benflis

ALI BENFLIS : «Le peuple a rejeté l’élection, nous aussi !»

Le président de Talaïe El-Houryet, Ali Benflis, s’est exprimé, lors du Forum du quotidien El-Hiwar, tenu hier, sur l’élection présidentielle, le tout à travers le prisme du mouvement populaire en cours dans le pays et la crise politique qui s’en est suivie. En effet, l’ex-chef de Gouvernement estime que le passage à la restitution du pouvoir au peuple algérien, sinon le recours à l’application de l’article 7 de la Constitution est la seule solution à même de répondre aux aspirations du peuple algérien. Après avoir attendu des «garanties» de la part du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, Benflis passe à la vitesse supérieure.
C’est-à-dire, maintenant que le pouvoir opte pour un processus de transition mené par Abdelkader Bensalah, le chef de l’État par intérim, lequel étant, parmi tant d’autres figures du système, rejeté par la rue, le président de TEH renvoie au mouvement populaire et son appel à une solution qui passerait sans les hommes qui incarnent le système en place. Quant à l’élection présidentielle, annoncée pour le 4 juillet prochain, en elle même, elle est donc rejetée de fait par Benflis, qui semble plus enclin à l’écoute de la population plus qu’il n’envisage, en tout cas, d’opter pour un scrutin «joué d’avance». Au titre de son argumentaire, Benflis dit que «la Constitution actuelle empêche de trouver une solution rapide à la crise politique», et estime «impératif de restituer le pouvoir au peuple, conformément à l’article 7 de la Loi fondamentale du pays». Pour ce qui est de la Présidentielle, l’acteur de l’opposition a relevé que «rien n’a changé ni dans l’arsenal juridique ni dans le régime électoral, en plus de l’absence d’une Instance indépendante pour superviser l’opération électorale», avant que Benflis ne tranche sa position en faveur de «celle du peuple algérien qui rejette cette élection». Revenant à la mission de l’Armée nationale populaire, Benflis estime que l’état-major est appelé à «accompagner et à protéger le processus de transition», mais met en garde contre toute «ingérence» dans la politique. Et «c’est ce qui a été souligné dans tous les communiqués du ministère de la Défense nationale», rappelle-t-il comme pour prendre acte de la position de l’ANP.
Farid G.