Oued Kniss

DES RUES ET DES QUARTIERS NOYÉS DANS L’EAU : 12 points noirs exposés à des inondations dans la Capitale

Après les inondations qui ont touché plusieurs wilayas du pays, en raison des fortes pluies qui se sont abattues, causant encore une fois, des pertes humaines et des dégâts matériels, Alger, la Capitale, s’est réveillée, hier matin, sur un scénario chaotique, du déjà vu et vécu, notamment en 2018 et 2019, suite aux averses de la nuit de lundi à mardi. Il est déplorable de voir que les alertes et les Bulletins météo spéciaux des services de la métrologies (BMS) n’amènent pas les responsables locaux (APC-wilayas) à anticiper pour éviter aux citoyens des wilayas touchées par les inondations, ces derniers jours, dont, hier, ceux d’Alger, d’avoir les pieds dans l’eau et la boue, à chaque fois que le ciel grisaille, à chaque saison. Des chutes de pluies même, si le BMS annonce leur arrivée, nos villes et campagnes ainsi que la capitale Alger se retrouvent submergées et noyées, d’une manière récurrente, dans les eaux d’averses, en saison hivernale ou pas, en l’absence de réelle prise en compte des expériences et de ses enseignements, de la catastrophe causée par les inondations de Bab El-Oued en novembre 2001. S’il y a une année les fortes pluies qui se sont abattues dans la soirée du 1er septembre 2019, ont provoqué des inondations au niveau de plusieurs quartiers et banlieues de la capitale, Place Audin, Bir-Mourad Raïs, qui ne se rappelle pas des stations de métro submergées par les eaux, un an après, Alger s’est réveillée, hier, sur les dégâts des inondations et la paralysie du trafic routier, à cause une fois de plus, de pluies d’automne, faisant craindre le pire, l’hiver prochain, pour nos villes et campagnes, si rien n’est fait selon les exigences de l’anticipation. Si une catastrophe de ce type ou celles vécues par le pays, séisme de Boumerdes –Alger, en 2003, inondations de Bab-El-Oued, novembre 2001, Béchar septembre 2019, Constantine août 2019, Tamanrasset août 2018 et à l’ouest du pays, mai dernier, pour ne citer qu’elles. Les experts et spécialistes en matière de prévention et de gestion des catastrophes s’expriment sur les causes à l’origine de cet état de fait, en brossant les raisons les plus en vue, nombreux seront ceux qui pointeront du doigt la non prise en compte, de nombreuses études et recommandations issues des rencontres initiées par les pouvoirs publics, restées dans les tiroirs. En novembre 2018  la directrice de l’Assainissement et de la protection de l’environnement auprès du ministère des Ressources en eau, évoquant l’étude financée par l’UE dans le cadre de la coopération Algérie-UE/Programme d’appui au secteur de l’eau et de l’Assainissement EAU II, sur la stratégie nationale de lutte contre les inondations, cette étude « avait permis l’identification de 689 sites comme étant exposés aux inondations pour avoir déjà connu des évènements dommageables répertoriés ». Il a été décidé, en ce même mois, selon la même responsable, «  de prendre en charge en priorité 233 sites qui sont exposés à un risque élevé dont 24 présentent un risque extrême et 61 présentent un très haut risque et 148 à haut risque ». S’agissant des 233 zones à risques, un Plan d’action interministériel pour la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de lutte contre les inondations a été mis en œuvre et ce plan d’action interministériel, selon la même source, «englobe 158 actions d’ordres organisationnelles, juridiques et techniques ».

DES ÉTUDES ET DES RECOMMANDATIONS POUR PRÉVENIR LES RISQUES D’INNONDATIONS
L’existence d’un programme «préventif» mettant à contribution l’ensemble des opérateurs concernés afin de curer les réseaux d’assainissement et de les préparer ainsi aux périodes de crue, il est plus qu’urgent de prendre en charge sérieusement ce programme, notamment par son exécution d’une manière effective pour passer d’une situation d’’inondations récurrentes et répétitives à celle pouvant survenir et nous surprendre exceptionnellement. Et c’est ce manque de sens de responsabilité, d’anticipation et de meilleure gestion qui fait défaut, à ce jour, et peine à être intégré dans le plan de travail des responsables locaux, notamment ceux en charge de dégager, mettre en exécution et suivre ce plan de travail, pour éviter de pareilles situations chaotiques, qui reviennent dès le retour des pluies après les grandes chaleurs. L’établissement de maintenance des réseaux routiers et d’assainissement d’Alger, (Asrout), indiquant en octobre 2018, qu’Alger compte 12 points noirs, situés dans les régions basses des communes de Sidi M’hamed, Hussein Dey, Bab El Oued, la Casbah, El Harrach, Bouzareah et Bir Mourad Raïs, au regard de l’ampleur des inondations d’hier et des dégâts occasionnés, il est à se demander si ne serait-ce que ces 12 points précités, avaient fait l’objet, par mesure de prévention et d’anticipation d’opérations régulières de contrôle et d’assainissement, ces dernières semaines. Il est difficile de conclure que c’était le cas, quand on voit le niveau d’eau submergeant les quatre mètres de la hauteur de la trémie, sise au Chemin Fernane Hanafi, Nul n’ignore, que l’évacuation des eaux de pluies dans ce type d’infrastructure, se fait par des pompes, et si celles-ci sont à l’arrêt, les dégâts suivent. Le bon sens qui souvent fait défaut, chez les responsables locaux, dans leur gestion des affaires de la cité, notamment en matière de développement d’urbanisme,de gestion des espaces publics, de préservation des espaces verts, de programmes de nettoyages, de collectes des ordures, d’assainissement et de réfections des routes et des trottoirs, ainsi de permettre des constructions ici et là, sans le suivi en matière de respect de la règlementation, des chantiers à l’arrêt, de langues années en sont des raisons parmi d’autres, à l’origine des inondations récurrentes, d’Alger et d’autres villes du pays. En octobre 2018, l’Établissement Asrout a indiqué qu’Alger compte près de 15.000 regards pour éviter le mélange de la terre avec l’eau potable, déclarant, que ses services ont procédé, « au nettoiement de 6393 regards, soit 45 % du totale ». Par ailleurs, en plus de l’absence d’anticipation pour éviter des situations d’inondations répétitives, en l’espace d’une année, à Alger, comme dans d’autres wilaya du pays, les services de la Protection civile, les premiers sur le front dans ce genre de situation, son directeur de l’information, et des statistique, le colonel Farouk Achour a fait savoir, le 11 aout dernier, « il y a lieu de revoir la réglementation en moyens de prévention et de lutte contre les risques majeurs ». Poursuivant, il citera dans ses déclarations à la radio Chaine 3, non seulement risques majeurs des séismes et ou d’accidents industriels, mais aussi « les inondations en période hivernale, demandant l’intervention de moyens appropriés à leur nature » a-t-il précisé. Il est à noter que sur les 12 points noirs précités, la commune de Sidi M’hamed compte 3 points noirs au niveau de la place du 1er mai, Boulevard de l’ALN, qui s’étend vers la promenade des « Sablettes » et la gare d’Alger, alors que la commune de Bab El Oued souffre d’un point noir au niveau du boulevard Commandant Mira . S’agissant de la commune de la Casbah , elle compte un site exposé aux inondations, qui s’étend de la gare d’Alger vers la Pêcherie. Quant au point le plus dangereux, celui-ci se situe, selon Asrout, à Hussein Dey, au niveau de la rue Tripoli où se trouve la voie du tramway, outre d’autres points au niveau des communes d’El Harrach, Bouzareah et Bir Mourad Raïs.
Karima Bennour