Ferkous et Chams-Eddine : «Des faqihs dont je ne partage pas les procédés »

La lutte contre l’intégrisme et toute déviation de la Religion musulmane est l’objectif principal de l’Association des Oulamas Musulmans Algériens, alors que la multiplication des sources religieuses complique un peu la compréhension de l’Islam chez les gens, et surtout chez les Musulmans…

Invité au Forum du Courrier d’Algérie, Cheikh Guessoum Abderrezak, président de cet organisme a fait savoir, hier, lors de son passage que : «les conflits religieux qui existaient dans le passé comme au présent, sont causés par des gens qui plaçaient la Religion au service de leurs propres intérêts, donc la bonne interprétation des sources est le plus important facteur pour mieux comprendre notre Religion. Le Coran et la Sunnah sont les seuls sources fidèles à l’Islam, d’ailleurs, je n’arrive pas à comprendre pourquoi les conflits existent entre les quatre doctrines, c’est pour cela qu’on a critiqué Cheikh Ali Ferkousse et son groupe, ils ont étalé les problèmes des Oulamas et des gens cultivés au grand public. Les philosophes musulmans, comme Ibn Ruchd, disent qu’il ne faut pas donner au grand public plus que leur capacité cérébrale. Par exemple, nous sommes soumis à l’école Malékite, pourquoi alors on amène la doctrine hanafi ou hanbali ? Les hommes peuvent se tromper dans la pratique de la Religion s’ils font des choses qu’ils ne comprennent pas. Seule l’unification de toutes les institutions peut éviter les rivalités et les conflits, si les différentes institutions trouvent un accord pour suivre l’école malékite, et la méthode d’el achâariya algérienne, cela pourrait renforcer notre position dans le monde.» Dans ce contexte, Guessoum a précisé qu’: «en Arabie saoudite, les savants n’acceptent pas la diversification. On a dit à Cheikh Ferkousse qu’il y a deux choses sur lesquelles on doit être d’accord : Le premier point, la lutte contre l’injustice dans le pays, quand il y a la corruption et l’injustice ont doit renforcer nos rangs pour le faire disparaitre, et hors pays, la cause palestinienne doit nous assembler. On lui a dit pourquoi vous n’avez jamais évoqué la cause palestinienne, tant qu’elle est une affaire de tous les musulmans, le différent entre nous est vraiment banale (lever des mains pour la fatiha, douâ’a el qounout,) ce sont des détailles peu intéressants. Je le dis : la multiplication des communautés religieuses en Algérie n’est pas en faveur de l’Islam ni des musulmans, il faut que tous les acteurs soient unanimes pour soigner ce fléau, avec l’unification de la référence religieuse de tous les savants», a-t-il dit.
Entre autres, Guessoum a dit que la différence existe tout le temps entre les savants, par rapport à certaines choses et affaires, «quand les gens me posent une question sur Cheikh Ferkousse, je réponds par conviction qu’il est savant et respectueux, ces derniers temps, il se contredit malheureusement avec ses propres principes, il est devenu trop fanatique et intolérant. Il ne faut pas mesurer l’Islam chez une personne, car n’importe qui peut se tromper et on ne peut pas juger quiconque sur des intentions. Seul l’effort qui devrait être soumis à des critiques. » Pour ce qui est de Cheikh Chams-Eddine, Guessoum n’est pas contre ces fatwas faites lors des émissions télévisées, il dira : «je suis souvent son émission, pour moi ces fatwas ne sont pas fausses, elles sont faites à la base de la chariâa, et je ne peux pas dire qu’il le fait sans savoir, seulement, il est connu avec son style soufie un peu étrange, il a un style populaire. Mais pour certaines fatwas je ne suis pas d’accord avec lui, mais quand même je le considère comme un savant.»
Mohamed Wali