Événements de Ghardaïa : Hanoune fustige les mouvements autonomistes

La patronne du Parti des travailleurs (PT) a fait part, hier, de son appréciation et de sa lecture des événements tragiques qui se sont produits à Ghardaïa. Elle désigne des parties aussi bien étrangères qu’intérieures d’être notamment, selon elle, les instigatrices de cette violence qui répond à des desseins inavoués de l’impérialisme occidental. Elle ne s’est pas arrêtée là, puisqu’elle a aussi dénoncé les prêches religieux empreints de haine et d’intolérance. Selon elle, la chaîne de télévision saoudienne «Iqraa TV» n’a cessé d’amplifier l’ampleur prise par la violence à Ghardaïa. Même si elle n’emploie pas le mot «main étrangère», elle a accusé des ONG occidentales, telles que Canvas et Freedom House, de mener une «mission de déstabilisation» dans cette région du pays pour le compte de l’administration américaine. Cette «sale besogne» consiste, selon l’oratrice, à créer des dissensions internes parmi la population locale, provoquer une violence, profiter de la situation de confusion et puis, se donner un prétexte pour intervenir dans le pays et avoir sous la main ses richesses. Un objectif que commande, selon l’oratrice, le plan US dit le «Grand Moyen-Orient». Et pourquoi donc c’est Ghardaïa qui est dans le viseur des «agresseurs»? Louisa Hanoune estime que ce n’est pas un choix fortuit, en expliquant que cette région de par, notamment, les ressources naturelles qu’elle renferme et le potentiel touristique dont elle dispose, attise la convoitise de l’«impérialiste américain». Mais avant de s’étaler sur ce sujet, la SG du PT a récusé les informations rapportées par certains médias, qui faisaient allusion dans leurs comptes rendus, selon elle, à un conflit «ethnique» et parfois désigné comme étant «religieux», a-t-elle souligné. Pour elle, parler d’une discorde entre «Ibadites et Malékites» ou encore de «Mozabites et Châambas», n’est pas l’explication appropriée pour informer l’opinion publique, tant les deux parties ont toujours vécu en harmonie. C’est ce qu’ont expliqué d’ailleurs, deux cadres de son parti qui se sont rendus cette semaine, à la tête d’une délégation, dans cette région du pays ayant «frôlé la catastrophe», a rapporté Djelloul Djoudi, le sentiment immédiat et les inquiétudes des notables de cette région. Selon ses indications, les deux parties représentées par le conseil des Malékites et celui des Ibadites, ignorent elles mêmes les raisons de ces violences d’une gravité sans précédent, à tel point qu’elles soupçonnent «un complot prémédité», a-t-il raconté. Pour sa part, Ramdane Tâazibt a indiqué que les délégués des deux parties ont exprimé leur surprise quant à la tournure prise par les événements, ayant basculé dans une violence sans commune mesure. En effet, depuis le début des hostilités interposées entre population, jamais la situation n’a pris un tel virage. Le bilan est des plus macabres : 25 morts, des dizaines de blessés et des dégâts matériels inestimables. «Malékites aussi bien qu’Ibadites s’interrogent sur ce qui s’est réellement passé. Même s’ils ont affirmé avoir vu les prémices d’une telle dérive, ils précisent que l’origine de la violence reste inexpliquée», a ajouté Tâazibt.

«Un plan de développement pour Ghardaïa»
D’autre part, Hanoune accuse le MAM (Mouvement pour l’autonomie du M’zab) et le MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie) d’«être en partie responsables des événements». Elle n’a pas manqué d’ailleurs de souligner l’arrestation de Kamel-Eddine Fekhar, militant des droits de l’Homme et responsable du MAM et a évoqué le nom de Ferhat Mehenni du MAK. Elle juge également que certains prêcheurs sèment la haine à travers des discours intolérants qui provoquent l’ire de la population et jouent sur les sensibilités des citoyens de cette région. «Même les notables que nous avons rencontrés ont dénoncé ces extrémistes, que ce soit du côté des Malékites ou bien de celui des Ibadites», ajoute la première dame du PT.
Pour l’oratrice, même les télévisions de certains pays du Moyen-Orient ont ajouté une couche à une situation ayant frôlé le pire. En effet, elle a expliqué que la chaîne «Iqraa TV» de l’Arabie saoudite met de l’huile sur le feu à travers ses comptes rendus sur les événements. Louisa Hanoune a invité les autorités à intervenir devant les «dépassements» avérés dans les prêches des chefs religieux, ainsi que les chaînes étrangères qui diffusent des programmes qui portent atteinte à la stabilité du pays, a-t-elle indiqué. Pour elle, les responsables concernés doivent réagir face à cette situation, pour mettre fin définitivement au problème qui sévit dans cette région. S’agissant justement des dernières mesures prises pour maîtriser la situation à Ghardaïa, elle a indiqué que tout comme la population locale, elle soutient les décisions prises par le président de la République et elle conforte les efforts du gouvernement et de l’ANP (Armée nationale populaire). Cependant, «on ne peut pas évaluer le plan de crise mis en place, tant que les résultats ne sont pas encore là», a-t-elle souligné. Enfin, la patronne du PT a préconisé au gouvernement les propositions de son parti pour une sortie de crise. Elle a souligné la nécessité absolue de «rechercher puis de juger les coupables et les responsables de ces événements», d’arrêter l’effusion de sang en imposant le calme et la paix, la reconstruction des biens immobiliers, le dédommagement des victimes et la prise en charge médicale des blessés. Sur le plan économique, Hanoune a plaidé pour un plan de développement qui consiste à relancer essentiellement la zone industrielle dans cette région.
Farid Guellil

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