Grèves des médecins spécialistes et des résidents : Le Syndicat des praticiens se démarque

Le Syndicat national des Praticiens spécialistes de la Santé publique (SNPSSP), s’est démarqué de la grève cyclique à laquelle à appelé le Collectif autonome des médecins spécialistes algériens (CAMSA), pour les 28 et 29 mars prochains, tout en s’attaquant au Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) en estimant que celui-ci n’a pas à débattre de la question du service civil, étant donné que celui-ci concerne les médecins ayant décroché le statut de «spécialiste». Lors d’une conférence de presse, animée, avant-hier, au siège du syndicat à Hussein Dey (Alger), le Dr Mohamed Yousfi président du SNPSSP est revenu sur les mouvements de débrayages ayant secoué le secteur de la santé. Mais contrairement aux autres syndicats ayant exprimé leur soutien aux médecins résidents, le Dr Yousfi est d’un autre avis. En effet, le président de ce syndicat s’en est pris au Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA), lui contestant le droit de négocier avec la tutelle la question du service civil. «Ce sont les médecins praticiens spécialistes qui sont concernés par ledit service et non pas les résidents qui n’ont pas encore le statut de spécialistes», argumente le président du SNPSSP. Soulignant que son syndicat est le «seul interlocuteur» de la tutelle s’agissant de ce dossier, le Dr Yousfi qualifie l’attitude des médecins résidents de «trompeuse» vis-à-vis de l’opinion publique. Le président du SNPSSP va jusqu’à déplorer que le ministère de la Santé ait accepté d’en discuter avec le collectif. Rappelons à cet effet, que les médecins résidents, en grève illimitée depuis décembre dernier, réclament la suppression du caractère obligatoire du service civil.
D’ailleurs, le syndicaliste a fait savoir que le SNPSSP a proposé l’abrogation progressive du service civil et son remplacement par des mesures incitatives. Pour ce qui est de la grève à laquelle a appelé le CAMSA, le Dr Yousfi a précisé que « les spécialistes ne sont pas concernés» par celle-ci. Se prononçant contre l’appel à la grève nationale initiée par le Collectif, le syndicaliste rappelle que le Camsa n’a toujours pas obtenu d’agrément.
Sur un autre plan, on apprendra que la situation socioprofessionnelle des praticiens spécialistes de la santé publique n’est pas alarmante, aux dires du président du syndicat de ce corps de santé, le Snpssp. En effet, le président du Snpssp a souligné, à cette occasion, que les spécialistes du secteur public de la santé «ont bénéficié de plusieurs acquis» ces dernières années. S’attardant à énumérer «les acquis arrachés», depuis la création du Snpssp en 1993, le Dr Yousfi a précisé que le syndicat s’est éclipsé de la scène pour laisser place au dialogue et à la concertation avec les pouvoirs publics, et ce, depuis fin 2013, ce qui a abouti à «la réhabilitation du spécialiste dans sa carrière professionnelle à travers notamment l’amélioration des conditions de son exercice ainsi que de son salaire, lequel est passé de 12.000 DA en 2002 à 80.000 DA actuellement, même si ce dernier demeure insuffisant».
Le Snpssp a pu, aussi, obtenir de la tutelle l’organisation de deux concours de post-graduation, depuis 2013, pour les grades de spécialiste principal et de spécialiste en chef, le troisième étant en préparation et est prévu pour avant fin juin, a ajouté le Dr Yousfi.
Il s’est félicité, par ailleurs, de ce que le spécialiste de la santé publique soit désormais considéré dans l’ensemble des comités nationaux du secteur, avant de faire savoir que la révision de la prime d’incitation est sur la table du Premier ministre et devra être tranchée prochainement. Tous les partenaires sociaux et syndicats ont été associés à l’élaboration de la nouvelle loi sanitaire qui est appelée à être débattue par le Parlement, a-t-il par ailleurs déclaré, avant de rappeler les deux réserves émises par son syndicat concernant ce texte. Parmi les points soulevés, le Dr Yousfi note l’annulation de l’activité complémentaire, non pas dans le principe, mais parce que les grade-fous nécessaires à son application ne sont pas réunis.
Lamia Boufassa