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Des « dépassements » dans le durcissement des mesures d’octroi de visas aux Algériens : Messahel s’en tient aux protocoles signés entre Alger et Paris

Le ministre des Affaires étrangers, Abdelkader Messahel, est revenu, dans des déclarations à la Radio publique jeudi dernier, sur la question du durcissement des procédures d’octroi de visas aux algériens désirant se rendre dans les pays de l’Union européenne (UE). Messahel a assuré que « nous avons des accords avec des pays européens.

Les choses se passent normalement, les demandes se font, les visas sont accordés». Alors que jusqu’ici, les projecteurs sont braqués sur le nombre grandissant de demandeurs algériens qui voient leurs demandes de visas refusées ou rencontrant des difficultés pour obtenir cette autorisation pour se rendre légalement dans l’autre rive de méditerranée, il s’agissait, pour Messahel, d’afficher son souci quant à d’éventuels «dépassements». «Il y a parfois des dépassements. Nous sommes en train de les gérer d’une manière à préserver la dignité humaine et la dignité des Algériens», a-t-il martelé, tout en assumant que les pays sont libres dans la définition des politiques migratoires qu’ils considèrent juste. Dans son argumentaire, Messahel a d’abord reconnu que ces « dépassements» sont motivés par les «politiques protectionnistes menées par certains pays ». La crise de migration clandestine vers l’UE et le nombre grandissant de réfugiés demandeurs d’asile ne cessent de susciter un débat enflammé et des divergences entre politiques et dirigeants des pays européens. La montée de courants populistes et radicaux ont encouragé des « politiques d’enfermement » dans ces pays, alors que des pays comme la Hongrie et la Pologne menacent clairement de se retirer des accords et chartes européens sur l’accueil des migrants. L’Algérie a refusé récemment l’installation de centres de rétention de migrants sur son territoire pour empêcher les migrants, en provenance de l’Afrique subsaharienne d’atteindre les rives européennes. En cause : ces mesures sont «artificielles» et ne touchent pas au fond du problème.
«Lorsque vous avez le phénomène de la migration clandestine vers l’Europe, il faut réfléchir sur toutes les mesures qui ont été prises pour que l’Europe se referme. Des mesures prises pour décourager le phénomène de la migration clandestine. Mais il faut s’attaquer aux causes. S’il y a un minimum que la jeunesse en Afrique reste chez elle, elle le fera», a souligné Messahel. Depuis le début de l’année, les algériens sont scandalisés par le nombre de refus répétitif de leur octroyer les visas vers la France et l’Espagne notamment. La semaine dernière, le consulat général de France à Alger a annoncé, via son site officiel, des augmentations sur les tarifs de ses prestations de délivrance de visas. Le gouvernement français a instauré des lois très restrictives sur l’octroi de visas afin de prévenir notamment contre leur détournement de leur objet initial. Les autorités françaises dénonçaient des détenteurs de visas de séjours touristiques, mais qui restent en France après l’expiration de leurs visas.Dans un rapport présenté devant le sénat français en mai dernier, le directeur central de la police française des frontières, Fernand Gontier, a en effet appelé à durcir les conditions d’octroi des visas aux algériens, notamment à cause du grand nombre d’immigrés de nationalité algérienne qui vivent illégalement sur le sol français. «Les Algériens représentent la deuxième communauté la plus importante en situation irrégulière sur notre territoire. Nous effectuons plus de 10 000 interpellations par an. Beaucoup d’Algériens arrivent avec des visas mais ne repartent plus. Le directeur général des étrangers en France s’occupe de ce dossier», a-t-il suggéré.
Hamid Mecheri