Bensalah-Belaïd

BENSALAH ENTAME DES CONSULTATIONS : Entre participations et rejet de l’opposition

Le chef de l’État, Abdelkader Bensalah, a entamé, jeudi dernier, une série de consultations avec des personnalités, des chefs de partis politiques et des associations de la société civile. Ainsi Bensalah avait reçu, jeudi dernier, à tour de rôle, Abdelaziz Ziari, ex-président de l’APN et cadre du Parti/FLN, Abdelaziz Belaïd, président du Front El-Moustakbal, et l’avocat Miloud Brahimi.
Lundi prochain encore, il recevra en audience des personnalités, des responsables de partis politiques et des représentants du mouvement populaire pacifique, au Palais d’El-Mouradia pour des consultations sur la crise politique à laquelle est confronté le pays, sur fond de la feuille de route présentée par Bensalah, portant sur l’élection présidentielle du 4 juillet prochain. Hasard de calendrier ou un fait prémédité ? C’est le jour où devait se dérouler initialement le scrutin présidentiel –le 18 avril dernier, avant d’être annulé par l’ex-président Bouteflika, dans le sillage de l’annulation du 5eme mandat, sous la presssion du mouvement populaire pacifique à travers le pays, que Bensalah a choisi, jeudi dernier, pour entamer, à la grande surprise de l’opinion nationale, ses consultations, alors que les manifestations pacifiques dans toutes les villes et régions du pays, exigent son départ ainsi que celui du Premier ministre Bedoui et le président de l’Assemblée populaire nationale, Bouchareb et s’opposent à sa feuille de route.
Une tâche non facile pour celui qui avait mené la même entreprise en 2011, lors des consultations pour la réforme de la Constitution, qu’a initiée l’ex-président Bouteflika, dont son contenu final, n’a pas reflété la teneur des échanges, ni une vision consensuelle de l’ensemble de la classe politique nationale.
Il est à rappeler que le 9 avril dernier, en s’adressant à la Nation, Bensalah a parlé de la mise en place d’une « institution collégiale, souveraine dans ses décisions, à laquelle sera dévolue la mission de réunir les conditions nécessaires pour la préparation et l’organisation d’élections nationales honnêtes et transparentes » selon le chef de l’État.
L’annonce, dans la journée de jeudi dernier, de rencontres entre Bensalah avec à tour de rôle, Abdelaziz Ziari (ex-président de l’APN et cadre du parti/FLN)), Abdelaziz Bélaïd ( président du Front El-Moustakbal) et Miloud Brahimi (avocat) est intervenue faut-il le souligner, au lendemain de l’installation de Kamel Fenniche à la tête du Conseil constitutionnel, suite à la démission de Belaïz, sous la pression du mouvement populaire pacifique, exigeant le départ des (4B).
La série des entrevues se poursuivra, avant la tenue ce lundi d’une conférence réunissant les acteurs politiques et représentants de la société civile ayant répondu à l’invitation de Bensalah, depuis jeudi dernier, consultations qui ont débuté la veille du 9ème vendredi de la mobilisation populaire à travers le pays, hier, pour réaffirmer leur attachement pour le changement du système politique en place et l’édification d’un État de Droit. Nombreux ont été, d’ailleurs, les partis de l’opposition qui ont annoncé qu’ils déclinent l’invitation de Bensalah à ces consultations. Dans un communiqué publié jeudi dernier, le MSP a annoncé qu’il avait « reçu une lettre signée par Heba Al-Okbi, secrétaire général de la Présidence, conviant le parti à prendre part à “une rencontre consultative collective” qu’organisera la présidence de la République lundi 22 avril ». Pour le MSP, « cette rencontre est en soi-même un déni à la volonté populaire et un facteur d’aggravation de la situation et annonce qu’il n’assistera pas à cette réunion et invite ainsi toutes les forces politiques et civiles à la boycotter ». Sur sa page Facebook, Lakhdar Benkhellaf, député et responsable au FJD-Adala, commentant les consultations de Bensalah, affirme que « le système se recycle. Prudence ! ». Hakim Belahcel, premier secrétaire du FFS, avait réagi de la même manière :. « On ne fait pas confiance à cet homme [Bensalah]. Il est impossible d’entreprendre n’importe quelle initiative avec des hommes pareils. Il n’est pas crédible pour gérer la transition », avait-il déclaré, la semaine dernière, au Courrier d’Algérie. Des partis, comme le PT, le MDS, Jil Jadid et le RCD, ont opposé un refus catégorique à l’offre de dialogue de Bensalah.
Hamid Mecheri

Réactions …réactions…réactions
• La LADDH annonce qu’elle « ne participera pas à la conférence nationale convoquée par Abdelkader Bensalah ». Ce dernier est « un président qui n’a aucune légitimité à mener des consultations ou un dialogue avec les acteurs représentatifs de la société », explique la LADDH et affirme qu’elle « ne cautionnera pas une telle démarche qui tourne le dos aux revendications populaires ».
• Abderrazak Mokri, président du MSP a indiqué que «cette rencontre est en soi une attaque contre la volonté populaire, susceptible d’aggraver davantage la situation» et déclare qu’il n’y assistera pas, tout en appelant toutes les forces politiques et civiles à la boycotter.
• Me Mustapha Bouchachi a appelé hier soir la classe politique à boycotter les consultations lancées par Abdelkader Bensalah.
• La Moudjahida Louisette Ighilahriz : « En effet, il a envoyé des invitations, mais pour nous, c’est nul et non avenu. Il y a quelques uns qui vont accepter, mais pour nous c’est non. De plus, le 4 juillet, ils ne trouveront personne, ni un juge, ni APC ni rien du tout.
Nous, au contraire, on va se mettre en face de chaque bureau de vote pour manifester encore et encore ». nous ne sommes pas d’accord pour l’élection présidentielle du 4 juillet prochain. On n’est pas d’accord avec cette mascarade. On l’a dit et répété en plusieurs langues : en arabe, en français et en kabyle. C’est non ».
R. N.