Abdelhamid Boudaoud : « Peu importe la formule : respectez le délai et donnez moi mon logement »

Le Courrier d’Algérie : Le Fnpos refait surface et certaines personnes qui ont postulé il y a presque dix ans de cela à cette formule ont reçu ces derniers jours des convocations pour avoir leur ordre de versement. Sachant que cette formule a connu beaucoup de problèmes depuis son lancement, que pensez-vous de cette situation ?

Abdelhamid Boudaoud : je dirai seulement, peu importe la formule du logement. Respectez le délai et donne moi mon logement. C’est l’idée qui traverse l’esprit de tout algérien qui est dans le besoin. Cette formule faut-il le rappeler a été lancée en 2005. À l’époque, la crise du logement battait son plein et les gens n’avaient pas beaucoup le choix. Le logement social était rarement disponible. Donc des dizaines de milliers de personnes ont postulé mais pour une poignée de logements. Le quota prévu était très dérisoire. Le problème à mon avis ne se situe pas au niveau du choix des formules. Les formules ont soulé la population. Les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer. Ils ne savent plus aussi quelle formule adopter sachant que malgré la multiplication des formules, la crise du logement persiste. Je dirais seulement et je ne cesserai jamais de le dire, il est préférable d’avoir une stratégie en matière de construction et de distribution de logements. La situation actuellement est due à l’absence d’une stratégie, voire d’une politique d’urbanisation claire et moderne.

L’une des raisons qui ont perturbé les projets du Fnpos réside dans le choix des entreprises réalisatrices. Les entreprises du bâtiment ne se bousculent pas apparemment pour cette formule. Pourquoi à votre avis ?
Tout d’abord, il faut savoir que la construction exige des étapes qu’il faut respecter, à commencer par le choix du foncier, l’étude et la réalisation. Or, nous constatons que lors de ces trois étapes, les normes ne sont pas tout le temps respectées. Résultats, les bénéficiaires de nouveaux logements sont choqués par des logements inachevés, des fois sans eau courante ni voierie et même sans éclairage public. La première expérience Aadl est un exemple à ne pas suivre. Ensuite, pour les entreprises, le problème se pose avec acuité puisque c’est le ministre de l’Habitat lui mêrme qui remet en cause les capacités des entreprises nationales sachant également que celle-ci ne se bousculent pas pour les autres projets même ceux de l’Aadl. Alors que paradoxalement, les entreprises se plaignent d’être exclues des programmes du logement. il n’ya pas de main-d’œuvre, pourquoi ne pas conjuguer les efforts avec le ministère de la Formation professionnelle pour avoir cette main-d’œuvre.
Je me pose aussi d’autres questions, pourquoi avoir dissous les Eplf qui avaient 13 milliards de dinars comme dette, alors que les Opgi qui enregistrent plus de 274 milliards de dinars de dettes existent toujours. Aussi, si on se réfère aux statistiques de l’ancien ministre de l’Habitat Nordine Moussa lorsqu’il a déclaré qu’il existe 24 000 entreprises du bâtiment, puis après lui, Hmimid avance le chiffre de 36 000 en 2010, et vient après Tebboune qui parle de 6000 entreprises. Si on fait les calculs, et si chaque entreprise de ces 6000 réalise 100 logements par an, on aura 60 000 logements réalisés par an. Donc tout cela doit être bien analysé afin de connaître les vraies failles pour ce qui est de la réalisation des projets de logements.

Que proposez-vous donc ?
On ne cesse de faire des propositions, mais les a-t-on un jour prises en considération. Je peux dire seulement qu’il faut conjuguer les efforts entre tous les ministères, secouer les APC, organiser des portes ouvertes pour expliquer aux citoyens les formules, et le mettre au courant de tous les problèmes du secteur.
Entretien réalisé par Ines B.

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