Des labos aux frontières 

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Le processus est lancé. Les deux premiers laboratoires aux frontières ont été inaugurés dans la capitale, samedi dernier, par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. L’un au port et l’autre à l’aéroport international. Ils sont rattachés au Centre algérien du contrôle de la qualité et de l’emballage (CACQE) qui est sous la tutelle du ministère du Commerce intérieur depuis 2003. Jusque là, il gérait des laboratoires situés à l’intérieur du territoire national. Ceux de samedi ont cette particularité d’être placés aux entrées du pays. Ils viennent renforcer les capacités de contrôle du CACQE. À terme, tous les ports et aéroports du pays se verront dotés de laboratoires à l’identique de ceux de samedi dernier. Le président Tebboune a ordonné leur création et défini leurs missions, lors du Conseil des ministres du 7 juin dernier. Il s’agit « d’assurer le contrôle des produits destinés à la consommation » dès leur entrée sur le territoire national. Ces deux labos ont été réalisés en un temps record par l’établissement central de construction (ECC), relevant du ministère de la défense national. Chacun de ces laboratoires à une capacité de 190 analyses/jour. Au-delà de cette « fiche technique », la protection des consommateurs, de la faune et de la flore, est placée « en tête des priorités ». Lors du même Conseil des ministres du 7 juin, le Président Tebboune  « a ordonné la mise en place d’équipes spécialisées, formées par le ministère de l’Enseignement supérieur et, (ensuite gérées) par le ministère du Commerce intérieur, chargées de contrôler les produits destinés à la consommation lors de leur transport sur les routes, en coordination avec les services de sécurité ». Un maillage hermétique. Si la communication institutionnelle spécifie que la cible est « l’importation », il y a tout lieu de penser que les produits alimentaires, cosmétiques, et autres, transportés dans leurs bagages par les voyageurs, le sont également. Dans tous les grands pays des restrictions touchent ces produits de consommation que les voyageurs transportent avec eux lors de leurs arrivées aux ports et aéroports. L’Australie et la Nouvelle Zélande sont les plus sévères. Il est formellement interdit aux voyageurs d’introduire des produits à base de viande ou de lait, les fruits et légumes, etc. Tout manquement est sanctionné par l’expulsion pure et simple. Les États-Unis aussi mais en plus souple puisque la sanction se « limite » à de fortes amendes. Le Canada, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne sont dans la même intransigeance. L’Algérie n’est pas en reste. Tous les produits interdits dans ces grands pays, le sont également en Algérie. L’implantation des laboratoires de contrôle « à portée de main » des douaniers s’explique par un renforcement du dispositif classique qui a l’inconvénient d’être loin des infrastructures d’accueil des voyageurs. Notre protection et celle de notre environnement contre les bactéries « venues d’ailleurs » se renforcent. Il ne reste plus qu’à renforcer les sanctions en cas de résultats positifs des labos ! 

Zouhir Mebarki