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ATTAR CATÉGORIQUE SUR LE PRIX DE VENTE DU GAZ ALGÉRIEN : « Sonatrach ne fait pas de cadeau »

«Il est hors de question de vendre notre gaz à perte ou sans bénéfice. Nous arrêterions la production [plutôt]! ». Ces mots, clairs, sont ceux d’Abdelmadjid Attar, le ministre de l’Énergie, en réponse à une question de l’agence russe Sputnik, lors d’une conférence de presse, en marge de la réunion du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), qui s’est tenue par visioconférence, à Alger. Alors que des interrogations se sont posées sur les avantages obtenus par la compagnie pétrolière nationale, après la révision, récemment, de l’accord de vente de gaz naturel à l’espagnole Naturgy, le gouvernement algérien affirme qu’il acceptait le principe de négocier, mais ne ferait aucune concession qui irait à l’encontre de ses intérêts. « J’estime que chaque mètre cube qui restera dans les soussols du pays sera une excellente chose pour les générations futures. Je considère que la Sonatrach a négocié de bons contrats, ils sont conformes à la réalité actuelle du marché, elle ne pouvait pas faire autrement. Mais elle n’a pas fait de cadeau. Le prix est confidentiel [avec Naturgy], mais je peux vous garantir que Sonatrach n’a fait aucun cadeau à aucun client », a encore dit le ministre de l’Énergie. Selon Abdelmadjid Attar, la démarche algérienne se veut «réaliste» dans un contexte fortement concurrentiel marqué par une présence en Europe (marché traditionnel de l’Algérie) du gaz naturel russe et du gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Le ministre de l’Énergie a expliqué que plusieurs paramètres entraient en considération lors de la négociation de contrats. Le volume et la nature de l’investissement des partenaires en Algérie sont des facteurs importants dans ce processus. Il a notamment cité le cas du groupe italien Eni « engagé dans une douzaine de contrats d’exploration et de développement sur le territoire algérien». Face à la pression de la concurrence sur le marché européen, l’Algérie dispose d’un atout majeur: «La sécurité d’approvisionnement. Nos clients savent que nous avons des quantités que nous pouvons produire et livrer. C’est ce qu’ils recherchent, en plus d’un prix raisonnable », a ajouté Abdelmadjid Attar. Et comme des pays de la Méditerranée orientale qui ont récemment fait des découvertes de gaz naturel n’ont toujours pas développé de réseau de transport fiable pour l’Europe, ils ne représentent pas un danger. Au même titre que le prix de vente, le ministre s’est montré catégorique au sujet des volumes de livraison de gaz naturel aux partenaires étrangers. «Pour l’Algérie, la priorité, c’est le marché intérieur. Quelle que soit la raison, tout doit se faire selon les pré- visions de consommation du marché intérieur. C’est notre priorité numéro un. Il n’est pas question d’exporter un seul mètre cube au risque de créer des problèmes dans notre pays », a insisté Abdelmadjid Attar. Le ministre a reconnu que la pandémie de Covid-19 a provoqué, sur le niveau mondial, une baisse des prix et de la consommation.

Des perspectives « prometteuses »
Mais, il ne reste pas moins optimiste  : «le gaz naturel ayant encore de beaux jours devant lui», a-t-il prédit. Les projections des experts du Forum des pays exportateurs de gaz, rendues publiques à l’occasion de cette conférence, font ressortir une nette augmentation de la consommation à l’échelle internationale. À l’horizon 2050, ce combustible fossile entrera à hauteur de 28 % dans le mix énergé- tique mondial, contre 23 % actuellement, et la consommation annuelle de gaz naturel passera de 3,950 milliards de m3 à 5,920 milliards de m3. L’avenir du gaz naturel, notamment du gaz naturel liquéfié (GNL), se trouve en Asie et en Afrique. «Les études démontrent que d’ici à 2050, la consommation va croître de 99 % en Asie-Pacifique, de 35 %, en Amérique du Nord et de 147 % en Afrique», a-t-il précisé. Pour décrocher des pièces de marché, la Sonatrach devra augmenter ses capacités de production de GNL, renforcer ses moyens de transport maritime et faire preuve d’agressivité sur le plan commercial, prévoit le ministre. «À partir de 2024, la part de GNL deviendra beaucoup plus importante sur les marchés que celle du gaz naturel transporté par pipeline. Nous devons nous préparer autant pour l’Asie que pour l’Afrique. La Sonatrach travaille dessus. Mais actuellement, en Asie, nous ne pouvons pas concurrencer le GNL australien et qatari », a reconnu Abdelmadjid Attar.
Hamid Mecheri