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ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DU 12 DÉCEMBRE : La société civile met en garde

À quelques jours seulement de la tenue de l’élection présidentielle, massivement contestée par le peuple, des personnalités politiques et des syndicalistes tentent de mettre en garde contre une éventuelle « situation de pourrissement et de blocage» qui sera provoquée, selon eux,  par «l’entêtement des autorités à ignorer la volonté populaire».
Pour le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’Éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, ceci conduira le pays «droit au mur» car les élections «ne sont pas la solution de la crise» que traverse le pays depuis plusieurs mois. Selon lui : « il n’est pas possible, dans les conditions actuelles, que le vote puisse traduire réellement les aspirations du peuple algérien», bien au contraire, a-t-il mis en garde, celui-ci aura des répercussions « dramatiques » sur la stabilité du pays et représente un véritable «saut vers l’inconnu». «Cela ouvrira également les portes à l’ingérence étrangère que le peuple lucide et  mature,  qui continue à poursuivre son chemin pour reconquérir sa souveraineté et se libérer des systèmes qui l’ont dirigé, n’acceptera jamais», a encore relevé la même source. Pour éviter donc cet état de fait, le SG du SATEF qui souligne que son syndicat est une partie indissociable du mouvement populaire pacifique, a appelé d’abord à la prise en urgence de «mesures d’apaisement», à travers notamment la libération des détenus d’opinion, à mettre fin aux arrestations répressives des manifestants pacifistes et des militants du mouvement populaire, ainsi que de l’ouverture du champ médiatique. Il a également appelé au lancement d’un dialogue national inclusif permettant aux élites de la société, représentée par des partis politiques, des syndicats, et des associations, d’y participer et de présenter une vision globale d’un nouveau système de gouvernance basé sur le respect de la souveraineté populaire. Pour ce qui est de l’organisation des élections, le même syndicat estime que ce n’est pas envisageable du moment qu’il n’y a pas de mécanismes efficaces qui les préservent de la « fraude » mais surtout de règlement et de lois intransigeantes contre les fraudeurs.

Soufiane Djilali : «Aller aux élections dans ce climat aggravera la crise»
C’est le cas pour le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, qui a, en effet, fait part de ses craintes quant à d’éventuels dérapages le jeudi prochain, jour du vote pour la désignation d’un nouveau Président algérien. Il a déclaré; à ce propos, que « le fait d’aller à l’élection présidentielle dans ce climat aggravera la crise » poursuivant que « si l’on devait se fier aux rumeurs persistantes sur le choix du futur président, il faudrait s’attendre à une immense désapprobation populaire». Constatant le rejet des citoyens pour la campagne électorale, Soufiane Djilali a laissé entendre que « certaines franges populaires s’apprêtent à faire entendre leur refus le jour du scrutin».
Ania Nait Chalal