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Bedoui rencontrera son homologue espagnol ce lundi à Madrid : Une équipe commune d’enquête algéro-espagnole pour lutter contre la migration clandestine

L’Espagne et l’Algérie vont créer une équipe commune d’enquête (ECE) pour lutter contre la traite des êtres humains, la migration clandestine et le terrorisme en méditerranée. Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement de Territoire, Nourdine Bedoui, entamera ce lundi une visite de travail en Espagne où il se réunira avec son homologue espagnole, Juan Ignacio Zoido. Cette rencontre entre les deux ministres de l’Intérieur se focalisera sur les problèmes de l’immigration et du terrorisme, a annoncé hier l’Agence de presse espagnole Europa Press. Les ministères de l’Intérieur espagnol et algérien travaillent à la création d’une équipe commune d’enquête (ECE), dont le but est de lutter contre la traite des êtres humains et de dispenser une formation policière en matière de commandement, direction, spécialisation et contrôle des frontières, a révélé le ministère de l’Intérieur espagnole hier. Une ECE est une équipe composée de juges d’instruction, de procureurs et d’enquêteurs de plusieurs pays, établie pour une durée déterminée et par le biais d’un accord écrit, dans le but de mener des investigations dans un ou plusieurs des États concernés. Cette forme de coopération est prévue par la convention européenne du 29 mai 2000 relative à l’entraide pénale entre les États membres de l’Union européenne. Elle est également désormais prévue par d’autres instruments internationaux, de sorte qu’à certaines conditions, des États non membres de l’UE peuvent se joindre à une ECE comme est le cas pour l’Algérie. Chaque pays partenaire désigne les personnes – enquêteurs et magistrats – participant à l’ECE ainsi qu’un «responsable», appelé à diriger les activités de l’ECE lorsqu’elle intervient sur son territoire. La visite de Bedoui en Espagne sera la première d’un ministre de l’Intérieur algérien depuis plus d’une décennie. En avril dernier, le président du gouvernement d’Espagne, Mariano Rajoy Brey, avait entamé une visite en Algérie, à l’invitation, du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, pour prendre part à la 7ème session de la Réunion bilatérale algéro-espagnole de Haut niveau. Les deux chefs de gouvernement avait alors examiné plusieurs dossiers parmi lesquels, le très épineux de la migration clandestine. Fin 2017, les médias espagnols avaient relevé une montée inquiétante des harragas (migrants clandestins), dont beaucoup d’Algériens, qui ont atterri sur les côtes espagnoles. La route vers l’Italie devenant plus contrôlée, les routes de la migration se sont orientées vers l’Espagne. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a révélé des chiffres effroyables sur le nombre des migrants, qui ont plus que doublées, suscitant l’inquiétude des deux gouvernements, mais aussi de l’Union Européenne (UE). L’Algérie, qualifiée par Rajoy comme un « partenaire loyal et fiable», entretient d’excellentes relations bilatérales avec l’Espagne notamment dans les domaines économique et sécuritaire. Le ministère de l’Intérieur espagnole a indiqué dans son communiqué d’hier que l’échange d’informations entre les deux gouvernements a atteint un niveau «optimal». Cela représente un intérêt particulier chez les espagnols en ce qui concerne notamment le dossier des «combattants terroristes étrangers» et aussi pour s’imprégner de l’expérience algérienne dans la lutte contre la radicalisation et la promotion d’un Islam modéré. En outre, l’Intérieur espagnole a souligné les «grands efforts» des autorités algériennes dans la lutte contre la traite des êtres humains et des vagues de migrants en provenance des côtes algériennes. Jusqu’au 9 mai de l’année en cours, les arrivées d’immigrants algériens irréguliers en Espagne par voie maritime ont été réduites de 20% par rapport à la même période de 2017, passant de 215 à 170, selon les données du ministère espagnole. Dans son agenda en Espagne, Bedoui visitera également la Direction générale de la circulation (DGT, acronyme en espagnole du : La Dirección General de Tráfico). Pour rappel, la DGT, organisme autonome dépendant du Ministère de l’Intérieur espagnol et responsable de l’exécution de la politique routière, avait signé un projet de coopération avec son homologue algérien CNPSR (Centre national de prévention et de sécurité routière) pour la mise en place d’un nouveau système de régulation routière dans la capitale. Bedoui inspectera également un bureau de délivrance de la carte d’identité et passeports de la Police nationale espagnole, le Centre national pour la protection des infrastructures et du cyber sécurité (CNPIC), la Division de la documentation du siège central de la logistique et de l’innovation de la police nationale et du centre de numéro d’appel d’urgence « 112 » de la Communauté de Madrid. À noter que les deux ministres Bedoui et Zoido se sont rencontrés le 3 avril à l’occasion de la VIIème Réunion de haut niveau Espagne-Algérie, lors de la visite du premier ministre Rajoy à Alger.
Hamid Mecheri