Bernard Casoni (MCA)
Bernard Casoni (MCA)

Bernard Casoni (Coach du MCA) : «Le complot des pierres»

Retour à Hamlaoui. La situation, depuis les premières heures de la matinée, commence à échapper à tout contrôle. Du moins difficile à maîtriser. Une journée d’enfer vécue par les fans. Côté Mouloudia, 10 000 supporters ont fait le déplacement pour seulement un quota de 3200 billets réservés. Premiers heurts, premiers accrocs quand des centaines s’invitent, sans en mesurer les risques, dans les travées sans attendre l’ouverture des guichets. Un «envahissement» vite avorté par la police qui décide d’une évacuation jugée «musclée» selon certaines sources, «dans le calme et sans utilisation de la force» selon d’autres. Cauchemar. Scénario du pire. La journée s’annonce agitée en perspective. Les accrochages vont se multiplier entre les deux galeries, quelques blessés recensés, des bus et des véhicules des deux camps sont sérieusement endommagés. Devant la forte affluence autour du stade et avec la fin de la vente des billets d’accès, il est difficile de calmer des esprits déjà chauffés à blanc. La colère gronde naturellement parmi ceux, de la galerie algéroise, à n’avoir pas eu la chance d’acquérir le fameux sésame malgré l’initiative prise par les organisateurs de relever le quota réservé aux Algérois. Des ambulances interviennent pour évacuer quelques blessés à l’hôpital au fur et à mesure que l’on se rapprochait de la fermeture des portes, les «déçus», la très mauvaise, pour ne pas dire catastrophique, organisation (exit le confort des supporters, un concept inconnu dans nos vieillottes et croulantes enceintes sportives, toutes disciplines confondues) de l’évènement faisant le reste, multipliant les accrochages et les frictions malgré l’installation de cordons de sécurité impressionnants. Bagarres générales par-ci, échanges d’amabilités par là. Le feu est mis aux tribunes. Scènes impressionnantes. Le coup d’envoi de la 2e mi-temps est retardé en attendant le rétablissement du calme. Le staff technique mouloudéen crie (dixit Casoni) au «complot des pierres». On n’est décidément pas au bout de nos peines. Haute tension partout puisque, d’Oran, nous parviennent des informations peu rassurantes. Une pagaille générale à Zabana après la seconde réalisation du belouizdadi Draoui qui signe au passage un joli doublé qui vient mettre pratiquement le onze de Laâquiba à l’abri des affres de la relégation. On arrête les frais jugera le directeur du jeu dont le vestiaire a été saccagé, ses effets personnels et ceux de ses deux juges de touche volés. Fin de match et des soucis pour les dirigeants oranais qui s’attendent une dure réaction de la Faf qui ne se fera surement pas prier pour sauver la face en prononçant des peines à la mesure du délit. Dans ce paysage de film d’horreur, les blessés (plus d’une centaine et c’est plus que trop, dont plus d’une dizaine de policiers qui ont duû utiliser de gros moyens pour maintenir l’ordre avec bombes lacrymogènes et des canons d’eau chaude) et les jeunes différés devant le parquet ne se comptent plus malgré l’impressionnante batterie de mesures prises avant ce «choc».
A. A.