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De scandales en scandales : Le football algérien s’impose en incontournable invité des rubriques «faits divers»

La violence et le dopage. Deux faces d’une même médaille. Pas belle à voir. En plus des scènes condamnables de bandes de jeunes mettant régulièrement le feu à nos stades que nous sert à en vomir notre football, un phénomène tout aussi grave et entachant une image déjà sensiblement écornée, mine en sourdine une discipline à l’origine de bien des nos peurs. Hichem Cherif El Ouezzani, le jeune milieu du Mouloudia algérois, vient de tomber dans les filets de la désormais traditionnelle séance de l’antidopage succédant à chaque fin de rencontre. Mal servi par le sort (seulement ?), il devrait être invité (au moment où nous rédigions ces lignes la sentence n’était pas encore tombée) à se rhabiller pour les quatre saisons à venir et oublier le précieux air des vestiaires qui fait vivre nos footballeurs. C’est l’air malsain des petites rencontres nocturnes qui a eu raison (on ne le lui souhaite pas) d’une carrière prometteuse. À charge pour lui d’assumer ses responsabilités et se préparer à rebondir.

Pas de… fumée sans feu ?
Merci bien de nous le rappeler. Et de quelle manière. Bien noté. Mais ça fait vraiment mal. Là où il ne fallait pas. Mais, mais, mais, nous dira-t-on. On nous dira, toute honte bue, que c’est désormais un rituel et il ne faut surtout pas en faire une montagne car, dans le football algérien (ce n’est pas les travers qui manquent à des décors hideux invitant sans cesse à la déprime), on a la mémoire courte. La faculté unique de tout effacer. Sans retenir les leçons. En faisant mine de ne rien voir. Merci de le redire. On nous rappelant que face aux «erreurs de jeunesse», il faut se montrer indulgent. Savoir avancer en reculant quitte à faire perdre (quand le ridicule ne tue plus) à la notion de scandale tout son sens. Un joueur qui sniffe ? Ce n’est pas les «ouled familia», comme dirait le petit Cherif El Ouezzani, le rejeton de l’autre qui doit ressentir le coup et met momentanément (il ne manque pourtant pas de sollicitations) sa carrière d’entraîneur entre parenthèses le temps de tirer au clair cette tuile qui lui tombe sur la tête et envoie Hichem, sur lequel il fondait bien des espoirs pour le rejoindre dans la postérité mais coupable de dopage avéré à la cocaïne (un délit grave), au frigo pour un bon bout de temps. Le temps (ça va paraître tellement long, quatre interminables et plus que suffisant pour ne plus reprendre- pardon- langue avec le goût particulier du terrain) de digérer une «faute» plus que grossière. Impardonnable pour n’avoir pas su se prémunir (il avait les moyens pour lui tant sur le plan social avec un salaire à faire saliver d’envie bien des cadres et un papa devenu modèle parmi les modèles à suivre, que sur le plan médiatique ) de ce mal qui tue à petit feu des pans entiers de notre jeunesse. Pour n’avoir, surtout, pas tiré les enseignements des derniers exemples en date qui ont défrayé la chronique (pas du tout) sportive chez nous où le dopage, apparemment érigé en règle, se le dispute aux règlements de comptes violents opposant des groupes de fans rivaux qui ne savent pas pourquoi ils prennent place dans les tribunes, sinon que de casser l’autre quand ils ne déversent pas leur colère sur tout le monde, y compris leur équipe favorite qui n’a pas le droit (c’est du sport ?) de perdre. Remarque tout aussi valable pour ces vedettes en herbe, à peine sortis de l’adolescence et que des salaires mirobolants «corrompent» au point de ne pas comprendre pourquoi ils en sont là à ne rien … (répétition utile) comprendre à leur compte en banque à plusieurs zéros. De l’argent comme s’il en pleuvait et des trajectoires inattendues. Des destins imprévisibles basculant dans le cauchemar. Le pire.
Le «petit» Cherif El Ouezzani, toutefois majeur et vacciné, s’est «trompé» de match (c’est lui qui le dit, non sans dire qu’il le «regrette amèrement» mais il a tout le temps, au minimum 4 années d’éloignement des terrains et, évidemment et à ses immenses regrets, du seul métier qu’il connaît, à l’image de ces centaines de «stars» en carton richement recrutés et écrasés par ces montagnes de billets et un statut mal assumé) de chemin en s’invitant à ces «parties» de nuit où la «chicha» (il le précise et ne comprend pas comment une dose de drogue dure, punissable par la loi avant la justice sportive, s’est retrouvée dans sa dose, la «thèse du complot» qu’il suggère mais ne devrait pas convaincre énormément de monde, son modèle de géniteur en tête, l’exemple parmi les exemples, l’inénarrable Si Tahar qui accuse le coup du sort et aura du mal à s’en remettre lui qui croyait le passage de témoin réussi) fait des ravages.

