Biden-Trump

DERNIER QUART D’HEURE DE LA NUIT ÉLECTORALE AMÉRICAINE : Donald Trump ou Joe Biden ?

Même si la récente enquête d’opinion du New York Times et du Sienna College, publiée dimanche dernier, sur la présidentielle américaine, disputée, entre le président sortant Donald Trump et Joe Biden, l’ex-vice-président de la Maison Blanche, montrait le démocrate Biden en avance sur Trump dans quatre États décisifs : Pennsylvanie, Arizona, Floride et Wisconsin, des États ayant voté en 2016, pour le républicain Trump, les observateurs ont invité à la prudence, citant l’exemple de son triomphe « surprise » en 2016 sur la candidate Hillary Clinton, donnée alors gagnante par la majorité des sondages.

La présidentielle américaine, à près d’un quart d’heure de sa fin, dans la nuit du 3 au 4 novembre a été bousculé cette fois-ci , par une actualité aux impacts, non seulement sur le cours de la course des deux candidats à la Maison blanche, mais sur les années à venir, de la première puissance mondiale. Il s’agit des impacts considérables sur les américains, de l’étendue de la propagation du virus covid-19, le pays compte plus de
9 474 000 contaminations depuis le début de la pandémie, et 406 morts en ces dernières 24h, soit 236 473 décès au total et la presse américaine parle de 3e vague. Sur un autre plan, la gestion non responsable de Trump et de son staff de cette pandémie et ces conséquences sur la vie socio-économique. Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis sont reparties à la hausse, le 15 octobre dernier. Les médias américains indiquaient qu’entre le 4 et le 10 octobre derniers,
898 000 nouvelles personnes ont demandé une allocation, contre 845 000 la semaine précédente. Le nombre d’américains au chômage était de 10 millions entre le 27 septembre et le 3 octobre, contre 11,2 millions la semaine précédente, selon des données révisées en hausse. Au total, ce sont un peu plus de 25 millions de personnes qui sont inscrites pour toucher une aide parce qu’elles sont au chômage, si l’on ajoute ceux qui ont perdu leur emploi ou vu leurs revenus chuter mais ne peuvent pas toucher d’allocation chômage. Concernant l’aide supplémentaire de 600 dollars par semaine, décidée par le gouvernement face à la pandémie de Covid-19, celle-ci s’est arrêtée fin juillet dernier et, depuis, c’est une assistance au montant minoré qui est versée aux Américains, une partie par chaque État fédéré, et l’autre par le gouvernement fédéral et sur les 50 États, 45 seulement ont accepté de mettre la main à la poche et les habitants des cinq autres ne bénéficient pas de cette aide.
L’administration Trump et les démocrates du Congrès discutent, pour rappel, depuis trois mois pour tenter d’adopter un nouveau plan de soutien à l’économie, qui comprendrait un paquet de nouvelles mesures pour les chômeurs. Mais les négociations sont dans l’impasse, sur fond de la campagne électorale de la présidentielle, les deux parties ne sont pas parvenues à s’entendre sur le montant total et sur certaines priorités. Les États-Unis ont comptabilisé, le 25 octobre dernier, un peu plus de 83 000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, surpassant largement le précédent record de 76 843 cas enregistré en 24H, le 17 juillet dernier, lequel était alors considéré comme le pic de la deuxième vague, dans ce pays, et ces derniers jours, le terme de la troisième vague est de plus en plus mentionné, par les spécialistes et les médias américains. À cela s’ajoute la portée et la teneur du mouvement populaire des Black Lives Matter, contre le racisme systémique aux États-Unis, que si le monde et une certaine opinion américaine viennent de découvrir l’atrocité de ses actes et la laideur de son visage, des milliers d’afro-américains, des générations ont continué d’être ses victimes, des décennies après les luttes pacifiques menées par le défunt pasteur Martin Luther King et la militante Angela Davis, pour ne citer qu’eux.
Washington qui, sur le plan international, peine à accepter de nouveaux arrivants sur l’échiquier mondial, après avoir été la seule à demander, depuis les années 90, suite à la chute du mur de Berlin et de l’ex-union soviétique, pour les décideurs américains, dont le lobby militaro-industriel, il leur ait difficile de voir perdre leur place de choix, dans les années à venir. Pour cette nuit électorale, les choses ne vont pas être comme les élections de 2016, où Donald Trump avait été donné vainqueur au petit matin. Cette fois-ci, la donne du vote par correspondance s’invite, obligeant l’attente de l’annonce des résultats de la présidentielle du 3 novembre, aux États-Unis. Et même si le décompte de chaque vote peut prendre plusieurs jours, pour des observateurs, le résultat est « traditionnellement » assez net dès les premières heures de cette matinée.

CRAINTES DE TENSIONS IMPORTANTES APRÈS LE JOUR « J »
C’est sous le signe de tension qui domine la scène américaine, pour les raisons précitées et d’autres, que dans la soirée de mardi à mercredi, le pays retient son souffle, d’autant plus que des observateurs font état d’un niveau de vente d’arme inédit aux États-Unis, depuis ces derniers mois et avertissent sur d’éventuels émeutes voire « guerre civile » dans ce pays. Des commerces de plusieurs villes américaines et non des moindres, pour ne citer que New York et la capitale Washington, se sont déjà barricader par crainte de manifestations et des tensions qui risque de dégénérer. Cette élection a vu déjà, près de 90 millions d’Américains qui avaient déjà voté, à deux jours du jour de l’élection présidentielle américaine, un taux de participation « précoce historique » selon des observateurs et des médias. Sur les réseaux sociaux, des tweets et des images vidéo montrant des magasins barricadés, à l’exemple du tweet d’un américain accompagnant son témoignage par une vidéo, indique que c’est «  à quelques centaines de mètres de la Maison Blanche, c’est toute une partie de Washington qui se barricade, crainte de tensions importantes entre les deux camps » lit-on. Si la mise en doute du vote par correspondance a fait couler beaucoup d’encre aux États-Unis, à quelques heures de la nuit électorale américaine, le président Trump s’est illustré, en annonçant « publiquement » qu’il pourrait « ne pas reconnaître les résultats de cette élection », une déclaration qui ne sera pas sans impact sur ses soutiens, les populistes, conservateurs et les extrémistes, qui ont eu à appeler le président Trump à user de l’armée pour réprimer les manifestations contre le racisme systémique et la violence policière aux États-Unis. Même si le rival de Trump joue sur le capital de son mandat de vice –président de l’ex-président Barak Obama, Joe Biden sait fortement que la bataille présidentielle se joue jusqu’ à la dernière seconde et multiplie ses sorties et déclarations.
À la veille de la grande nuit électorale, l’ex-vice-président américain a pressé le pas, pour se positionner face à ses fans rassemblés dans un de ses meetings, une manière pour Joe Biden d’affirmer son habilité et qu’il est en bonne santé, lui qui aura 78 ans s’il devient Président et prête serment le 20 janvier prochain, alors que son rival, Donald Trump aura quatre ans de moins que lui, à savoir, 74 ans, après avoir été le plus vieux président américain élu pour un premier mandat, en 2016. Si Joe Biden est né le 20 novembre 1942, Donald Trump, lui est né le 14 juin 1946 et l’un des vainqueurs de cette présidentielle américaine, sera un septuagénaire. Rappelons que John Fitzgerald Kennedy avait 44 ans lorsqu’il fut élu le 35e président des États-Unis, Barak Obama lui avait 47 ans, lors de son premier mandat à la tête des États-Unis. Son prédécesseur, George Walker Bush à 48 ans était le 43ème président.
Karima Bennour