Allocations touristiques dans les agences bancaires : manque de liquidité ou grand rush ?

Faire le change de devises dans les banques algériennes afin de voyager devient de plus en plus difficile pour certains et impossible pour d’autres, puisque ces institutions qui devraient servir le citoyen et œuvrer pour l’économie nationale mettent des conditions draconiennes, encourageant, ainsi, le marché parallèle. Et ce n’est pas tout, dans certaines banques les citoyens se plaignaient de l’indisponibilité des devises. Face à la situation, la Banque d’Algérie (BA) a tenté de rassurer les demandeurs des allocations touristiques, de la disponibilité des devises. Dans ce sillage, la BA a affirmé que le manque de devises constaté dans des banques est dû seulement à la forte hausse de la demande exprimée habituellement durant la saison des vacances. Or, il convient de rappeler que l’allocation en question est de 130 euros, l’équivalent de 15.000 DA par an seulement. Au quotidien, des pères de familles, des jeunes des deux sexes assiègent les agences bancaires dès leur ouverture, et seuls les premiers et les débrouillards sont pris en charge et le gros contingent éconduit doit rebrousser chemin. Cette triste situation perdure au grand dam de nombreuses familles qui ne savent plus à quel Saint se vouer car pour prétendre à une sortie du territoire national, il faut impérativement présenter au poste douanier la feuille de change !
Munis de leurs passeports en cours de validité, ils se rendent dans les agences bancaires pour bénéficier de l’opération de change des devises instituée par les pouvoirs publics en faveur des candidats concernés. Cette démarche est loin d’être une sinécure car la demande dépasse amplement l’offre et chaque jour, des centaines d’usagers se heurtent à une fin de non-recevoir de la part des préposés qui prétextent l’insuffisance des liquidités en euros par la Banque d’Algérie. Selon l’APS, qui cite, un responsable auprès de la Banque centrale, sans citer son identité ni le poste qu’il occupe, « il n’y a pas du tout de problème (de non disponibilité de devises dans les banques). La devise est disponible et la Banque centrale répond aux besoins des banques en termes d’approvisionnement en devises d’une manière programmée et régulière».
Le même responsable a, de surcroit, assuré que cette pression croissante sur les agences bancaires de ces derniers jours résulte aussi, d’une situation où « les demandeurs se présentent en grand nombre et en même temps devant les guichets ». « À la vue de ces longues files d’attente devant les guichets, les gens ont une impression de pénurie », ajoute le représentant de la Banque centrale. D’ailleurs, poursuit-il, cette situation est « récurrente » lors de la période des vacances durant laquelle il est systématiquement enregistré une forte demande sur les opérations de change, notamment pour l’allocation touristique. En outre, selon lui, les agences bancaires ne peuvent pas prévoir exactement la quantité de demandes de change à traiter chaque jour. « Une agence peut recevoir en une journée une à trois demandes de change, comme elle peut en recevoir une centaine, voire plus. C’est donc aléatoire du fait qu’on ne peut pas appréhender le niveau de la demande quotidienne », explicite-t-il, en affirmant que la tendance est, cependant, vers le « désengorgement ». Institué par une instruction de la Banque d’Algérie datée du 28 août 1997 relative au droit de change pour voyager à l’étranger, le montant annuel de l’allocation touristique, appelé dans cette instruction « droit de change pour dépenses liées à des voyages à l’étranger », est fixé à 15.000 DA pour chaque année, rappelle-t-on. Ce montant est de moitié (7.500 DA) pour les enfants âgés de moins de 15 ans, note la même instruction qui précise, par ailleurs, que le montant de 15.000 DA n’est pas cumulable d’une année à l’autre.
Les opérateurs habilités à octroyer les opérations de change pour cette allocation sont, selon le même texte, tout guichet de banque ou établissement financier et intermédiaire agréé.  La banque d’Algérie dont le gouverneur avait promis il y’a deux ans déjà le relèvement de l’allocation touristique continue d’accorder la même somme depuis plusieurs années à savoir le droit de changer 15 000 dinars, une somme dérisoire eu égard aux besoins de voyage mais, surtout au grand bonheur du marché parallèle où circulent des sommes faramineuses de devises et, au taux de plus en plus élevé. Cet été le taux a frôlé les 160 dinars pour un Euro.
Lamia Boufassa

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