La pression de toutes les … pressions
Faire mode parmi de jeunes joueurs abandonnés dans la nature et livrés, sans défense, aux méfaits des boîtes de nuit et autres lieux de rendez-vous décidant (n’est-ce les Belaili et autres noms qui ont fini par tomber dans les mailles des contrôles antidopage, quoique le très inspiré Youcef, enfant de la même ville de Hicham, El-Bahia comme on la surnomme à juste titre, ait pu, à force d’abnégation, se remettre sur rails, éviter l’oubli et relancer sa carrière de fort belle manière d’ailleurs) pour certains, de la suite du parcours de nombre (il ne doit pas y en avoir que des pousseurs de ballon, nageant sous les primes et autres salaires à faire pâlir d’envie ces milliers de supporters, pour la plupart oisifs et sans le sou, bravant le danger pour les aider à gagner des matches sur lesquels, au passage, planent de sérieux soupçons de combines) de ces futurs «ambassadeurs» d’un football algérien nageant dans la m…Qui a f… le camp depuis longtemps. Sans espoir d’un retour prochain à la raison. Au plus fort des foires d’empoigne (jamais dénuées d’arrières, pensées chauvines, pour ne pas dire régionalistes et c’est plus dangereux) opposant nos si uniques responsables de clubs à l’affût de la moindre occasion (merci pour nos amis de cette presse complaisant attisant quotidiennement le feu en ouvrant ses colonnes à des faiseurs de miracles et autres apôtres de la division, en plus de cette impunité encourageant les appels à la violence), il ne se passe plus un seul jour sans que le fossé se creuse, la pression montant crescendo à l’approche d’«affiches» se transformant en flops et jouées sous le tempo (une réputation qui colle désespérément à la peau de nos vendeurs de «spectacle», parce qu’entre le jeu insipide produit et les agressions caractérisées où l’on use plus du muscle, et donc de l’intimidation sous l’œil bienveillance d’une majorité d’arbitres qui ne voient rien et n’entendent rien, ou ce qu’ils veulent, ou ce qu’on leur propose de voir, la frontière est souvent ténue, ne tient qu’à un fil avant le grabuge) du «je t’aime moi non plus». Une pression insoutenable qui a eu raison des «convictions» d’un El Ouezzani qui, comme ses prédécesseurs au ban des accusés parce que pris la main dans le sac, aura tout le temps de repenser à cette réunion qui l’a vu (c’est lui qui le dit encore une fois) céder aux démons en s’essayant à un drôle de «jeu» où le perdant… perd gros ? Perd (ce n’’est pas le premier et on peut parier, malheureusement pas le dernier en dépit des campagnes de sensibilisation menées autour d’un fléau aux conséquences désastreuses sur des pans entiers de notre jeunesse, parmi les plus défavorisés en principe) une carrière en plus de son âme ? Perd tout donc? On en reparlera (le nom important peu) à la prochaine affaire. D’ici là, peut-être dès demain, de nouvelles bombes.
D’autres révélations fracassantes. On pourra aussi parler de cas isolés. Qu’il n’ ya pas le feu. Pas de quoi trop s’inquiéter. À titre de meilleur exemple, cette violence ajoutée à la corruption (avérée) qui s’installe dans la durée. Menaces, qui a dit menace ? Faut pas charrier car la situation est «maîtrisée» même si, et du côté même des pouvoirs publics, l’avis, voire le discours, demeure partagé. Merci de nous le rappeler. Dans le noir de préférence. En se piquant, pourquoi pas, pour oublier son quotidien. Merci de nous rappeler que nos footballeurs, comme nombre de nos officiels, ont du mal à se tenir. Sur et en dehors des terrains, mais qu’ils ont le droit de m…der. Méritent le bénéfice de larges circonstances atténuantes. Pendant ce temps-là…
Azzouaou Aghilas