Accusé de mener une campagne « calomnieuse » : Le MAE corrige le député Belmeddah

Le ministère des Affaires étrangères brise le silence et dénonce le député Noureddine Belmeddah, représentant de la communauté nationale à l’étranger, accusé de mener une campagne de dénigrement contre les représentations diplomatiques de l’Algérie en Espagne. Cette sortie auguste du MAE tire sa source de l’affaire de la mort du jeune immigrant algérien, Mohamed Bouderbala, survenue fin décembre 2017, dans une prison espagnole. En tant que représentant de la diaspora nationale, si le député transfuge du FLN, issu des dernières législatives sous les couleurs de l’ANR, a toute la latitude de s’enquérir de la situation de la communauté nationale, ce qui déplut par contre au le MAE, c’est la «campagne calomnieuse et injuste» menée par Belmeddah, dénonce le porte-parole du département ministériel, Abdelaziz Benali Cherif, dans un communiqué publié hier. Jamais le MAE n’a utilisé un ton aussi virulent à l’endroit d’un député national après avoir observé un silence qui aurait duré quelques semaines. Retraçant la genèse de cette affaire qui a fait polémique, le MAE écrit : «La presse nationale a rapporté à de nombreuses reprises les déclarations de Noureddine Belmeddah, député de la communauté nationale à l’étranger (zone 4), de même qu’elle a repris la quintessence de certaines correspondances adressées par ce député à certaines institutions, concernant particulièrement des situations inhérentes à des citoyens algériens établis régulièrement en Espagne ou se trouvant dans ce pays de manière illégale». Ce qui sous-entend paR là que le département des Affaires étrangères a beau laisser faire le député mais celui-ci continue à s’«attaquer» aux chancelleries nationales dans ce pays. Bien que Belmeddah entende par ses correspondances répercuter les préoccupations des citoyens algériens en situation régulière ou pas en Espagne, le MAE reproche un manque de tact dans la démarche du député. «M. Belmeddah a ainsi été à l’origine d’une campagne calomnieuse et injuste contre notre représentation diplomatique à Madrid et notre consulat à Alicante suite au décès, en date du 29 décembre 2017, dans un centre de rétention administrative à Archidona, du ressortissant algérien Mohammed Bouderbala», dénonce Benali Cherif, lequel diplomate précise que son vis-à-vis «n’a pas attendu le résultat final de l’instruction judiciaire espagnole et encore moins les conclusions de la justice algérienne pour verser dans la surenchère et travestir la réalité de la situation, ignorant, du coup, tous les efforts déployés par notre appareil diplomatique pour la prise en charge de ce dossier». Or, contrairement à ce qui est prétendûment dit ou rapporté à sujet, «notre ambassade à Madrid, tout comme notre consulat à Alicante, se sont mobilisés depuis l’annonce de la mort de Mohammed Bouderbala en entreprenant toutes les démarches requises pour suivre d’une manière efficiente le dossier ouvert par les autorités espagnoles suite à ce drame», a-t-il encore souligné. Mieux encore, en réponse au député de l’ANR, le porte-parole du MAE rappelle la réception faite, le 3 janvier dernier, par Abdelkader Messahel, aux membres de la famille du défunt Bouderbala ainsi qu’à un responsable de l’ambassade d’Espagne à Alger. Quant au traitement de l’affaire Boudarbala, le MAE rassure avoir effectué une contre-autopsie sur le corps de la victime et laquelle confirme la version espagnole des faits. «Ainsi, s’il est naturel qu’un représentant du peuple se préoccupe des problèmes auxquels ses mandants ou la communauté nationale se trouvent confrontés, il est incompréhensible que sa mission soit réduite, d’une part, à jeter l’anathème, à tort, sur les institutions de l’Etat et à parasiter, d’autre part, l’action qu’elles mènent pour défendre et préserver les droits des membres de la communauté nationale à l’étranger», ajoute Benali Cherif dans un long communiqué qui s’apparente à un rappel à l’ordre adressé au député en question.
Farid G.