«Accident» sur un site nucléaire en Iran

«Accident» sur un site nucléaire en Iran : Téhéran met en garde Israël et Washington

Téhéran a fait état, jeudi, d’un «accident» au sein du complexe nucléaire de Natanz, dans le centre l’Iran, et mis en garde les États-Unis et Israël contre toute action hostile à son endroit. La nouvelle de l’accident a d’abord été annoncée dans la matinée par un communiqué relativement confus de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA). Le porte-parole de cette institution, Behrouz Kamalvandi, a ensuite fait une mise au point à l’antenne de la télévision d’État, mais aucune explication sur les causes de l’accident n’avait encore été fournie officiellement en début de soirée.
«C’était un entrepôt sans matériel nucléaire (à l’intérieur, et donc sans potentiel de pollution», a déclaré M. Kamalvandi, à propos du lieu de l’accident. «Nous n’avons pas de victime», des «équipes d’experts sont actuellement sur place et enquêtent sur les causes de l’accident», a-t-il ajouté, sans préciser la nature du sinistre –un incendie, selon l’agence Tasnim, qui cite le gouverneur de Natanz, Ramézan-Ali Ferdowsi. L’OIEA a ensuite publié la photo d’un bâtiment endommagé, apparemment par le feu, avant que la télévision d’État diffuse une courte vidéo de M. Kamalvandi à l’extérieur du bâtiment en briques.
Les images montrent des dégâts limités et plusieurs ventilateurs en train de tourner. Entre-temps, et alors que les réseaux sociaux bruissent de rumeurs sur ce qui a pu se passer, l’agence officielle iranienne Irna a publié une dépêche en forme d’éditorial, notant que «certains comptes du régime sioniste» avaient «immédiatement attribué l’accident à un sabotage israélien».

«Lignes rouges»
Sans ce prononcer sur la véracité de telles informations, l’agence a jugé bon d’ajouter que la «stratégie» de la République islamique consistant à «empêcher toute escalade» devrait «être fondamentalement revue» s’il s’avère «que des pays hostiles, en particulier le régime sioniste (Israël, NDLR) et les États-Unis, franchissent les lignes rouges fixées par l’Iran», parmi lesquelles figurent «la sécurité» et «les intérêts» du pays. Washington et Israël accusent l’Iran de développer un programme nucléaire militaire secret, ce que la République islamique dément. L’Iran et les États-Unis sont apparus par deux fois au bord de l’affrontement militaire direct depuis juin 2019. Dans un article consacré à l’accident, BBC Persian (le service en persan de l’audiovisuel public britannique), média considéré comme «hostile» par les autorités de Téhéran, assure avoir reçu «plusieurs heures avant» les premières nouvelles de l’accident un communiqué d’un groupe inconnu revendiquant une «attaque contre le centre nucléaire de Natanz».