Appareil de Projection - Ciné-ANNASR

CINÉMATHÈQUE ALGÉRIENNE À CONSTANTINE : La salle de répertoire An-Nasr rouvrira à l’occasion de « Youm El Ilm »

Il y a une quinzaine de jours était évoquée, dans ces mêmes colonnes, la probable réouverture du cinéma An-Nasr, salle de répertoire de la Cinémathèque algérienne à Constantine.

À la même période, joint au téléphone, Salim Aggar, en l’occurrence directeur de la Cinémathèque algérienne, ne s’est pas voulu affirmatif quant à la date précise de la remise en exploitation d’une salle qui fait partie intégrante de la mémoire collective locale, autant pour les assidus des salles obscures et plus particulièrement les cinéphiles, que les habitants de la vieille ville. Car, est-il important de le souligner, la salle qui a pignon sur rue sur la partie européenne de la ville n’en est pas moins située à la lisière de celle plus vieille remontant au début de la colonisation et habitée non sans grande harmonie par des populations juives et musulmanes.
Particularisée par de successives opérations de réhabilitation, dont il est impossible de comprendre les raisons et en même temps d’obtenir des explications plausibles auprès des pouvoirs publics locaux et centraux, la cinémathèque An-Nasr a cessé toute activité à la fin des années 90. Une première restauration a permis sa réouverture en mai 2003, pour refermer d’abord pour refus de délivrance du procès-verbal de conformité (document sine qua non) par les services de la protection civile et ensuite pour absence d’équipement de projection (cabine).
Celle initiale avait été transférée au titre de dépannage d’une salle dans une autre wilaya. Le renouvellement de l’équipement qui interviendra au milieu des années 2000 relève carrément du burlesque, dans la mesure où le nouvel appareil ne répondait pas aux normes puisqu’il avait été prélevé sur un ciné-mobile du temps de la révolution culturelle. Et de cette période à nos jours, plus aucun équipement ne sera débarqué à Constantine. Le personnel, une dizaine d’agents environ entre projectionnistes, veilleurs de nuit et une femme de ménage sera payé pendant 20 années afin de faire valoir ses droits à la retraite , et plus pittoresque encore, en occupant ailleurs une autre activité rémunérée, voire pour d’autres une activité commerciale.
En 2010, et à hauteur d’une salle qui ne fonctionne toujours pas et ne remplit aucunement les conditions d’exploitation est affecté un conseiller culturel chargé d’en relancer les activités. En fait, le jeune homme avait en réalité été muté de la capitale à la ville des Ponts tout juste pour une raison sociale qui consistait à le rapprocher de son lieu de résidence (Guelma). Ce sera silence radio pour les dix années qui allaient suivre jusqu’à ce jour.
Enfin, le directeur de la Cinémathèque algérienne s’est voulu, pour des raisons compréhensibles, avare en informations, notamment sur la date précise de réouverture qu’il connaissait pourtant mais sur laquelle il a préféré ne pas s’aventurer compte tenu des engagements pris par ses prédécesseurs et jamais respectés. Une personne proche de l’entreprise en charge de la restauration de la salle nous a indiqué que ses travailleurs sont «…sur les travaux de finition et que très certainement elle sera remise à qui de droit avant le 16 avril pour une réouverture officielle et en grande pompe. Cette date correspondant à la célébration de « Youm El Ilm ».
Il demeure toutefois un pan de voile qui n’est toujours pas levé, à savoir le support de projection. Etant donné que celui pelliculaire est désormais dépassé pour ne pas dire ringard, il ne serait que normal et judicieux que la Cinémathèque algérienne fasse le choix de celui numérique, sauf que celui-ci pourrait peut-être dépasser ses capacités budgétaires.
Med R.D.