Marche universitaires

FAC CENTRALE, USTHB ET FAC DE MÉDECINE DE BEN AKNOUN (ALGER) : Grèves et rassemblements des étudiants ouverts jusqu’à jeudi

La mobilisation pacifique des étudiants universitaires pour le départ du système en place et l’installation d’un État de Droit se poursuit. Elle marquera demain mardi, sa 8eme action de protestations, et la deuxième après la reprise des cours universitaires. Ce qui augure d’une autre démonstration de force de la famille estudiantine.

Les étudiants de l’université des sciences et de technologie Houari Boumediene (USTHB), de la faculté de médecine de Ben Aknoun et de la Faculté centrale d’Alger, observent depuis hier, des rassemblements et une grève, à l’intérieur des campus. Ces actions de protestations sont appelées à se poursuivre jusqu’à jeudi prochain.
Sur les lieux où se déroulent les protestations à la Fac centrale d’Alger, nous avons interrogé des étudiants pour connaître l’objectif de cette action s’inscrivant, de façon générale déjà, dans la dynamique populaire et citoyenne en cours en Algérie.
Tenant une pancarte, une écharpe aux couleurs nationales sur le cou, un jeune étudiant explique. «En plus du rendez-vous national de la famille universitaire des mardis, le mouvement de grève est un moyen de faire pression sur le système politique qui est toujours en place, malgré le départ de Bouteflika», livre Samir, précisant que « la grève entamée jusqu’à jeudi est renouvelable.»

Tout a commencé par un appel sur facebook
Poursuivant, cet étudiant fait savoir que «le monde universitaire  appelle à l’application de l’article 7 de la Constitution.» Une déclaration qui confirme un slogan porté sur une large banderole, déployée à l’intérieur de la Fac centrale, et tenue par des étudiants durant leur sit-in.
Pour sa part, Romaïssa, étudiante en deuxième année, rencontrée devant l’entrée du campus, estime que «les étudiants ici sont unis sur le maintien de la contestation des mardis. Mais la grève peut entrainer une année blanche.» Êtes-vous donc contre cette grève ? À cette question, notre interlocutrice tient une réponse par laquelle elle tente de justifier cette action.   «Tout a commencé sur facebook. Durant les vacances de printemps, des appels à une grève générale pour boycotter la reprise des cours ont envahi les réseaux sociaux. C’est l’ère de la communication en un clic. Et facebook était le lieu  privilégié des étudiants universitaires pour s’organiser durant les mardis, puisque nous étions en vacances», raconte la même étudiante.

Un sondage
Si notre interlocutrice nous a affirmé que la famille universitaire ait exprimé sa volonté de poursuivre le mouvement de protestation chaque mardi, en marchant à Alger, elle a évoqué «les divergences apparues lors de mini-débats, lors des discussions entre groupes d’amis sur l’espace bleu, ainsi que des pages dédiées aux universitaires qui sont pour le changement du système politique en place.»
«Face à cet état de fait», poursuit Romaïssa, «les étudiants ont improvisé des discussions par groupe et se retrouvent dans plusieurs pages facebook unissant les étudiants impliqués dans le mouvement populaire pacifique, issus de plusieurs universités du pays. Le but était d’arriver à un consensus autour des moyens de contestation, avant d’être, après un sondage, généralisé par l’ensemble des universités du pays.»
Drapée dans l’emblème national, une autre étudiante, interrogée donne son avis : «Après la reprise des cours, marquée par le non-suivi du premier mouvement de grève, certains étudiants ont lancé un sondage sur les réseaux sociaux.»
Résultat ? « Une minorité seulement ont voté pour la reprise des cours à la Fac Centrale, à l’USTHB, et à la Faculté de Médecine», nous a affirmé Amina.
Plus explicite, elle révèle que «le débat entre ceux qui veulent déserter les cours afin de faire monter la pression et ceux qui s’opposent à toute action qui pourrait se transformer en une année blanche a été tranché par un sondage au niveau des trois universités précitées.»
Mohamed Amrouni 

CRAINTE D’UNE ANNÉE BLANCHE
Le CNES interpelle les étudiants
Pour Abdelhafid Milat, président du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), « la mobilisation du monde universitaire pour le départ du système en place pour bâtir un État de droit ne doit être que durant le rendez-vous du monde universitaire», soit chaque mardi de la semaine. Car, selon lui, «le mouvement de grève des étudiants fait planer le spectre de l’année blanche sur l’Université algérienne», sachant qu’on est à moins de cinq semaines seulement de la fin de l’année universitaires.
Le même responsable a tenu par ailleurs à démentir «les appels à la grève annoncés sur l’espace bleu, au nom du syndicat qu’il dirige et ayant circulé sur les réseaux sociaux comme une traînée de poudre, au lendemain de la reprise des cours universitaires.»
M. A.