Dans son rapport au Conseil de sécurité sur le Sahara occidental : Guterres exhorte le Maroc et le Front Polisario à se rendre aux pourparlers de Genève

à la veille de la réunion, consacrée aux pays contributeurs des missions de l’Organisation des Nations unies (ONU), du Conseil de sécurité (CS) de l’ONU, prévue mardi prochain, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a demandé de proroger d’un an la mission de l’ONU pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso), dans son rapport sur le Sahara occidental, remis aux membres du CS, mercredi dernier.
Le rapport du secrétaire général de l’ONU, sur le Sahara occidental a été remis aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, la veille, faut-il le noter, du coup d’envoi, jeudi dernier, des travaux de la quatrième commission onusienne, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, dont le Sahara occidental. Dans son rapport demandant aux membres du Conseil de sécurité, de proroger, jusqu’à octobre 2019, le mandat de la Minurso, Antonio Guterres dira que sa requête est pour donner, écrit-t-il, «à mon émissaire, l’espace et le temps nécessaires à la création de conditions permettant au processus politique d’avancer». à ce propos, son envoyé personnel pour le Sahara occidental, Horst Köhler, a adressé, pour rappel, aux deux parties en conflit, le Maroc et le Front Polisario, en l’occurrence, des invitations à des pourparlers, les 5 et 6 décembre prochains, à Genève, en Suisse, en vue de la relance des négociations, pour mettre fin à la dernière question de décolonisation en Afrique, inscrite, à l’ONU et à l’Union africaine (UA). Concernant les pays voisins, l’Algérie et la Mauritanie, deux pays observateurs, dans le cadre des efforts de l’ONU, pour le règlement du conflit entre le Front Polisario et le Maroc, le secrétaire général de l’ONU, « exhorte » les deux parties en conflit précitées, à être présentes, à la réunion de Genève, prévue début décembre prochain, par Köhler, ainsi que les deux pays voisins, l’Algérie et la Mauritanie. Anotonio Guterres écrit, dans son rapport, que « j’exhorte les parties et les voisins à venir à la table de négociations» en indiquant «de bonne foi et sans préconditions » a-t-il précisé. Dans sa réponse à l’invitation de Köhler, sur la réunion début décembre à Genève, le bureau permanent du secrétariat national du Front Polisario a exprimé, « la disponibilité de la partie sahraouie d’assister à la réunion de Genève » dans un communiqué rendu public, mercredi passé, exprimant « l’espoir que cette réunion sera une réelle opportunité de réaliser des progrès tangibles pour sortir de l’impasse actuelle » soulignant «la responsabilité et le rôle du Conseil de sécurité de l’ONU d’exhorter le Maroc à engager des négociations, de bonne foi et sans conditions préalables » conformément aux résolutions du Conseil, dont la résolution 2414. Depuis le lancement du processus onusien, via notamment sa médiation entre le Front Polisario et le Maroc, aboutissant à un cessez-le-feu, en 1991, pour l’organisation du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, en application du droit international, les efforts de l’ONU, ont buté depuis, sur l’obstination de Rabat à ne pas se conformer à la Légalité internationale pour le règlement du conflit qui l’oppose au représentant unique et légitime du peuple sahraoui, le Front Polisario. Une posture du Maroc, qui a pu se manifester, avec notamment un de ses soutiens dans son occupation des territoires sahraouis, la France, membre permanent au Conseil de sécurité. La position marocaine a entravé les processus de règlement pacifique dudit conflit, initiés par l’ONU, via ses émissaires, dont les plus en vue, les diplomates américains, James Baker et plus récemment, le prédécesseur de Köhler, au poste d’envoyé personnel du SG de l’Onu pour le Sahara occidental, Chistopher Ross. Insistant dans son rapport, sur le maintien des conditions pacifiques et stables sur le terrain » le SG de l’ONU relève que ceci « est essentiel pour favoriser une reprise du processus politique » indiquant, plus loin que la mission de la Minurso demeure, écrit-il, «un élément clé des Nations unies pour obtenir une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable» et de recommander que son mandat soit prorogé jusqu’au 31 octobre 2019. La veille de la remise du document de Guterres sur le Sahara occidental, au Conseil de sécurité, le vice-président et rapporteur de la Commission des Affaires étrangères du parlement européen, Anders Primdahl Vistisen a affirmé, mardi dernier, que «la position de l’UE reste de soutenir les efforts de l’ONU pour parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable du conflit du Sahara occidental » et de préciser « sur la base du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et conformément aux résolutions pertinentes de l’ONU», a-t-il souligné.

Karima Bennour