Coronavirus

CONFINEMENT TOTAL EN RAISON DU CORONAVIRUS : L’Algérie un pas en avant, un pas en arrière

Dans ces moments de grande panique mondiale, où la vie de beaucoup de Nations a basculé et le doute s’est « confortablement » installé dans les esprits de la majorité des gens ; après que la pandémie du coronavirus ait « envahi » les quatre coins du globe ; avec son lot de morts au quotidien : La question de quoi faire et comment procéder occupe les esprits du simple citoyen, des décideurs et surtout des scientifiques. C’est la course contre la montre qui a fait que plusieurs pays à travers le monde se précipitent au principe du confinement total pour endiguer l’avancée de ce virus mortel, dont la dernière en date est notre pays voisin, la Tunisie. Mais qu’en est-il réellement de l’Algérie ? Par le biais de l’État, elle se « confine », jusque-là, dans les demi-mesures, en période d’extrême urgence. N’y a-t-il pas le feu pour ne pas passer au confinement total, alors que le pays est à la porte de la troisième phase ?
Sur quatre-vingt-dix contaminations au coronavirus, le pays a enregistré 12 décès, soit à la tête du podium en matière de mortalité, qui a mis à nu la fragilité de notre système de Santé, et le confinement n’est toujours pas à l’ordre du jour de nos autorités. Qu’en est-il de la réquisition de toutes les cliniques privées qui disposent de matériels ultrasophistiqués pour anticiper à une éventuelle propagation du virus qui, jusqu’à aujourd’hui, a touché dix-sept wilayas ? Qu’en est-il des moyens mis à la disposition des professionnels de la santé qui, de l’avis même de ce personnel, manquaient, de moyens de prévention et de matériels nécessaires pour la prise en charge des malades entre appareils respiratoires, lits et autres ?
Qu’attendent les hautes autorités pour faire intervenir l’Armée pour mettre en place, et en amont, des tentes de confinement à travers le pays, dotées de matériels nécessaires et appuyer par le staff sanitaire militaire pour accueillir d’éventuels nouveaux cas de contaminations dans le pays ? Pourquoi ne pas solliciter l’aide de nos hommes d’affaires pour contribuer financièrement et matériellement pour faire face à cette menace sur la santé publique ? Pourquoi les hôpitaux et autres centres de soins à l’abondant à l’instar de l’établissement de Aïn Defla, fermé lors de la décennie noire, n’ont pas été restaurés dès que le virus ait atterri en Europe, pour servir en ces moments du grand besoin ? Telles sont entre autres les questions aux-quelles devraient répondre les pouvoirs publics une fois la tempête passée. Toutes les mesures prises jusque là sont arrivées «  tardivement ». Loin de l’alarmisme et des situations de panique qui ne servent à rien d’ailleurs, les décisions sont adoptées  une fois le ver dans le fruit. N’est-t-il pas alors plus judicieux de confiner les personnes venues des pays à risque, alors que tous les cas enregistrés à l’époque sont des cas importés ? Le retard dans la prise de mesures, fermeture des écoles, l’attente d’une Fetwa pour fermer les mosquées, gel de tous transports, absence de mesures concrètes pour les régions affectées pour circonscrire le virus, sont la parfaite illustration de la léthargie et surtout du manque du courage politique de nos responsables de procéder à des prises de décisions fermes en tant que force publique.
Il est du devoir de tout un chacun de contribuer, en épousant les mesures de prévention, pour sortir vainqueur de cette épreuve difficile. La population peut s’organiser en comités de quartiers, versés dans la sensibilisation et campagne de solidarité pour aider l’État dans ses démarches. Mais il est aussi de la responsabilité des autorités de préserver la vie de ces concitoyens à travers la mise en place de tous les moyens nécessaires dans les établissements sanitaires et auprès du personnel médical et des malades. De même, pour l’impératif d’adopter des mesures drastiques, avec la force dissuasive de tous contrevenants à l’ordre établi pour maîtriser la situation sans trop de dégât.
La décision de confinement, qu’il soit régional ou de toute la population, doit être décidé par les autorités après consultation des experts médicaux, en raison de situations particulières qui doivent être prises en considérations dans le planning, notamment la prise en charge des personnes à risques (âgées et/ou malades chroniques, retraités) en soins, en approvisionnement en denrées alimentaires, retrait de pensions de retraite, payement des factures. Et non seulement : Si le pouvoir décide de suspendre tous le trafic routier, il faut penser aussi aux moyens de transport à mettre à la disposition des professionnels de la santé- faute de quoi les hôpitaux seront privés du personnel médical- et par ricochet, la prise en charge des malades sera inévitablement affectée.
La Chine, réservoir autochtone du virus, a réussi a remonté la pente, en dépit des pertes humaines engendrées. La courbe de contamination est actuellement en décroissance et la pandémie est presque maîtrisée dans le pays, dont le mérite revient aux autorités comme au civisme de la population. Dans sa dernière déclaration, le président de la République, Abdelmadjid Tebboubne, s’est voulu rassurant, quant aux moyens dont dispose le pays, si jamais on passe à la phase trois, en évoquant le recours aux moyens de l’Armée nationale populaire (ANP), capable d’apporter son aide à travers des hôpitaux de campagne et des capacités humaines telles que les médecins, spécialistes, corps paramédical et ambulances ». Mais la vraie question c’est de savoir la façon avec laquelle ont été gérées les deux premières phases qui, il faut le dire, ont démontré leur limite, en raison justement de l’absence de l’audace politique dans ce genre de situation où l’État doit être au premier rang : non pas par des déclarations ou données chiffrées contradictoires, mais avec des vérités sur la situation, des décisions fermes et responsables, à même de rétablir la confiance entre les gouvernés et gouvernants, condition sine qua non, pour la réussite de toute entreprise qui relève de l’intérêt général.
L’information en temps de crise joue un rôle primordial pour juguler la propagation de la pandémie ou autre situation délicate, de par sa crédibilité et le temps réel de diffusion dans différents supports, avec des langues accessibles à tous et de courte durée pour ne pas nager dans le vague.
Brahim Oubellil