Entreprises créées dans le cadre de l’ANSEJ : Le taux de mortalité atteint 10%

Samira Djaider, directrice de l’ANSEJ, invitée hier sur la Chaîne III de la Radio nationale, a passé en revue les dossiers ayant trait avec les dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes. Ainsi, depuis le lancement de l’ANSEJ à ce jour, sur les quelque 372 386 micro-entreprises créées, aujourd’hui pas moins de 21 193 d’entre elles ont mis la clé sous le paillasson et ont cessé l’activité.

Soit, un taux de mortalité des jeunes entités économiques qui atteint 10% qui ont engendré un contentieux impayé de l’ordre de 25 milliard de dinars. Ce déficit financier a été pris en charge par le Fonds de Caution Mutuelle de garantie risques/crédits jeunes promoteurs qui a remboursé les promoteurs. Par ailleurs, «quelque 400 promoteurs de projets relevant de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (ANSEJ) ont introduit, depuis septembre 2017, des demandes de rééchelonnement de leurs dettes», a révélé la première responsable de l’Agence. «Il s’agit de projets ANSEJ ayant bénéficié de crédits avant mars 2011 et qui n’avaient pas les mêmes avantages que ceux octroyés actuellement», a précisé Djaider, hier, sur les ondes de la Radio nationale. Elle a rappelé qu’avant 2011, le jeune promoteur était dans l’obligation de rembourser son crédit contracté auprès des banques, après une année seulement d’exploitation de son projet, alors qu’aujourd’hui, la loi lui octroie 3 ans de différé pour le faire. Ces nouveaux avantages accordés aux jeunes promoteurs, a-t-elle relevé, ont été introduits par la convention signée, en septembre 2017, entre l’ANSEJ, le Fonds de caution mutuelle de garantie risques/crédits et les 5 banques publiques couvrant les crédits octroyés aux jeunes bénéficiaires de projets. Soulignant les efforts consentis par les pouvoirs publics afin d’encourager l’insertion professionnelle des jeunes et pour le succès de la micro-entreprise, Mme Djaider a estimé que cette dernière «exerce son activité très à l’aise» depuis l’application de la disposition consistant à différer de 3 années le remboursement des crédits. Depuis la mise en place en 1996 du dispositif ANSEJ, plus de 372.000 micro-entreprises ont été créées avec un taux de mortalité de ces dernières estimé à 10%, a-t-elle fait savoir, ajoutant que 21 000 projets ont été indemnisés, à ce jour, par le Fonds de garantie, soit 25 milliards de dinars de remboursés aux banques.

La DG de l’ANSEJ avertit : «L’État vous aidera mais gare aux profiteurs !»
Il y a quelques mois, le président de la République a décidé des mesures allant dans le sens de soulager les jeunes promoteurs du poids de leurs dettes vis-à-vis des établissements bancaires qui ont financé leurs projets. Ces mesures portent sur l’effacement d’abord de toutes les indemnités de retard et puis l’établissement d’un échéancier pour permettre aux promoteurs un remboursement progressif des obligations financières. À noter que ces mesures concernent uniquement les promoteurs (ANSEJ et CNAC) qui ont créé leurs entreprises avant mars 2011. Quant à l’aspect lié au non-respect des clauses du contrat avec le dispositif, Djaider déplore certaines pratiques illégales dont des promoteurs se rendent coupables. Il s’agit de la vente du matériel mis à leur disposition une fois acquis. Au demeurant, la DG de l’ANSEJ met en garde les contrevenants. «Ils (promoteurs) pourraient être poursuivies en justice», avertit Djaider qui insiste sur la condition portant «la disponibilité des équipements financés par crédits bancaires au niveau de l’entreprise». En d’autres termes, les équipements acquis dans le cadre du dispositif ANSEJ «ne doivent pas avoir fait l’objet d’une transaction commerciale».
Mohamed Amrouni