Bouira : Retard dans la réalisation de tous les types de logements

Selon des chiffres rendus publics lundi, à la faveur de la célébration de la journée mondiale de l’habitat, près d’un tiers de logements tous types confondus dont avait bénéficié la wilaya de Bouira depuis 1999 sont inachevés.

En effet, les mêmes données indiquent que sur un total de 96 344 unités accordées à la wilaya, 30 196 logements ne sont toujours pas réceptionnés. 22 728 de ses logements sont en cours de réalisation et 7 468 autres attendent toujours leur lancement. Dans le détail, 7 063 logements rentrant dans le cadre de la formule LPL sont au stade de chantier, une formule qui connaît aussi un retard des plus significatifs, si on se réfère aux données qui indiquent que sur un total de 3 322 unités programmées depuis 1999, seulement 814 logements ont été achevés, 1 330 sont en cours de réalisation et 1178 non lancés. Rien que pour la commune de Bouira, qui fait aussi office de chef-lieu de la wilaya, sur les 1000 unités, le constat indique que 362 logements sont achevés et 578 en cours de construction. Pour la commune voisine, Lakhdaria, avec un quota de 150 logements, tous sont toujours en chantier.
Pour sa semblable Aïn Bessam qui arrive en troisième position du nombre de logements accordés dans cette formule, il ya 100 unités en cours de réalisation, dont 26 non encore entamées. Pour le reste des municipalités, comme M’Chedallah, Kadiria et Bechloul entre autres, qui ont bénéficié respectivement de 80, 50 et 40 logements, c’est le même scénario ! La formule AADL, est également à la peine avec 9000 logements qui ont été octroyés à Bouira et pas un seul n’a été réceptionné. Mieux encore les 2 900 unités déjà attribuées à la wilaya dans le cadre de l’AADL 1 n’ont pas encore démarré. Les autorités locales sont encore au stade du choix de terrain, notamment dans les communes de Lakhdaria, Aïn-Bessam et Sour-El-Ghozlane. En revanche, les programmes LSP et habitat rural, à quelques rares exceptions près, n’ont pas connu de retard flagrant, puisque sur 5 309 logements sociaux, 4 666 ont été achevés et 643 sont en cours de réalisation, avec un taux d’achèvement avoisinant les 87%. Pour ce qui est de l’habitat rural, celui-ci arrive en tête en matière de quotas octroyés et taux d’achèvement. Ainsi, la wilaya a bénéficié de 53 141 aides à l’habitat rural entre 1999 et 2018. Ces aides s’articulent sur les quatre programmes suivants : entre 2002-2004, ce sont 2 950 aides qui ont été octroyées ; entre 2005-2009 ce sont 18 833 aides qui ont été octroyées ; entre 2009 et 2014 ce sont 25 500 aides qui ont été octroyées, et enfin, entre 2015 -2019, 2000 unités. Mais pourquoi autant de retard ? Eh bien plusieurs facteurs peuvent expliquer cela. Tout d’abord, des entreprises que même les autorités locales qualifient de défaillantes, notamment dans les programmes AADL, LPA et ex-LSP. Les mises en demeure et autres pénalités de retard sont distribuées comme des petits pains.
Ensuite, il y a le sempiternel problème des paiements des entreprises. En effet, la plus grosse coupe budgétaire est supportée par les investissements publics. Dans le budget 2017, les dépenses d’équipement avaient dégringolé de près de 30%, soit 2 291,4 milliards de DA en 2017 contre 3 176,8 milliards de DA en 2016. Conséquence directe de cette austérité « déguisée » en rationalisation des dépenses, les entreprises tournaient dans le vide. Ce n’est qu’en mai 2017 que la situation financière de pas moins 158 entrepreneurs a été débloquée, pour un montant de plus de 840 millions de DA. Enfin, la wilaya de Bouira a connu durant les années 2015 et 2016 une importante pénurie de ciment, qui avait impacté le secteur du logement.
Omar Soualah