Boualem Amoura , SG du SATEF : «Il reste beaucoup à faire en matière d’enseignement et de généralisation de la langue amazighe »

Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF) a estimé, hier, que l’Algérie est encore loin de la généralisation de la langue amazighe à cause du manque d’effectifs d’enseignants en cette langue affectés hors wilayas. D’après Amoura : «On ne peut pas généraliser cette langue avec un effectif de 4 ou 5 enseignants affectés à une wilaya par exemple; c’est insuffisant !», soutenant, à ce propos, que «malgré ces contraintes réelles, l’Algérie a quand même, fait «un pas» en matière de généralisation de la langue amazighe. Moi qui suit toujours l’évolution de l’amazighité …je n’ai jamais pensé qu’on arriverait un jour à lancer l’enseignement de cette langue dans nos écoles» L’autre point abordé par l’orateur, lors du Forum, est celui de la situation socio-professionnelle de l’enseignant en langue amazighe, soulignant, dans ce contexte, qu’il faut bien aussi étudier la situation de l’enseignant lors de son affectation hors wilaya, notamment pour l’accès au logement. Evoquant les problèmes de l’école en Algérie, Amoura a relevé aussi les difficultés et les obstacles qui freinent le développement de ce secteur, soulignant, par ailleurs, que la situation de l’enseignement dénote une carence malgré les réformes dans le système. Il regrette, aussi que : «C’est, malheureux, on ne veut pas d’une école de qualité». Selon lui, la réforme du système éducatif en Algérie doit opérer des changements dans les programmes éducatifs enseignés aux élèves et, également, dans le système de recrutement des enseignants. Sur ce point, il notera  qu’ « il faut tout d’abord, revoir tout les programmes enseignés et par conséquent il faut qu’ils soient assimilés par les élèves ».
Amoura ajoutera en revanche que pour édifier ce système
«il est temps de redynamiser la refonte pédagogique de l’école primaire et de revoir aussi le nombre de matières enseignées à l’école», explique-t-il , tout en mettant l’accent sur l’importance de la réhabilitation de la pratique de la dictée dans les écoles.
Pour sa part, le président de l’association nationale des parents d’élèves, Khaled Ahmed, a plaidé pour une école de qualité dotée des repères de la culture algérienne et de «l’algérianité». Il a, de ce fait, insisté sur la nécessité de veiller constamment à l’amélioration des conditions nécessaires au développement du système éducatif en Algérie.
La pédagogue Malika Greffou a, quant à elle, estimé que le rôle de l’école est de transmettre une culture bien précise, tout en déplorant dans le même ordre d’idées les échecs scolaires dans notre système éducatif.
La conférencière a ensuite proposé les solutions et les bonnes manières pour redresser l’école algérienne. Aussi, elle a évoqué en fin de cette rencontre le cas de l’école allemande qui suscite la curiosité et l’esprit d’initiative.
Mehdi Isikioune