Élections anticipées et succession de Bouteflika : Ouyahia met fin aux spéculations

Ahmed Ouyahia, le nouveau secrétaire général par intérim du RND, a frappé très fort lors de sa première conférence de presse apportant des réponses précises et tranchées aux interrogations et aux spéculations de certains commentateurs de presse friands du sensationnel et d’opposants politiques échafaudant des scénarios sortis d’on ne sait où. Ouyahia a confirmé qu’il conserve son poste de directeur du cabinet de la présidence de la République, même s’il revient dans les affaires politiques, il a d’emblée démenti tout projet d’élections anticipées affirmant que le Président Bouteflika a bel et bien l’intention d’aller au terme de son mandat. Répondant, sans détour, à toutes les questions des journalistes forts nombreux pour couvrir la conférence de celui qui est surnommé l’homme aux tâches difficiles, Ahmed Ouyahia a eu le grand mérite de mettre les points sur les «i» et surtout de dissiper rumeurs et spéculations stériles qui se sont accumulées ces derniers temps. Ainsi et démentant les scénarios les plus fous qui ont fleuri ici et là il a déclaré qu’il n’y a pas d’élections anticipées à l’ordre du jour, ni législatives ni présidentielles. Il assure que le chef de l’État va aller jusqu’au bout de son 4e mandat et qu’il mettra progressivement à exécution les réformes politiques contenues dans son programme électoral, appelant les Algériens à être patients. Le SG par intérim du RND, qui est au centre des décisions par son poste de ministre d’État et chef de cabinet à la Présidence, confirme à nouveau que le président Bouteflika s’acquitte pleinement de sa fonction présidentielle. Évoquant son retour au RND, Ahmed Ouyahia dément les rumeurs selon lesquelles il fait partie d’un dispositif mis en place en prévision de l’organisation de la succession au chef de l’État, affaibli par sa longue maladie. Il assure qu’il n’a fait que répondre à l’appel des cadres du parti dans le but de donner un nouveau souffle à son action politique dans un contexte politique national particulier et tendu. Ahmed Ouyahia exclut également l’existence d’une guerre de clans et assure qu’il n’est représentant d’aucun groupe d’intérêt particulier. Il se revendique comme membre de sa famille politique, le RND, qu’il compte bien représenter sur la scène nationale et internationale. Comme il assure qu’il ne ménagera aucun effort pour mener avec succès sa mission. Fidèle à ses convictions, Ahmed Ouyahia a rendu un grand hommage à l’Armée et aux différents services de sécurité. Questionné sur les attaques du SG du FLN contre le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) et son chef, le général de corps d’Armée Mohamed Mediene, le chef du cabinet de la présidence de la République a refusé de commenter les propos du chef de l’ex-parti unique, tout en défendant énergiquement cette institution républicaine et colonne vertébrale de la sécurité nationale. «Si vous m’interrogez sur Amar Saâdani, je pense qu’il anime des conférences de presse et il est le mieux placé pour vous répondre sur ses propres déclarations. Si vous me demandez ce que je pense de cette institution, le DRS, je puis vous attester que si les hommes qui la composent n’ont pas veillé hier, et l’armée en général, sans oublier les patriotes et tous ceux qui ont résisté au terrorisme, nous ne serions pas aujourd’hui ici», a-t-il assené, avant d’enchaîner : «Et vous connaissez le DRS que certains présentent comme un monstre. Il a beaucoup donné pour que l’Algérie reste debout. Regardez ce qui se passe autour de nous !». Ahmed Ouyahia a rappelé comment l’avocat du principal accusé dans le procès de l’autoroute Est-Ouest a tenté de blanchir son client en proférant des accusations infondées de torture qu’il aurait subies lors de l’enquête menée par le DRS. «Ils ne nous lâchent pas», a-t-il poursuivi, faisant allusion à ceux qui ne perdent pas espoir de ternir l’image de notre institution militaire. Ahmed Ouyahia relève, ainsi, l’utilisation de la notion géométriquement variable des droits de l’Homme contre l’Algérie, en visant bien entendu ses institutions de défense comme le DRS. « Eh bien, je salue fortement les hommes qui ont servi et qui continuent à servir le pays sous cette institution. Je salue également mon frère le général Toufik avec lequel j’ai eu à travailler dans les pires moments qu’a traversés le pays», a-t-il insisté, affirmant que l’institution militaire est une ligne rouge pour lui. Ahmed Ouyahia s’est montré étonné de la «politisation» de la lettre de félicitations envoyée par le chef d’état-major de l’ANP au SG du FLN. Interrogé sur les rumeurs qui courent sur une possible candidature indépendante du frère cadet du président Bouteflika, Ahmed Ouyahia a répondu sans hésitation en affirmant que «ceux qui connaissent Saïd Bouteflika savent pertinemment qu’il ne nourrit aucune ambition de succéder à son frère ». Le secrétaire général du RND assure qu’en Algérie, le pouvoir n’est pas héréditaire et ne le sera pas. Selon lui, le chef de l’Etat a un agenda pour la révision de la Constitution qui aura lieu au moment voulu.

Mokhtar Bendib

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