique, que le peuple algérien affiche, à travers l’ensemble du pays, lors de sa grande marche des vendredis et des autres jours de la semaine, en plus la marche de la communauté universitaire, tous les mardis, à travers le pays. Et pour rester dans l’esprit du mouvement populaire du 22 février, pour le coordinateur national du MDS, la phase de transition doit inclure impérativement « la tenue d’une assemblée constituante ouverte à toutes les composantes de la société algérienne » qui garantira et permettra de dessiner le paysage politique selon la volonté populaire » et d’éviter, poursuit-il «de surcroît de reproduire les rapports de forces existants « celles du système politique en place devant être changé :NLDR) ». Cette phase est pour l’invité du Forum, autant importante que déterminante, pour l’avenir du peuple et de son pays, que Fethi Ghares préconisant de «donner le temps aux Algériens de s’organiser ». à l’adresse de ceux et celles préconisant, d’aller d’abord vers une élection présidentielle, pour le coordinateur du MDS, ce dernier affirme que cette voie est promue en vue de «garantir d’une autre manière, le recyclage du système et les intérêts de ceux qui ont profité et englobés par le système», notamment certains acteurs de l’opposition, lesquels «ont  joué le rôle de l’opposition dans ce système politique en place», a-t-il affirmé. à l’adresse de ceux qui se sont «réveillés par hasard des jours, après le 22 février et dire qu’ils sont avec le mouvement populaire» il avertit, en s’appuyant sur le chef-d’œuvre cinématographique, « Le Guêpard », adapté par Luchiano Visconti, de l’oeuvre de Tomasi di Lampedusa, en reprenant l’expression « il faut changer tout, pour rien changer» et d’affirmer que le peuple «est décidé» à façonner son destin et celui de son Algérie, en indiquant que «si le pays était la mecque des Révolutionaires, l’Algérie sera la Mecque des démocrates». D’où son instance sur les acteurs devant conduire la transition avec notamment l’Assemblée constituante, laquelle doit être ouverte à toutes les composantes de la société algérienne, pour traduire effectivement « l’esprit du mouvement populaire pacifique», a souligné, hier, Fethi Ghares, coordinateur du Mouvement démocratique et social.
Karima Bennour