Dominique De Villepin en conférence demain à Alger : La Paix et… l’affaire Sarkozy

Sur invitation de l’ambassade de France en Algérie, l’ancien chef du gouvernement français, Dominique de Villepin, sera à Alger à partir d’aujourd’hui, jusqu’à mercredi prochain. L’homme politique français est invité par la chancellerie de son pays pour animer une conférence autour du thème «Réconcilier les silences: donner sa parole pour la paix.» Le rendez-vous aura lieu en fin d’après midi de la journée de demain, à l’École supérieure algérienne des Affaires (ESAA), sise aux Pins maritimes de Mohammadia, à Alger. Au cours de son séjour, Dominique de Villepin aura à s’entretenir avec des responsables politiques algériens, des représentants de la sphère économique ainsi que ceux de la vie culturelle du pays, le tout dans un contexte marqué par un retour intensif et à tous les niveaux d’activité des relations algéro-françaises. Le thème choisi à cette conférence, une question dominante et d’actualité du reste, prête à l’ancien premier ministre français (mai 2005-mai 2007) sous la présidence de Jacques Chirac. Lui, dont un survol du parcours politique montre un défenseur de la voie du dialogue et de paix, comme conviction personnelle d’abord et puis en tant qu’homme politique. Passionné d’histoire et de littérature, voire même de sport, De Villepin est auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont le dernier en date, paru en novembre 2016, est intitulé Mémoire de paix pour Temps de guerre. Autant dire donc que l’ancien chef de la diplomatie française (mai 2002-mars 2004) est loin d’avoir sa langue dans la poche pour une problématique dont il semble maitriser la doctrine. Ainsi, l’histoire témoignera d’un homme qui s’est opposé à l’invasion américaine en Irak de 2003. Dans son discours au Conseil de sécurité, de Villepin le dit sans ambages : «L’option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l’unité de l’Iraq, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l’intrusion de la force. (…) ». Une prophétie ? Aujourd’hui encore, l’Irak baigne toujours dans les conflits armés depuis l’ingérence militaire américaine. Pour sa conférence à Alger, loin de la «realpolitik», l’homme de 65 ans est attendu sur plusieurs questions d’actualité en France surtout. Outre sa conception des paradigmes de la Paix et de la Réconciliation, De Villepin reviendrait sur l’affaire Sarkozy et le fameux financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Il faudrait bien glisser un mot pour une affaire qui raconte les péripéties d’un scandale de corruption à grande échelle dont le dernier rebondissement spectaculaire en date du 20 février 2016, est marqué par le placement en garde à vue de l’ex-président français. Ceci, d’autant plus qu’en septembre 2016 déjà, De Villepin a été entendu comme témoin même s’il en est sorti sans être mis en cause dans cette affaire scabreuse.
Farid Guellil