Maroc

Aggravation de la pandémie de Coronavirus au Maroc : Casa devient « cité interdite »

En prise à la mauvaise gestion, et à une corruption endémique, le Maroc a très mal géré la difficile phase du confinement planétaire. Résultat : il fait face aujourd’hui à une résurgence de cette épidémie, ce qui ruine définitivement les chances minimes qu’il avait de sauver sa saison touristique. Une sévère crise économique et sociale se profile donc à l’horizon, allant jusqu’à menacer le devenir de ce royaume.

Rien ne va plus au royaume chérifien. Touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19, il se retrouve dans l’impérieuse obligation d’imposer une totale quarantaine à certaines de ses métropoles, dont Casablanca, capitale économique de ce pays. Le coup dur que voici est d’autant plus difficile à supporter qu’il intervient au moment où il s’apprêtait à redémarrer cahin-caha sa saison touristique, bien assez compromise sans cela. Or, avec un tourisme en berne depuis le mois de mars passé, une très grave crise sociale et économique puisque cette activité constitue le plus clair de ses revenus, hormis le trafic de drogue. Pour avoir un aperçu sur la gravité de cette situation, que les médias et les responsables tentent de minimiser, un simple survol des médias hexagonaux suffit à s’en faire une idée plus précise. « Désormais, nul ne peut entrer ou sortir de la ville. Les déplacements de ou vers Casablanca sont soumis à une autorisation spéciale délivrée par les autorités locales marocaines. Alors que ce lundi 7 septembre est jour de rentrée scolaire dans le royaume, tous les établissements de Casablanca, du primaire à l’université, resteront fermés », écrit notamment « France-Inter » dans son édition datée de la veille. Il ajout même « qu’un couvre-feu sera appliqué entre 22h et 5h du matin. Seuls pourront s’en affranchir les employés des secteurs vitaux comme la santé, l’énergie ou les transports ». C’est dire que le Maroc est en train de vivre un véritable enfer, au moment où tous les citoyens du restant de la planète renouent avec une vie presque normale, si l’on excepte les mesures barrières devenues la règle d’usage depuis l’apparition de cette pandémie au mois de mars passé. Même la MAP, l’agence de presse officielle marocaine, a fini par renoncer à grimer ce constat devenu flagrant désormais. Elle est même allée jusqu’à citer le ministre marocain de la Santé, Khalid Aït Taleb, pour qui « des mesures drastiques s’imposent. « faute de quoi, nous risquons d’être submergés par le virus », a-t-il également admis. Dimanche 6 septembre, un record de contaminations a été enregistré au Maroc avec 2 234 nouveaux cas, dont 42% pour la seule agglomération de Casablanca qui compte 3,3 millions d’habitant. Inutile de dire que Rabat, Marrakech et, même Agadir n’échappent pas à cet inquiétant constat. Au point où le roi Mohamed VI en personne, que l’on dit « gravement malade », a rompu le silence pour appeler ses sujets à faire montre de plus de civisme sous peine de subir des mesures restrictives encore plus contraignantes. Sale temps pour Mohamed VI !
Mohamed Abdoun