Dans les grandes soirées africaines, la domination ne garantit jamais la victoire. Le CR Belouizdad l’a appris à ses dépens vendredi soir au stade Nelson-Mandela de Baraki, où réalisme et expérience continentale ont finalement fait la différence au profit du Zamalek SC.
Le CR Belouizdad a manqué une occasion précieuse de prendre une option sur la finale de la Coupe de la Confédération africaine de football en s’inclinant à domicile face aux Égyptiens du Zamalek SC (0-1), en demi-finale aller. Devant leurs supporters, les Rouge et Blanc espéraient poser les bases d’une qualification historique, mais un unique but inscrit à la 28e minute par le Brésilien Juan Alvina Bezerra a suffi aux visiteurs pour repartir avec un avantage important avant le match retour au Caire. Dès le coup d’envoi, les Belouizdadis ont pourtant affiché leurs intentions. Organisation offensive, pressing haut et maîtrise technique ont permis au CRB de contrôler la rencontre. Les statistiques illustrent cette domination avec près de 58 % de possession et un volume de passes largement supérieur à celui du club cairote. Mais contre le cours du jeu, une rare incursion égyptienne a puni une défense algéroise trop permissive, offrant l’ouverture du score au Zamalek. Malgré ce coup dur, les hommes de Laâquiba n’ont pas renoncé. Belhocini, Meziane et Khacef ont tenté d’inquiéter le portier El-Mehdi Soliman, sans réussite. Les Algériens ont totalisé davantage de tirs que leur adversaire, mais une seule tentative cadrée témoigne d’un manque d’efficacité flagrant dans la zone de vérité. À ce niveau de compétition, la moindre approximation se paie immédiatement.
Un réalisme égyptien décisif
Au retour des vestiaires, le CRB a accentué la pression. Le jeu s’est installé dans le camp du Zamalek, contraint de défendre bas et de miser sur les transitions rapides. L’occasion la plus nette est intervenue à la 54e minute lorsque la tête du défenseur Younes Ouassa s’est écrasée sur la transversale, symbolisant la frustration grandissante du public de Baraki. Le tournant du match est survenu à la 67e minute. Abdennour Belhocini pensait remettre les deux équipes à égalité, déclenchant l’explosion des tribunes. Mais après consultation de l’assistance vidéo à l’arbitrage, l’arbitre sud-africain Tom Abongile a annulé le but pour une main préalable. Une décision qui a refroidi l’élan du Chabab et renforcé la solidité défensive du Zamalek, resté fidèle à son plan tactique jusqu’au coup de sifflet final. Dirigé par l’entraîneur intérimaire Salim Sebaâ, nommé après la suspension provisoire de Sead Ramovic, le CRB a tout tenté dans le dernier quart d’heure. Toutefois, l’expérience continentale du club égyptien a parlé. Bien regroupé, le Zamalek a fermé les espaces et géré son avance avec maîtrise, tout en se montrant dangereux en contre-attaque sans parvenir à aggraver le score.
Mission exploit au Caire
Cette défaite complique sérieusement la tâche des Algérois. Pour atteindre la première finale africaine de leur histoire, les Rouge et Blanc devront désormais s’imposer avec au moins deux buts d’écart lors de la manche retour prévue vendredi prochain au stade international du Caire. Une mission difficile, mais pas impossible pour une équipe désormais libérée de toute pression. Le CRB peut nourrir des regrets au regard du contenu proposé. Les occasions ont existé, la domination fut réelle, mais le football continental récompense avant tout l’efficacité et la gestion des moments clés. Le Chabab devra corriger ses lacunes offensives et afficher davantage de réalisme pour espérer renverser la situation en terre égyptienne.
Dans ce type de confrontation, l’histoire rappelle que les exploits naissent souvent des situations les plus complexes. Reste à savoir si les Belouizdadis sauront transformer la frustration de Baraki en force mentale au Caire pour écrire l’une des plus belles pages de leur parcours africain.
Mohamed Amine Toumiat











































