Migrants

Derrière une salve de critique à l’égard de l’Algérie sur le traitement des migrants subsahariens : Ces ONG qui se trompent de cible

Au moment où une effervescente remontée de leaders européens populistes prônent ouvertement des politiques racistes, anti-immigrations et anti-réfugiés, une salve de critiques est dirigée, d’une manière surprenante, vers des pays, dont l’Algérie, qui ont toujours aidé à dénouer cette crise.

En effet, récemment plusieurs ONG ont évoqué «une recrudescence des rafles et des déportations» de migrants subsahariens arrivés clandestinement en Algérie. Néanmoins, force est de s’interroger sur le pourquoi d’attaques qui ciblent l’Algérie? Les ONG et les organisations se proclamant humanitaires auront plutôt à gagner s’ils commencent à enquêter sur les responsabilités et ceux qui ont provoqué les vagues de flux migratoires après avoir détruit leurs foyers et donc leurs patries. Une politique de deux poids deux mesures, qui était loin d’être au goût de l’Algérie, elle qui a fait du dossier une préoccupation première mais qui reste indissociable du fait sécuritaire. Réagissant sur ces attaques injustifiées, le Croissant ٍouge algérien (CRA) a déploré «la campagne de dénigrement contre l’Algérie» menée par certaines ONG qui accusent les pouvoirs publics de «rapatriements arbitraires» de migrants illégaux subsahariens. « Ces ONG qui accusent l’Algérie de rapatriements arbitraires de migrants illégaux subsahariens, se trompent de cible, car notre pays est mieux placé que quiconque pour être accusé de mauvais traitements envers ces personnes déplacées », a déclaré hier à l’APS, Saïda Benhabilès, présidente dU CRA. Dans leurs rapports outrecuidants, plusieurs ONG ont en effet fait état de «campagne généralisée d’arrestations arbitraires, suivies d’expulsions collectives et massives », depuis le début de l’année 2018. Une prétendue campagne, selon ces ONG, touchضnt l’ensemble des migrants originaires de l’Afrique subsaharienne, se trouvant sur le territoire national et répondant à de différentes nationalités : Guinéens, Burkinabais, Béninois, Maliens, Ivoiriens, Sénégalais, Nigérians, Libériens, Camerounais ou Sierra-Léonais. Les mêmes ONG accusent l’Algérie de procéder à «des refoulements aux frontières sans aucune décision de justice», en «contradiction» avec le droit international des droits de l’Homme. Plus de 1 500 migrants auraient été «expulsés» au cours de ces dernières semaines et «abandonnés à leurs sorts» lors d’opérations «entachées d’abus». Tels sont donc les arguments farfelus mis en avant par ces ONG pour mettre encore une fois l’Algérie dans le viseur. Face à ces élucubrations, la présidente du CRA a regretté, notamment, le fait que « les souffrances de ces personnes déplacées soient exploitées à des fins politiques et partisanes ». L’Algérie n’est certainement pas le pire exemple dans le rapatriement des migrants clandestins pour des soucis sécuritaires et économiques. Le président américain Donald Trump a surpris tout le monde l’année dernière après avoir annoncé son très controversé décret hostile à l’immigration – notamment en provenance de l’Amérique latine – pour restreindre l’entrée aux États Unis. Les scandales sur les droits d’asile en Allemagne et les rapports médiatiques choquants sur la situation des migrants illégaux malmenés et surexploités en France ne feront certainement pas réjouir les donneurs de leçons, notamment ces gouvernements de l’UE. « Au lieu de dénigrer l’Algérie, qui a toujours travaillé conformément au droit humanitaire international, ces ONG devraient plutôt chercher qui a provoqué ce désastre humanitaire et qui est derrière ces flux de migrants», a rappelé Benhabilès. Avant de devenir un pays d’accueil pour les migrants, l’Algérie était un important pays de transit et de passage des populations en situation irrégulière vers les destinations nord au vu de ses particularités géographiques. Après l’avènement du bouleversement de la Lybie, suite à l’intervention militaire française et la chute d’El Gueddafi en 2011, une tragédie humaine et humanitaire a pris naissance. Cette situation de non-droit a été également non sans impacter les pays voisins immédiats, dont l’Algérie, qui a été contrainte à subir les conséquences d’une guerre à laquelle elle ne s’est jamais associée comme le lui impose sa doctrine militaire qui rejette toute forme d’ingérence en dehors de ses frontières. Aujourd’hui, une moyenne de 90 000 migrants clandestins arrivent chaque année en Algérie. Une «véritable préoccupation» pour les autorités publiques, a révélé récemment Hacene Kacimi, directeur chargé de la migration au ministère de l’Intérieur. Durant les cinq dernières années, le nombre des migrants a connu une «hausse considérable et inquiétante pour dépasser les 400 000 personnes», avait-il relevé, considérant ce phénomène comme «une véritable préoccupation pour les autorités aussi bien sécuritaires que politiques». Kacimi avait fait observer que l’Algérie « n’est plus dans une situation de flux migratoire, mais de déplacements massifs de populations», tout en se demandant s’il existait un pays dans le monde «qui pourrait accepter un tel flux de clandestins sur son territoire».
Hamid Mecheri