Accusé de financer le terrorisme en Syrie : Dépôt de plainte à Paris contre Lafarge

L’association Sherpa pour la protection et la défense des populations victimes de crimes économiques a déposé plainte à Paris contre l’entreprise française Lafarge pour «financement du terrorisme» en Syrie, suite aux révélations en juin dernier du journal Le Monde, a-t-on appris mardi auprès de cette ONG.

La société française, Lafarge, numéro un mondial du ciment depuis sa fusion avec le suisse HolCim, a «indirectement» financé en Syrie l’organisation terroriste autoproclamée «état islamique» (Daech/EI), pendant un peu plus d’un an, avait indiqué le quotidien. « Lafarge, numéro un mondial du ciment depuis sa fusion avec le suisse HolCim et fleuron du CAC 40, a indirectement et peut-être à son insu financé les djihadistes de l’EI pendant un peu plus d’un an, entre le printemps 2013 et la fin de l’été 2014», avait-il précisé, en se basant sur des sources qu’il n’a pas nommées. Il avait précisé que, pour continuer de fonctionner pendant la guerre, la cimenterie du groupe français à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, «s’est approvisionnée et a payé des taxes à l’organisation état islamique en 2013 et 2014». Sur son site Internet, Sherpa a indiqué qu’après un long travail d’enquête, «une plainte vient d’être déposée par l’association Sherpa pour tirer les conséquences des liaisons dangereuses entre l’industriel Lafarge et Daech», lançant à cet effet une pétition en ligne pour que «la lumière soit faite». «Les accusations envers le cimentier Lafarge sont graves.
Auraient-ils voulu rentabiliser coûte que coûte leur toute nouvelle usine en Syrie, un investissement de 600 millions d’euros, malgré le conflit armé
ravageur ? Alors même que l’ensemble des industriels étrangers cessaient leurs activités ?», s’est-elle demandée, réclamant la cessation de «ces pratiques». Selon l’avocat de Sherpa, la plainte avec constitution de partie civile a été déposée mardi auprès du doyen des juges d’instruction, au nom de Sherpa, du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’Homme (ECCHR) et de onze anciens employés du groupe en Syrie, pour obtenir l’ouverture d’une information judiciaire. La plainte vise des faits de «financement du terrorisme», «complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité», «mise en danger», «exploitation abusive du travail et négligence».
En 2014, le chiffre d’affaires de Lafarge, un groupe de matériaux de construction, leader mondial dans son secteur, avait dépassé les 12 milliards d’euros, dont 66,5 % dans le ciment et 33,1 % dans le béton et les granulats. Le groupe est présent dans 61 pays et emploie environ 63.000 personnes sur 1.612 sites de production.