Sofiane Babaci

COUR DE BOUMERDÈS : La liberté refusée pour Sofiane Babaci

La cour de Boumerdès, dans son audience d’hier, a rejeté la demande de libération du jeune ‘’hirakiste’’ Babaci Sofiane. S’appuyant sur l’article 123 du code pénal, les avocats ont plaidé la cause du détenu mais le juge a décidé de maintenir le jeune Sofiane Babaci en prison. Pourtant, ce dernier présente toutes les garanties pour bénéficier de la liberté provisoire formulée par les avocats. Atteint d’une maladie chronique, il poursuit actuellement ses études universitaires et ne présente aucun danger pour la sécurité nationale ont plaidé les avocats tout en affirmant que leur client est un militant pacifique qui n’a jamais eu d’antécédents judiciaires et encore moins d’avoir usé de violences. La défense a prouvé dans ses plaidoiries que le chef d’inculpation relatif à l’atteinte à l’unité nationale et l’intégrité territoriale n’est pas justifié. Pour rappel le jeune Babaci Sofiane a été arrêté lors de la marche nocturne organisée le 26 novembre dernier au niveau de Naciria, sa ville natale. Il a été arrêté par des policiers en civil qui l’ont poussé violemment dans un véhicule au moment où il rejoignait son domicile familial. Transféré du commissariat de Naciria vers le chef-lieu de wilaya avant de le présenter le lendemain, devant le juge qui l’a placé sous mandat de dépôt. Selon son avocat, qui lui a rendu visite en prison, Sofiane a été violenté. Il présente des ecchymoses et des bleus sur son visage et ne pouvait pas se tenir debout à cause de sa jambe cassée a affirmé son avocat. Cette arrestation a soulevé la colère des habitants de Naciria où un élan de solidarité s’est rapidement constitué envers le jeune détenu. Des actions de protestation ont été initiées pour exiger sa libération. Des marches de jour comme de nuit ont été organisées par les habitants pour dénoncer les arrestations arbitraires de jeunes manifestants pacifiques. Inscrits dans la dynamique de la révolution pacifique du 22 février, les citoyens de Naciria ont adhéré massivement au mot d’ordre de grève générale où toute la ville était paralysée hier et avant-hier et se poursuivra, ont affirmé les manifestants qui s’apprêtent à organiser une énième marche pour rejeter les élections présidentielles et exiger la libération de tous les détenus d’opinion dont font partie les deux jeunes de Naciria à savoir Babaci Sofiane et Bacha Bilal arrêté le 21 juin dernier à Alger pour avoir brandi l’emblème amazigh. «Rien ne justifie l’arrestation des manifestants, ni de Sofiane, ni celle de Bilal» s’indignent les citoyens qui s’engagent à poursuivre la manifestation pacifique jusqu’au départ total du système mafieux. «Nous voulons un état civil et démocratique», «non aux élections avec les bandes mafieuses», «Libérez tous les détenus d’opinions», «Un état civil et non militaire», criaient les manifestants.
B. Khider