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INTERPELLÉE PAR L’AFFAIRE DU DÉCÈS DU RÉALISATEUR YOUCEF GOUCEM : L’ARAV rompt le silence et prend acte

Longtemps restée muette et faisant preuve d’un silence plus qu’incompréhensible sur bon nombre de «dérives» de chaïnes de télévision privées, et sur lesquelles elle a pourtant été saisie, l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) rompt le silence pour réagir, enfin, après avoir constaté une «recrudescence des plaintes de professionnels vis-à-vis de certaines chaînes, concernant l’exécution loyale des contrats avec les créateurs», note-t-elle dans un communiqué diffusé hier.
En effet, tout le monde se souvient des caméras cachées et autres vidéos, aussi choquantes qu’offensantes aux yeux des téléspectateurs algériens, tournées et diffusées en boucle durant le mois de Ramadhan. Pas uniquement, puisque l’ARAV renvoie à l’affaire du réalisateur Youcef Goucem, qui venait de succomber à ses brûlures quelques jours après son hospitalisation des suites d’une tentative d’immolation par le feu dans les locaux de la chaîne privée Dzaïr TV. D’ailleurs, le défunt homme de cinéma a suscité l’indignation de l’opinion publique, et les professionnels du métier en particulier qui se sont rassemblés devant le siège de cette autorité, qui régit le monde de l’audiovisuel.
Pour l’ARAV, poursuit le communiqué, «ce problème qui, en vérité, relève des tribunaux, perturbe sérieusement les relations entre les contractants et bloque le développement de la production algérienne ». Enfin, l’autorité, dirigée par Zouaoui Benhamadi, affirme, après avoir fait savoir que toutes les chaînes de télévision privées sont de droit étranger, qu’elle «ne saurait se soustraire à ses responsabilités morales et en appelle, une fois de plus, aux autorités concernées pour une mise à niveau du paysage audiovisuel algérien.»
Farid Guellil