EN RÉACTION À L’ATTENTAT AU MARCHÉE DE NOËL DE STRASBOURG, EN FRANCE : Le gouvernement porte le niveau du Plan Vigipirate à «urgence attentat»

Après la fusillade au marché de Noël à Strasbourg, au Nord-est de la France, mardi, en début de soirée, causant quatre victimes et plusieurs blessés, la police et la préfecture ont évoqué la «piste terroriste» et «l’urgence attentat» a été décrétée par les autorités françaises, avec la mobilisation de centaines de membres des forces de sécurité, dans la nuit de mardi à mercredi, pour poursuivre l’assaillant, qui a pris la fuite après avoir commis son forfait. Le bilan de l’attaque terroriste à Strasbourg a été revu, hier matin, à la baisse, par la préfecture du Bas-Rhin, qui fait désormais état de trois personnes décédées, sept blessés graves et six autres légèrement. La veille, le maire de la ville, Roland Ries, avait fait état d’un bilan plus lourd comportant quatre morts dans le courant de la nuit de mardi à mercredi, avant que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, annonce trois victimes lors d’une conférence de presse qu’il a animée, mercredi, à 02H00 du matin. Auparavant, peu de temps après l’attaque, Christophe Castaner avait indiqué, s’adressant à la presse, que près de 350 personnes, dont 100 membres de la police judiciaire, des militaires et deux hélicoptères ont été mobilisés pour rechercher l’assaillant, lors d’une déclaration depuis la préfecture du Bas-Rhin à Strasbourg. «À partir de 19h50», avait-il précisé, le tireur a ouvert le feu et «semé la terreur» en «trois points» de Strasbourg, a déclaré Castaner, indiquant qu’il s’agit d’un individu «très défavorablement connu pour des faits de droit commun, pour lesquels il a déjà fait l’objet de condamnations en France et en Allemagne et pour lesquels il a purgé ses peines» a-t-il précisé. Hier matin, le maire de Strasbourg, Roland Ries, a confirmé que «la fusillade du 11 décembre à Strasbourg était un attentat» qui a fait «deux morts, sept blessés graves et sept blessés légers», selon un bilan actualisé publié par la préfecture du Bas-Rhin, hier matin. L’auteur présumé de cette attaque, répondant au nom de Cherif C. Selon Associated Press, l’assaillant a un casier judicaire «bien rempli» citant 27 condamnations criminelles en France, en Allemagne et en Suisse. L’assaillant n’était pas encore localisé par les services de sécurité, mobilisés en grand nombre, depuis la soirée de mardi, notamment avec l’appui de deux hélicoptères, jusqu’à hier, en fin d’après-midi pour le traquer. Le présumé terroriste demeurait encore en fuite, à l’heure où nous mettons sous presse. Selon des témoins, ont rapporté des médias français, l’assaillant, qui est fiché ‘S’, a été blessé, avant qu’il prenne la fuite, par une patrouille de soldats de l’opération ‘Sentinelle, présente sur les lieux pour sécuriser le Marché de Noël de Strasbourg. Par ailleurs, l’état-major des armées a fait savoir qu’un des soldats a été blessé légèrement à la main, lors de l’accrochage précité. Selon une source, ont rapporté les médias français, l’assaillant, un homme de 29 ans fiché « S », devait être interpellé dans la matinée de mardi, par les gendarmes dans une enquête de droit commun». Suite à l’attentat commis, en début de soirée de mardi dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «assassinats, tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle» et le gouvernement d’Edouard Philipe a porté le niveau du plan Vigipirate à «urgence attentat» a annoncé le ministre de l’Intérieur, dans ses déclarations à la presse. Cette mesure, en vigueur depuis mardi soir, comprend «la mise en place de contrôles renforcés aux frontières et sur l’ensemble des marchés de Noël en France pour éviter le risque de mimétisme» a indiqué le ministre de l’Intérieur, avant d’ajouter qu’ «Il y aura aussi en complément une mobilisation plus forte encore du dispositif sentinelle sur l’ensemble du territoire» a-t-il précisé. S’agissant de la réaction du président français, Emmanuel Macron, ce dernier a exprimé sur Twitter, dans la soirée de mardi, la solidarité de la «nation toute entière», au terme de sa présidence, à Beauvau, d’une réunion de crise interministérielle, à laquelle a pris part son Premier ministre Edouard Philippe. Le maire de Strasbourg a confirmé, hier matin, que la fusillade du 11 décembre à Strasbourg était un attentat. Réagissant à la décision du gouvernement de porter le niveau du plan Vigipirate à «urgence attentat», la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a déclaré : «je pense que nous pouvons être à la hauteur des évènements» a-t-elle estimé, hier matin, au lendemain de la fusillade à Strasbourg, en insistant que son pays pouvait faire face à la situation «sans avoir à déclencher l’état d’urgence». Ce régime d’exception avait, pour rappel, été mis en place, en 2015, année qui a vu Paris e, par un attentat meurtrier en novembre de cette période, qui a causé la mort de 130 personnes. Pour la ministre française de la Justice, qui a expliqué dans ses déclarations, hier, que «les lois adoptées récemment par notre gouvernement permettent» a-t-elle affirmé «de déployer un certain nombre de mesures» qui ont permis, a-t-elle fait savoir, «d’éviter jusqu’à présent au moins six attentats» a souligné Nicole Belloubet. Il est à noter que l’évènement tragique de Strasbourg survient après de nombreux mois d’accalmie en France, qui est secouée, uniquement, depuis plus de quatre semaines, par un large mouvement social de contestation, à travers le pays, contre leurs conditions de vie difficiles et que les mesures annoncées pour le chef de l’État n’ont pas été satisfaisantes par le mouvement des «gilets jaunes» dont la voie et l’image ont dépassé les frontières de la France. Depuis mardi soir, c’est l’attentat de Strasbourg qui occupe les Unes des médias français et étrangers, et hier matin, le vice-président du parti de droite, les Républicains (LR), Damien Abad a appelé les gilets jaunes à ne pas manifester samedi prochain, «par respect à la mémoire des victimes» en les invitant à faire une «trêve» et de ne pas tenir, après demain, le samedi ActeV.
Karima Bennour