Tebboune

AUDIENCES DU PRÉSIDENT : Le quatrième pouvoir chez Tebboune mardi

C’est dans le cadre de ses engagements d’organiser des rencontres périodiques avec les médias qu’une délégation de directeurs et responsables de médias publics et privés est attendue, mardi prochain, au palais d’El Mouradia, pour échanger avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sur les questions relevant de la situation générale, prévalant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Selon un communiqué de la Présidence, il sera question, lors de cette rencontre, d’éclairer l’opinion publique nationale sur les questions de l’heure au double plan interne et externe, précisant que cette audience sera suivie par d’autres entretiens avec des journalistes et des responsables d’organes de presse. Au lendemain de son investiture, le chef de l’État avait annoncé que toute activité de la Présidence sera sanctionnée par un communiqué de ses services, qui sera diffusé via l’agence officielle APS. Il avait même menacé de sévir contre les contrevenants, visant sans l’ombre d’un doute certains médias privés de l’audio-visuel, qui sous le couvert de la course derrière l’information, diffusent des « fuites » sapant de fait les canaux officiels, dont l’APS.
Il avait, toutefois, assuré que des rencontres périodiques avec les médias publics et privés seront tenues pour débattre de l’actualité nationale et donc de tenir tout le monde au courant de toutes les activités de la Présidence.
La liberté d’expression et l’ouverture des médias est l’un des engagements pris par le président de la République, lors de la campagne électorale et s’attèle désormais, après l’installation de son gouvernement, à ouvrir tous les chantiers inscrits dans son agenda de campagne.
Après le retour à la source en ne communiquant qu’à travers l’Agence de presse officielle (APS), qui a été d’ailleurs mal vécu par la corporation des journalistes, estimant qu’il s’agissait d’une entrave, pure et simple, à l’exercice de leur profession, le président Tebboune instruit son Premier ministre d’élaborer un projet de loi criminalisant toutes les formes de racisme, de régionalisme et de discours de la haine. À cet effet, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad,  a, lors d’une réunion du gouvernement sous sa présidence, demandé au ministre de la Justice et les responsables des départements ministériels directement concernés par l’élaboration de la loi criminalisant le racisme, le régionalisme et la haine, d’entamer l’élaboration d’un projet de loi dans les plus brefs délais.
« En la matière, et conformément aux orientations présidentielles, tout le soin devra être mis dans la détermination des responsabilités de tout citoyen et de tout groupe social face au devoir sacré lié au respect de la cohésion sociale et des valeurs d’unité et de fraternité qui ont cimenté la nation à travers son histoire », a-t-il alors déclaré.
Le Président avait aussi limogé plusieurs responsables du secteur, à commencer par le directeur de la chaîne publique ENTV, de l’ARAV et de l’ANEP et a brandi une menace contre les faux comptes attribués à de hauts responsables afin de salir et porter atteinte à leur image.
Quant au ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Amar Belhimer, il ne chôme pas depuis qu’il a intégré le staff gouvernemental pour mettre en œuvre le programme du Président, ayant trait au volet de la Communication et des médias. M. Belhimer multiplie ses sorties sur terrain. Après ses visites aux maisons de la Presse du 1er Mai et celle de Kouba, il est parti assister à la cérémonie de célébration du 8ème anniversaire de la Radio Jil FM, où il a exprimé sa volonté de garantir l’indépendance et la liberté de la presse dans le cadre du respect de la vie privée et de l’éthique et de la déontologie et du rejet de l’injure et de la diffamation». « Je suis issu de cette famille et je veillerai au développement et à la protection des travailleurs et des journalistes», s’est-il engagé en rappelant, toutefois, que «la liberté et la responsabilité sont étroitement liées pour garantir une pratique paisible des libertés».
Appelée quatrième pouvoir en plus des pouvoirs traditionnels (législatif, exécutif et judiciaire), la presse et les médias dans leur ensemble ont toujours été considérés comme un contre-pouvoir au pouvoir politique en place. Dans les pays démocratiques, l’information est placée comme un bien commun et le droit à la libre communication est garanti. Pour ainsi dire la presse et les médias sont un rempart contre les abus de pouvoir, et constituent un centre de recours et de doléances pour les citoyens. Les journalistes et les médias ont souvent considéré comme un devoir majeur de dénoncer les violations des droits. C’est en quelques sortes la « voix des sans voix ».
B. O.