Dépréciation du dinar : l’écart se creuse de plus en plus face au dollar et l’euro

Le sujet de la dépréciation du dinar continue d’alimenter l’actualité. Cette dépréciation devrait se poursuivre durant l’année en cours et courant 2016, selon les prévisions de deux banques, BNP El Djazair et Société Générale Algérie, que TSA a pu consulter. En effet, le dollar (USD) pourrait atteindre, fin juin 2016, le taux de 106 dinar, tandis qu’un euro vaudrait jusqu’à 110 dinars.

Une situation qui inquiète de plus en plus la population qui craint une hausse continue des prix de tous les produits, importés ou produits localement. Cette crainte, les citoyens ne l’ont pas connu il y a quelques années. Mais, le sujet devient courant sur toute les bouches malgré les assurances du gouvernement. Avant, le sujet était tabou, même les responsables du gouvernement ne voulaient pas en parler. Malgré que les mots diffèrent d’une personne à l’autre pour décrire les choses: dévaluation, dépréciation, surévaluation….le problème reste le même celui d’un dinar algérien qui dégringole face aux autres monnaies. Aujourd’hui, on ose en parler car il y a l’une des raisons les plus convaincantes celle de la baisse des prix de pétrole. En mai dernier, un responsable auprès de la Banque d’Algérie, a confirmé les faits rappelant que le taux de change du dinar est soumis exclusivement au régime flottant dirigé. Depuis juin 2014, le dinar s’est déprécié, accentuant ses pertes face au dollar suite à la chute de prix de pétrole. Selon les chiffres de la Banque centrale, le taux de change moyen du dinar par rapport au dollar s’établissait à 93,24 DA à la fin mars 2015 contre 77,9 DA une année auparavant. Actuellement il est arrivé à 100 dinars pour 1 dollar.Selon les arguments de la Banque d’Algérie, celle-ci est obligée d’ajuster le taux de change nominal du dinar de façon à ce que le taux de change réel soit à son niveau d’équilibre qui est déterminé par les fondamentaux de l’économie nationale que sont le prix de pétrole, le différentiel de l’inflation et de la productivité entre l’Algérie et ses partenaires étrangers, explique la même source. Sur la différence entre une dépréciation et une dévaluation, les responsables de la Banque d’Algérie estiment qu’il est « insensé » de parler de dévaluation du dinar du moment que le taux de change de ce dernier est soumis au régime flottant dirigé. Autrement dit, le régime flottant dirigé ne peut « cohabiter » avec la dévaluation. En fait, face à cette situation, la Banque d’Algérie cherche l’équilibre entre deux objectifs contradictoires: Freiner les importations et préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Selon les analyses de certains experts, les raisons qui font que l’écart entre le dinar algérien et la monnaie étrangère soit aussi important, s’expliquent par la diminution de l’offre du fait que la crise mondiale, combinée avec le décès de nombreux retraités algériens, a largement épongé l’épargne de l’émigration. Aussi, la forte demande provient de la sphère informelle qui contrôle 40% de la masse monétaire en circulation (avec une concentration au profit d’une minorité rentière) et 65% des segments des différents marchés : fruits et légumes, viandes rouges et blanches, poisson, et à travers l’importation utilisant des petits revendeurs le marché du textile et du cuir. L’écart s’explique par le passage du Remdoc au Credoc, le crédit documentaire, expliquant les mesures d’assouplissement en 2013, qui a largement pénalisé les petites et moyennes entreprises représentant plus de 90% du tissu industriel en déclin (5% dans le PIB). Mais aussi, il s’explique par la faiblesse de la production et de la productivité, l’injection de monnaie sans contreparties productives engendrant l’inflation.
I. B.

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