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GHARES EST CONVAINCU QUE L’ALGERIE IRA VERS UN ÉTAT DE DROIT : «La rapport de force est en faveur du peuple»

Invité au Forum du Courrier d’Algérie, le coordinateur du MDS, Fethi Ghares, estime que le peuple algérien, à travers ses manifestations populaires et citoyennes entamées le 22 févier historique dernier, a franchi un pas important dans le processus de l’édification d’un État de droit. Preuve en est, le rapport de force passe aujourd’hui en faveur du peuple alors que le système en place se retrouve dans une position de «résistance».

Parti politique s’inscrivant depuis sa naissance dans l’opposition au pouvoir en place, le MDS soutient une solution à la crise qui passe par une transition démocratique à concevoir et à négocier en dehors du système. «Aujourd’hui, on est dans une dynamique irréversible. Le système résiste, pas le peuple dont le rapport de force est en sa faveur. Je suis convaincu que depuis le début des manifestations, le 16 février à Kherrata et le 22 février à travers le pays, le peuple a liquidé une étape importante qui a débuté en 88», estime le coordinateur national du parti fondé par le défunt Hachemi Cherif qui entrevoit l’esquisse d’une voie vers la naissance d’un véritable État de droit en Algérie.
Et contrairement à ce que l’on aurait pensé ou attribué à tort au peuple algérien sur la chose politique, Ghares croit que les Algériens ont atteint un niveau de maturité politique qui leur permettra d’exercer le pouvoir citoyen au vu des expériences vécues par le passé. Ceci pour ne citer que la fin des années 80 et le début de la décennie 90.
Aujourd’hui, «le peuple est sorti pour revendiquer la liberté, la démocratie et la justice sociale. Il n’est pas sorti pour demander à manger. Car l’Algérien ne permettra jamais qu’on (le pouvoir) l’appauvrisse. Et puis, il est sorti parce qu’il a une conscience politique», analyse le responsable du MDS qui déplore les lectures issues à travers des débats télé et selon lesquelles le peuple réclame ce qui pourrait être «l’amélioration de ses conditions de vies sociales». Si maintenant tel serait le cas à un niveau inférieur, il n’en demeure pas moins que les Algériens, à travers les manifestations historiques demandant le départ du système et les figures qui l’incarnent, veulent exercer leurs droits citoyens, politiques, syndicaux… en somme «le peuple revendique le pouvoir de sanctionner», explique-t-il comme pour évoquer le principe de contrôle du peuple sur le vie publique et la gestion des affaires économiques du pays.
Abordant le rôle que devront jouer les partis politiques dans cette conjoncture précise, et au-delà des plans de sortie de crise qu’ils peuvent suggérer, Ghares estime que la véritable mission de la classe politique est attendue surtout après la transition démocratique. Surtout que, «le peuple algérien a donné l’exemple», pour ne pas dire qu’il dépasse de loin le cadre partisan, laisse entendre notre invité, qui dit «croire à l’intelligence des Algériens».
à une question portant sur l’aboutissement ou pas du mouvement «révolutionnaire» en cours en Algérie, mais surtout s’il ne risque pas d’être dévoyé de sa trajectoire, comme ce fut le cas dans les pays qui ont vécu «Le printemps arabe» avec comme menace l’emprise de l’islamisme sur la vie politique, Ghares n’y croit pas à un tel scénario. Et pour cause, et après l’expérience périlleuse de la décennie noire,  aujourd’hui, «tous les courants politiques en Algérie s’accordent sur un minimum de démocratie».
Farid Guellil